La Nouvelle Tribune

Elimination des Ecureuils cadets : Pourtant ils étaient promis à une qualif!

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Après la retentissante élimination de l’équipe cadette béninoise à la Can des cadets qui se joue en avril 2013 au Maroc, on peut se demander comment cela a pu arriver. Mieux, quel avenir pour cette équipe?

« On n’a pas eu la qualification tant voulu», a déclaré Arias Kokou Alkadi, capitaine des Ecureuils cadets, dimanche dernier après l’élimination du Bénin pour la Can cadets 2013. Et c’est tout, pour résumer tout ce qui s’est passé depuis une semaine. Les supporteurs, les joueurs, l’encadrement technique et les responsables du sport en général et du football en particulier, ont accusé le coup. Peut-être en l’espace d’une soirée où tout présageait de la victoire de l’équipe béninoise sauf la présence du Président de la République. Mais, Boni Yayi n’est pas la poisse de l’équipe et l’échec des Ecureuils est ailleurs. Le groupe dirigé par Lafiou Yessoufou depuis la qualification du Bénin pour cet ultime tour de ces éliminatoires, mérite une attention. La sélection  béninoise qui a battu les Lionceaux du Cameroun au stade Charles de Gaulle à Porto-Novo (4-1) et qui est allée à Yaoundé arracher le nul (1-1) n’est plus la même. Après le retour au bercail des jeunes joueurs qui ont effectué un séjour de neuf mois au Brésil (au centre de formation de Botafogo), l’équipe du Bénin s’est vu renforcer par quatre d’entre eux pour amener la liste à neuf. Dès lors, on a senti que la cohésion n’y était plus. Au stade dimanche dernier, on a vu que les lignes étaient trop étirées et que la défense béninoise a été mise à rude épreuve à chaque fois que les Gabonais remontaient la balle. Le milieu n’a pas existé et les latéraux n’ont pas apporté grand-chose à l’attaque. La solidarité a manqué et les joueurs n’ont pas fait d’efforts les uns pour les autres. Le repli défensif n’a pas été systématique et les relances ont été mauvaises et lentes.

Les leçons

Pour ce match retour, ce sont les Gabonais qui ont montré plus de détermination, d’envie et de combattivité, car même sur les seconds ballons, les Ecureuils n’y étaient pas. Au delà de ces incohérences, il faut qu’on retienne certaines choses qu’il faut éviter. Il faut savoir intégrer des joueurs dans une équipe déjà en place, histoire de veiller à l’équilibre et à la cohésion du groupe. Ne pas laisser l’impression que ceux venus d’ailleurs sont forcement plus performants que ceux qui faisaient le boulot, et tenir compte du temps d’adaptation des nouveaux venus. La gestion de la pression n’est pas l’apanage des gamins de cet âge-là et au vu de ce qu’on a vu, ils n’ont pas été bien aidés. Car, on leur a mis trop de pression qu’ils n’ont pas su gérer. Le fait d’être reçu par le Chef de l’Etat est une mauvaise chose. On a trop politisé cette aventure pour finir par étouffer ces jeunes par la pression. Et d’ailleurs, les juniors n’ont pas eu besoin de cela pour se qualifier à la Can juniors de leur catégorie qui se joue en Mars 2013 en Algérie. Le comble de cette politisation est la présence du Chef de l’Etat dans les gradins du stade Charles de Gaulle dimanche. Il montait les marches de la tribune officielle quand les Gabonais ont ouvert le score. Sa venue a-t-elle déconcentré  la défense béninoise et Arias? Une chose est certaine, la passivité de la défense du Bénin sur le coup franc de la 8ème  minute est déconcertante.

La suite

A la fin de cette aventure, l’éternel question refait surface: quel avenir est réservé à ces jeunes? On prendra le temps de ruminer cet échec et les membres de la Fédération feront leur compte entre eux. On doit panser les plaies et soigner les traumatismes de cette contre-performance qui va sans doute hanter certains. Et après, il faudra revenir à la réalité, au quotidien. C’est à ce niveau qu’on saura ce que font nos responsables. La force de se relever est dans la capacité à trouver des programmes pour insérer ces jeunes. On peut déjà préparer l’équipe juniors à venir. Les juniors et les cadets d’il y a deux ans n’en finissent pas de se demander comment ils ont pu aller jusqu’à l’équipe nationale et redevenir un simple joueur de quartier. Est-ce leur faute?