La Nouvelle Tribune

Didier Aplogan lors de sa conférence de presse : «Nous ne laisserons jamais un camp écraser l’autre»

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Le comité exécutif de la Fédération Béninoise de Football (Fbf) d’Anjorin Moucharafou est officiellement reconnu par l’Etat béninois. Cela a été annoncé par le ministre de la jeunesse des sports et des loisirs, Didier Aplogan, vendredi dernier, au cours d’une conférence de presse dans les locaux de son département ministériel. Cette décision, loin de régler la crise, vient de la relancer de nouveau.

Pour justifier la décision du conseil des ministres du 5 octobre dernier et la reconnaissance du bureau d’Anjorin Moucharafou à travers une correspondance en date du 13 octobre 2011, le ministre de la jeunesse des sports et des loisirs, Didier Aplogan a animé vendredi dernier, à la salle de conférence dudit ministère, une conférence de presse. « Nous n’avons pas choisi un camp. Nous avons entériné une décision de justice et aussi c’est pour protéger les intérêts des Béninois et des supporters». a déclaré le ministre Aplogan pour donner valeur à sa prise de position dans ce dossier. Pour lui, le gouvernement a pris une décision administrative pour protéger les intérêts des Béninois et des supporters, pour éviter les sanctions des instances internationales de football et aussi pour ne pas avoir des difficultés énormes en matière de coopération. C’est ce qui transparaît dans son courrier du 13 octobre dernier lorsqu’il a affirmé qu’ « en exécution des décisions administratives prises par le conseil des ministres en sa séance du 5 octobre 2011 et contenues dans le relevé cité en référence (REL N°36/SGG/REL du 5 octobre 2011), j’ai l’honneur de vous notifier que mon département entérine les conclusions de l’ Assemblée générale extraordinaire de la Fédération Béninoise de Football tenue le vendredi 15 avril 2011 à son siège à Porto-Novo. En conséquence, le comité Exécutif coopté et légitimé au cours de cette Assemblée générale extraordinaire et que vous présidez, est dorénavant reconnu comme seul organe exécutif de la Fédération Béninoise de Football dans notre pays ». Cette prise de décision selon l’immense majorité des férus du cuir rond ne les étonne pas. Il veut sauver un de ses collègues de président de Fédération en difficulté. Pour eux, c’est maintenant que la crise au sein du football béninois est relancée .Tout ce que le ministre des sports dit, n’est que de l’eau versée sur le dos du canard. «Nous ne laisserons jamais un camp écraser l’autre» pour rassurer les septiques qui ne croient pas une éventuelle réconciliation et aussi du respect de la parole donnée. Comme d’habitude, le ministre des sports a tenu à protéger le président de la république Boni Yayi pour dire que ce dernier n’était pas présent au conseil des ministres lorsque la communication a été présentée aux autres collègues. Selon le patron du sport béninois, «un mauvais arrangement vaut mieux qu’un beau procès».

Les raisons de la non-remise des documents à l’ex-ministre Kérékou

Le ministre Didier Aplogan a, enfin, eu de son collègue président en prison ,les raisons pour lesquelles , il a refusé de remettre les documents du procès verbal issu de l’Assemblée générale extraordinaire du 15 avril 2011 à l’ ex-ministre des sports Modeste Kérékou. Selon l’autorité de tutelle , Anjorin Moucharafou a déclaré entre autres que ce n’ est pas lui qui se plaint et que le jury du contentieux est la Fifa .Ce que les Béninois veulent aujourd’hui , c’est que le ministre Aplogan rende public le procès verbal des assises du 15 avril dernier si tant est que ce procès verbal ne contient pas des irrégularités. Des responsables de club de première et deuxième divisions continuent de dénoncer le fait que des personnes fictives ont été utilisées pour voter à la place des réels acteurs. En plus, il y a des plaintes contre ceux qui ont exercé cette sale besogne. Le ministre des sports ne peut pas ignorer cet état de chose. Alors, avec tout cet imbroglio, comment peut-on dire à un camp, à qui on a donné gracieusement la victoire, de tendre la main aux légalistes. En martelant dans son courrier du 13 Octobre 2011 que «toutefois, je voudrais vous inviter à faire preuve de grande ouverture et à travailler, sans relâche avec les différents acteurs en vue d’un retour rapide de la cohésion au sein de la famille du football béninois », ce n’est qu’un vœu pieux. En invitant le camp victorieux à lui faire une proposition pour la reprise des championnats nationaux, le ministre Didier Aplogan sait très bien là où il est en train d’aller. Les Béninois ne sont pas aussi dupes pour avaler facilement cette couleuvre.