La Nouvelle Tribune

Tournoi de l’Uemoa : victoire du Burkina-Faso contre le Bénin

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Pour sa deuxième finale en six éditions du Tournoi de l’Uemoa, le Bénin, malgré un grand Saturnin Allagbé, n’a pu empêcher, samedi dernier au Stade Robert-Champroux de Makori,  le sacre du Burkina-Faso, au bout 22 tirs aux buts.

Peut-on reprocher quelque chose à ces Ecureuils locaux qui ont perdu la 2è finale du Bénin à ce Tournoi de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (Uemoa)? En tout cas pas grand-chose. C’aurait été héroïque de leur part, s’ils avaient eu le sacre. Mais, même avec l’incertitude qui fait la beauté du football, trop souvent on se retrouve replongé dans la réalité. Et celle de cette équipe du Bénin est bien piètre. Elle est constituée de vingt joueurs qui sont sans compétition depuis plus de trois mois. Une équipe qui a eu moins de vingt jours de préparation, qui a profité du forfait du Mena du Niger pour accéder à cette finale.

C’est donc aidés par la défection du Niger, et après deux matches laborieux et éprouvants en moins d’une semaine, que les Ecureuils se sont retrouvés en finale, pour une deuxième fois, après celle perdue face au Mena en 2010 à Niamey. Et face à eux, s’est dressée une équipe du Burkina-Faso sortie du groupe A partagé avec le pays organisateur du tournoi, la Côte-d’Ivoire. Une équipe qui prépare le Championnat d’Afrique des Nations (Chan) qui se jouera en Afrique du Sud...  Alors, face à ces Etalons, le duo d’entraîneur béninois, Eustache d’Almeida et Moussa Latoundji, est resté fidèle à son 4-4-2, avec une ligne d’attaque formée par Adjaï Fêmi et Bakari Idrissou.

15 minutes pleines de promesses

Ce système, avec quatre milieux formés par Nahim, Bonou, Gozo et Luis Iréké, a fonctionné pendant les quinze premières minutes de la rencontre. Les Ecureuils ont joué sur leur force, en procédant à un jeu de passes courtes. Une bonne animation offensive, une bonne circulation, et on a pu admirer la faiblesse de l’équipe des Etalons. Une équipe qui est apparue désorientée et perdue dans les premières minutes. Mais, cette domination du Bénin n’a jamais apporté réellement le danger dans la surface de Mohamed Kaboré. Et les joueurs Béninois se sont vite fait piéger pas le jeu de l’adversaire. Après le quart d’heure, ils ont commencé par balancer les balles comme l’adversaire. Ce qui les amène à un défi physique avec l’adversaire. La sanction est immédiate: Brice Gozo, sur un contact, est contraint de céder sa place à Cédric Coréa. Et, le rêve d’un premier sacre pour le Bénin, pour une deuxième finale, s’est effrité au fil du temps. Les Etalons remportent le combat physique, le Bénin baisse le pied et ses remontées de balles sont de plus en plus lentes. Fousséni Lazadi a été pris à défaut par deux fois, et n’a pas été beaucoup aidé par Djibril Nahim. Le Bénin a failli concéder l’ouverture du score, suite à un mauvais dégagement de Rock Durand. Mais, ce samedi soir, le Bénin avait dans ses buts un grand Saturnin Allagbé. Il a sauvé le Bénin, à plusieurs reprises, dont la première est intervenue à la quarante-deuxième minute de jeu (0-0, 42’).

Neuf tirs réussis contre huit

La deuxième période a été burkinabè. Les Etalons ont assiégé le camp des Béninois, et il faut encore Alagbé pour nourrir l’espoir du sacre, notamment à la 85ème et 89ème minutes. Les excentrés du Bénin ont manqué souvent de jouer à une touche de balle, et toute l'équipe a semblé se résigner à aller aux tirs aux buts. Et sur l'ultime occasion, le Bénin a manqué de faire le hold-up parfait, à la 93ème minute.

Avec un score nul et vierge, il fallait recourir aux épreuves de tirs aux buts (le règlement de la compétition dit qu’il n’y a pas de prolongations), pour sacrer une des deux équipes. A ce niveau, le Bénin a eu sa chance quand, dans la première série, Allagbé stoppa le tir de Yakouba. Mais, il l’a laissé filer lorsque le capitaine Fousseïni Lazadi a raté le cinquième tir du Bénin et ramené le Burkina dans la course. Là encore la chance n’avait pas encore définitivement tourné le dos aux Béninois. Dans la suite, Allagbé arrête le huitième tir burkinabé, mais Rock Durand manqua le sien. Il était donc dit que le Burkina-Faso allait être sacré, et c’est l’héroïque Saturnin Allagbè que le sort a choisi pour le lui attribuer. Le gardien béninois, 11è joueur du Bénin à tirer, manque son tir, et les Etalons jubilent. Ils s’octroient leur premier sacre de l’Uemoa, et le Bénin laisse filer, pour une seconde fois, un sacre et une rondelette somme de 5 millions de F CFA.