La Nouvelle Tribune

Damien Chrysostome amer contre les dirigeants du football béninois

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Depuis son départ de l’équipe nationale en juin 2011, l’ex-capitaine des Ecureuils du Bénin, aujourd’hui agent de joueurs, est sorti de son mutisme lors du match Bénin # Guinée Equatoriale comptant pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations ( Can) Gabon 2017.

Dans un langage direct, il a donné sa part de vérité concernant la crise qui secoue le football béninois. Il a indexé les dirigeants du sport roi qui sont celui lui à la base de cette crise. Aussi, il n’a pas manqué de revenir sur d’autres aspects qui font l’actualité au niveau de la famille du cuir rond béninois.

Changement de mentalité

« Nous aimons tous le football et nous savons tous où se trouve la vérité pour que notre pays avance. Il faut qu’on change nos mentalités vraiment pour évoluer Ce n'est pas cette seule génération qu'il faut regarder. Moi je regarde des générations d'avant que j'ai vu meilleures qui ne sont jamais arrivées. Mais aujourd’hui, si ça se passe bien, c'est tout le peuple béninois qui est content. Ce n'est pas un homme. C’est le drapeau qu’on met en avant. Il faut toujours le regarder et rester unis pour pousser le onze national afin qu’on gagne le reste des matches. »

Ce qu'est devenu Damien Chrysostome

« Entre temps, je suis devenu agent de footballeur. J’essaie de chercher mon pain quotidien après la sélection que j'ai quittée amèrement. Mais, je constate que depuis que je suis parti, rien n’a changé. Donc c'est un peu triste. Mais ce que je suis devenu tout le monde le savait. Je suis un agent de footballeur. Ils (les gens) n’ont qu'à aller sur les sites internet pour le savoir. »

Chrysostome amer envers les dirigeants

« Moi je suis un anti-système. Tu sais, moi, j’ai toujours lutté pour la bonne marche des choses. Mais maintenant, je n'ai rien contre le système qui est là ni Omar. C'est quelqu'un avec qui j'ai joué en club avant de jouer avec eux en sélection . Je n’ai rien contre lui. Mais si je reviens et je constate que ça n'a pas avancé, c'est que ce sont des « Kodas » c'est-à-dire de « petits messieurs » parce que quand tu es quelque part, il faut faire avancer les choses .Avancer les choses c'est quoi ? Aujourd’hui, je viens en équipe nationale, je constate qu’on n’a même pas de sponsors. Le Bénin est quand même une grande nation de football. Il faut qu’on reprenne. Ce que j'aimerais savoir, avec tout ce qu’on a au Bénin, il faut mettre les gens à la place qu’il faut. Qu'on ne se plaigne plus. Notre problème au fait, c'est nous-mêmes parce qu’on ne veut pas que ça change.»

L'ex-capitaine des Ecureuils révolté, confiant et déçu.

« On a un bon effectif. L’effectif, ce n'est pas le problème du sujet, Aujourd'hui, ça a été toujours les dirigeants. Donc, l’effectif, il n’y a rien à dire dessus. Chaque génération a sa chose mais nous on a eu notre génération. On a fait ce qu'on pouvait. Ils ont (les joueurs d’aujourd’hui) leur génération. Je leur souhaite la chance qu’ils aillent le plus loin possible. Mais maintenant si l'organisation ne change pas, on ne serait pas au même diapason. Nous, on a fait trois (03) Can. Aujourd’hui, il ne suffit pas de parler de génération, Notre génération a fait ce qu’elle pouvait. On en est fier Mais maintenant, la génération actuelle peut bien évoluer, ce n'est pas des paroles jetées en l’air. Aussi, ce n'est pas qu’on est contre quelqu'un mais c'est à l'acte qu’on connaît l'artisan, S'ils (les joueurs) se qualifient aujourd'hui, moi j'ai trois (03) Can derrière moi. J'aimerais que les jeunes qui sont là fassent dix (10) Can et amènent le Bénin à la Coupe du monde. C'est le souhait de tout un peuple. Ce n'est pas un avis personnel. En sport, il faut viser le plus haut possible donc c'est ce que je constate. Après six (06) ans que j'ai quitté ici en 2011, le 06 juin après les 6 -1 du Bénin contre les Eléphants de la Côte d’Ivoire, je remarque que rien n'a changé. Si on revient au pays, c'est toujours les mêmes personnes et après on se plaint, A un moment donné, il faut dire « basta ! ».Il faut dire « merde ! » et puis changer pour aller à autre chose. Mais c'est dommage !»  

Le système, toujours en place

« Mais ce qui se passe, c'est que les gens n'aiment pas la vérité. Mais comme moi, je ne suis pas du système, on m’a écarté. Ce n'est pas grave. Je suis Béninois. Je suis à la source maintenant. Je suis revenu au pays. Mais quand je reviens et je constate que ce sont les mêmes choses que je dénonçais depuis près de treize (13) ans et que c'est les mêmes, cela me désole puisque rien n'a pas évolué, Après les footballeurs qui ont changé et évolué et qui reviennent fort au Bénin, ils voient que le système est toujours en place. Le football béninois n’avance pas. C’est ce que je constate. »