La Nouvelle Tribune

Après la prise de fonction du nouveau président de la Fbf : le Bénin va-t-il maintenir sa position?

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Malgré la menace de la Fifa de suspendre le Bénin de toutes les affaires du football international, Attolou est investi. Mais, le gouvernement béninois restera-t-il campé sur la décision de sa justice?

Contre vents et marrées, Victorien Attolou a été investi hier, à Porto-Novo,  comme le président de la Fédération béninoise de football conformément à l’arrêt de la Cour d’appel de Cotonou datée du jeudi 12 juillet dernier. Même en l’absence du président sortant, le nouveau comité exécutif a intégré les locaux de la fédération. Alors que la menace pressante de la Fédération internationale de football associations (Fifa) flotte sur le pays, la loi a été respectée. Mais la véritable préoccupation des uns et des autres est de savoir ce qui va se passer maintenant. Le gouvernement va-t-il se rebiffer devant la Fifa ou va-t-il revenir sur l’arrêt de la Cour d’appel? Le statu quo observé actuellement n’est pas de nature à détendre l’atmosphère. Même s’il se susurre que le gouvernement n’abdiquera pas, il n’en demeure pas moins que la présidence de Attolou est menacée. Car, si la Fifa mettait à exécution sa menace de suspension, la solution de rechange du gouvernement n’inclut pas forcement le maintien de Attolou à la tête de la Fbf. Le recours à un comité dirigé par le président du Comité national olympique et sportif du Bénin (Cnosb) Marius Francisco, est envisagé. Ceci, pour que la Fifa lève l’éventuelle sanction. Donc, à défaut d’avoir Anjorin Moucharafou comme président de la Fbf, Attolou aussi sera écarté. L’essentiel pour le public béninois, c’est que le football survive.

L’Etat béninois a le dernier mot

Pour en arriver là, le gouvernement du Bénin doit se décider. Affirmer son autorité en laissant les choses telles qu’elles se passent actuellement nonobstant la menace de la Fifa. Et d’ailleurs, on ne comprend pas que la Fifa se sente aussi forte pour demander à la justice d’un Etat souverain de revenir sur sa décision. Pour les férus du cuir rond, il est temps que l’Etat prenne ses responsabilités au risque de voir l’instance faitière du football international suspendre le pays. Cela, permettra au Bénin non seulement d’économiser ses fonds mais  aussi de prendre le temps de réorganiser son football et redonner une autre orientation à cette discipline.

Si le Bénin adopte cette position, elle ne sera pas sans conséquence. La plus immédiate est la non participation des Ecureuils juniors aux éliminatoires de la prochaine Coupe d’Afrique de la catégorie et dont la première journée est prévue pour le week-end prochain avec la réception de la Côte d’Ivoire. Aussi, le Bénin sera absent à toutes les compétitions de la Caf et de la Fifa. Aucun des pays affiliés à la Fifa n’aura droit de jouer un match contre le Bénin jusqu’à la fin de la suspension. En un mot, si le Bénin doit faire du football, Ce sera comme en vase clos. Plus de contact avec l’extérieur. Même les joueurs béninois n’auront plus le droit de jouer dans aucun club à l’extérieur le pays.

Au cas où l’Etat choisira de revenir sur la décision de la Cour d’appel de Cotonou, Anjorin reprendra les rênes du football au Bénin et tout reprendra comme si de rien n’était avec les mêmes récriminations. Et ceci jusqu’en Août 2013, date à laquelle le mandat de Anjorin doit prendre fin.
En attendant, Victorien Attolou est rentré dans ses droits.