La Nouvelle Tribune

Après la sentence du Tas : rien n’a changé, au contraire…

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Une atmosphère de plomb plane toujours dans le ciel, déjà obscur, du football malgré le verdict du Tribunal arbitral du Sport (Tas). Censée mettre un terme à la longue traversée du désert du sport-roi au Bénin, la décision n’a fait que ouvrir les vannes aux interprétations diverses. Et le peuple béninois semble perdu dans un imbroglio que tente, vaille que vaille, de dissiper le patron du sport béninois.

L’eau savonneuse qui devrait apurer la trame noire du football béninois a été apportée, le mercredi 14 septembre dernier, avec un débris de saleté qui a laissé libre cours à tous les doutes. La décision du Tas est tombée avec un clair sombre que tente d’exploiter les uns et les autres. Chacun des camps en conflit tire le drap de son côté avec pour point culminant, l’arrivée de l’avocat sénégalais qui a défendu le camp Attolou devant le Tas. Ce dernier a même tenu une conférence de presse, le dimanche 18 septembre 2011, pour dire que son client a plus que gagné au vue de ses attentes. Valère Glèlè, président de Tonnerre Fc et de l’aille Anjorin, de son côté, sur une radio privée de la place, a soutenu mordicus le contraire en montrant qu’à travers les lignes et les écritures, le Tas a donné raison à la Fédération International de Football Association (Fifa) et, par ricochet, à son patron mis aux frais pour une présumée affaire de détournement des fonds de sponsoring des Ecureuils par un opérateur de téléphonie mobile. Certains amoureux du cuir rond se donnent aussi à cœur joie à des interprétations, selon qu’ils sont partisans de l’un ou de l’autre des protagonistes de cette nébuleuse qui, soulignons-le, affecte le football béninois. Ce sport avait commencé à faire ses débuts dans le professionnalisme. Pendant que chacun proclamait sa victoire, les joueurs, eux, ont retrouvé leur train-train d’antan fait de chômage, d’absence de compétition avec son corollaire la précarité matérielle et financière. Le peuple, quant à lui, regarde avec passivité le désir poussif, comme à ses habitudes, du ministre de la jeunesse, des sports et des loisirs, Didier Aplogan, de réconcilier les frères ennemis.

Une solution idoine!

Les tergiversations de l’actuel homme fort du sport national, ont entretenu une crise dégradante pour l’image du Bénin vis-à-vis de l’international. Mais, depuis le verdict du Tribunal arbitral du Sport, le ministre en charge du secteur tente une médiation au niveau des différents acteurs du sport roi. «… Concernant la décision du Tribunal arbitral du Sport, ce qui est important, c’est le football. Nous avons besoin également de Anjorin Moucharafou, Victorien Attolou et Sébastien Ajavon. J’invite les médias, la société civile, les confessions religieuses et autres pour que tout le monde puisse en discuter», a-t-il déclaré. Le ministre a même tenu une réunion avec les membres de la ligue professionnelle de football dans la matinée du samedi 17 septembre.

Au regard de la portée de ce profond malaise, il faut nécessairement aplanir les différents sentiers et creuser les éventuels abcès qui restent afin d’éviter de rendre cette crise cyclique. Le ministre des sports peut amener les deux camps à baisser pieds et à reprendre les élections, ceci dans le respect strict des textes de la Fédération béninoise de football (Fbf). La cohabitation des hommes est de tous les temps une chose difficile. Certes, il est impérieux que chacun ait en ligne de mire la chose commune: le football béninois et les jeunes repartis à travers le territoire national, les centres de formations de la place qui ne rêvent que de s’occuper, de fonctionner et de gagner dignement leur vie. L’honneur et la crédibilité de notre pays au plan international en dépendent. On devrait éviter à tout prix de commettre les erreurs passées. Les Béninois voudraient pouvoir reprendre le chemin des stades avec non seulement des garanties fortes et convaincantes mais aussi des perspectives de résultats prometteurs.

Extrait de la décision du TAS rendue publique le 13 septembre dernier

C. Recevabilité de l’appel

48. La nature de la mesure contestée conditionne la recevabilité de l’appel.

49. En effet, un recours ne peut être dirigé qu’à l’encontre d’une mesure ou d’un acte qui a un caractère décisionnel. Au regard notamment du droit suisse des associations, il s’agit d’un acte qui traduit la manifestation unilatérale de la volonté d’une personne autorisée à agir aux fins d’appliquer les statuts à l’encontre d’une personne déterminée.

L’acte décisionnel a alors pour effet de modifier la situation juridique de la ou des personnes auxquelles il s’applique, ce qui justifie précisément la possibilité de pouvoir faire un recours pour le contester.

50. En revanche, la mesure ou l’acte qui ne traduit pas la manifestation de la volonté unilatérale de son auteur de modifier une situation juridique n’a pas un caractère décisionnel et ne peut, dès lors, être susceptible de recours, Il peut s’agir d’un acte qui a un caractère informatif ou déclaratif ou encore un caractère préparatoire, préalable à une prise de décision.

51. Les parties s’opposent vigoureusement sur la nature de l’acte contesté, c’est-à-dire la mesure contenue dans la lettre adressée le 15 février 2011 par la FIFA à M. Victorien Attolou et dont la retranscription partielle s’impose à nouveau ici, pour la compréhension de l’analyse : « (...) Malgré plusieurs avertissements oraux et écrits, Mr Hounnouvi et les membres démissionnaires, dont vous êtes, ont organisé la pseudo assemblée générale à laquelle vous faites allusion dans votre courrier. Cette attitude équivaut à une rupture de confiance et comme annoncé à maintes reprises, la FIFA et la CAF ne reconnaissent pas le résultat de ce processus.

Les membres de la mission FIFA/CAF qui se sont rendus au Bénin les 27 er 28janvier 2011 ont rédigé un rapport qui sera soumis à l’organe compétent pour ce genre de cas, à savoir le Comité des Associations de la FIFA qui siégera le 1er mars 2011. En attendant, le président Moucharafou Anjorin reste le seul interlocuteur légitime que nous reconnaissons et avec lequel nous communiquerons. Nous ne répondrons donc plus à vos courriers, qui plus est, sont rédigés de façon usurpée sur des lettres à en-tête de la FBF ».

52. Pour la FIFA, cette correspondance ne constitue pas un acte décisionnel, justifiant ainsi l’irrecevabilité de l’appel ; pour l’appelante, au contraire, cette correspondance constitue un acte décisionnel de non reconnaissance des nouvelles institutions de la FBF.

53. La Formation Arbitrale considère que cette correspondance ne peut être regardée comme un acte décisionnel.