La Nouvelle Tribune

Can Afrique du Sud 2013/ Groupe C : Bal à trois entre la Zambie, le Nigeria et le Burkina Faso

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Encore deux jours et le continent tout entier aura les yeux rivés sur l’Afrique du Sud qui accueille la 29ème  édition de la Can (19 janvier – 10 février 2013). Après la présentation du groupe A et B dans les deux précédents numéros de votre quotidien, levons  un coin de voile sur le groupe C.

L’un des deux groupes les plus relevés de cette 29ème  édition de la Coupe d’Afrique des nations, le groupe C, est composé de deux pays de l’Afrique de l’Ouest (Nigeria, Burkina-Faso), un pays de l’Afrique australe (Zambie) et un pays de l’Afrique de l’Est (Ethiopie). Dans ce groupe qui évoluera à Mbombela Stadium de Nelspruit en Afrique du Sud, la Zambie, championne en titre, est la favorite. La bataille pour le 2ème  strapontin se fera entre le Nigéria et le Burkina-Faso. L’Ethiopie qui retrouve la Can après trente et un (31) ans se contentera de se faire plaisir quitte à créer la surprise.

La Zambie, un sacre à confirmer

On peut le dire d’emblée: la mission des Chipolopolos ‘’Boulets de Cuivre’’ est de conserver leur titre. Vainqueur de la Can 2012 à la surprise générale, la Zambie a déjoué tous les pronostics pour se hisser sur le toit de l’Afrique. Sur le terrain, les Chipolopolos se sont transcendés sous la houlette de leur sélectionneur, Hervé Renard. Et pour cette 16ème participation de la Zambie à une phase finale de la Can, l’entraîneur est conscient que lui et ses hommes vont être attendus en Afrique du Sud pour la défense de leur titre obtenu devant la Côte d’Ivoire, aux tirs au but (0-0 a.p., 8-7 t.a.b.) au Gabon. Une mission qui ne s’annonce pas aisée, mais qui est loin d’être impossible après l’exploit de l’équipe au Gabon et en Guinée Equatoriale. Après deux finales perdues en 1974 et 1994 et la finale gagnée de la Can précédente, la Zambie ne veut pas déchanter. Le groupe est resté stable autour du capitaine Christopher Katongo, et renforcé notamment par l’attaquant Jacob Mulenga (Utrecht/NED). 34ème au classement Fifa/ Coca-Cola de décembre dernier, les ‘’Boulets de Cuivre’’ vont s’appuyer sur un sélectionneur charismatique et respecté, une vraie force collective, la dynamique du titre obtenu en 2012, et une équipe très forte tactiquement. Même si on peut craindre la fatigue après une saison chargée et le fait que Renard a un choix en joueurs limité quantitativement, le champion en titre présente la sélection la plus équilibrée de cette Can. Les Chipolopolos ne peuvent s’arrêter en si bon chemin.

Les ex-champions veulent rebondir

Après une année au purgatoire (éliminé par le Syli national de la Guinée lors de la dernière journée des éliminatoires de la Can 2012), les Nigérians sont de retour grâce à l’entraîneur Stephen Keshi qui a redonné une autre âme à l’équipe. En Afrique du Sud, l’objectif du Nigéria (17ème participation à une phase finale de la Can) sera de remporter un troisième trophée continental après ceux de 1980 et 1994. Sous la direction de Stephen Keshi, un des hommes forts de l’âge d’Or des Super Eagles (1994), le Nigeria revient dans la compétition après avoir échoué à se qualifier pour la CAN précédente. Mieux vaut dire que le pays le plus peuplé d’Afrique est attendu au tournant. Habitués du podium (13 fois parmi les trois premiers en 16 participations) et 52ème nation selon le dernier classement Fifa, les Super Eagles se présentent avec une équipe rajeunie, symbolisée par l’éviction des Peter Odemwingie, John Utaka, Martins Obafèmi et Taye Taiwo. L’ossature se compose du défenseur central et capitaine, Joseph Yobo, du milieu de terrain Obi Mikel et de l’attaquant Uche. Ils ont avec eux les bons résultats obtenus en 2012, un important vivier de joueurs,  l’expérience de Keshi et un potentiel offensif de qualité, à l’image d’Emenike (Spartak Moscou), Ideye (Dynamo Kiev) et Ahmed Musa (CSKA Moscou). Et contre eux, ils ont un onze de départ qui a du mal à se dégager, un mélange entre locaux et expatriés à améliorer et la pression populaire.

Etalons, vaincre la malédiction du 1er tour

Après huit participations à une phase finale, le meilleur classement à une phase finale de la Can reste la quatrième place de 1998. C’est comme si une malédiction les poursuivait.  Et depuis, leur course s’arrête au premier tour même en 2012 où beaucoup ont nourri, avant la Can, l’espoir de les voir au second tour. Au classement final de cette 28ème  Coupe d’Afrique des nations, le Burkina Faso a occupé la 14ème  place sur seize (16) équipes. Comme toujours depuis l’épopée de 98, l’objectif est d’accéder au deuxième tour. Pour leur 9ème participation à la Can, les Etalons et leur sélectionneur Paul Put (Allemagne) comptent bien vaincre le signe indien. Pour cela, le Burkina-Faso va s’appuyer sur des individualités telles que Charles Kaboré (Marseille), Jonathan Pitroipa (Rennes), Bakary Koné (Lyon) et Alain Traoré (touché en championnat de France où il évolue avec le Fc Lorient). En se basant sur leur régularité en phase finale et sur un fort potentiel offensif, les Etalons peuvent s’extirper du groupe C. Mais, avec un secteur défensif moyen, les Etalons doivent montrer plus de rigueur. En fait, le manque de rigueur fait souvent de la formation burkinabè un adversaire qu’on peut surprendre à tout moment.  Dans un groupe où les deux places qualificatives sont promises à la Zambie et au Nigeria, les relations tendues entre le sélectionneur et une partie de son staff technique peuvent porter un coup à la sérénité du groupe. 89ème au classement Fifa de décembre dernier, il est peut-être tant de sonner le tocin pour s’ouvrir les portes d’un second tour qui semble fuir le pays des hommes intègres depuis ‘’une éternité’’.

Ethiopie, 31 ans après…

Vainqueur de la Can 1962, Les Antilopes Walya de l’Ethiopie se sont éclipsés de la scène continentale depuis 1982. Leur résurrection a eu lieu lors du match retour contre les Faucons du désert du Soudan. Battue 3-5 à l’aller à Omdurman, l’Ethiopie a renversé la vapeur à Addis-Abeba (2-0) pour valider son billet pour la Can 2013 (une 10ème participation à une phase finale de la Can). En Afrique du Sud, elle sera là avec une nouvelle génération de joueurs désireuse de ne pas se laisser intimider. La qualité des adversaires éliminés en qualification (Bénin, Soudan) est une source de motivation pour des joueurs habitués à évoluer ensemble en sélection et dans les meilleurs clubs du pays (Saint George FC, Ethiopian Coffee SC, Dedebit FC). L’entraîneur Sewnet Bishaw (Ethiopie) devra faire avec une inexpérience totale de l’équipe à ce niveau, avec le fait qu’aucun international ne joue en Europe et sur le fait que l’équipe est toujours friable lorsqu’elle est loin des hauteurs d’Addis-Abeba. Autant dire que dans ce groupe, les Black Lions, 110ème au classement Fifa de décembre dernier, sont en Afrique du Sud pour essayer d’exister sur le continent. La mission pour eux est d’apprendre sans se faire ridiculiser.