La Nouvelle Tribune

Elimination des Ecureuils : l’avenir du football béninois se trouve à la base

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La reconstruction de l’équipe nationale du Bénin se pose avec acuité.

 Les férus du cuir éprouvent énormément de peine pour savoir quand les autorités en charge de la gestion du football béninois vont prendre le taureau par les cornes pour rajeunir complètement cette équipe nationale.

Quel désastre ! Quelle tristesse ! Le football béninois particulièrement les Ecureuils du Bénin sont gravement malades. Malades en ce sens que la majorité des joueurs qui composent la sélection nationale est vieillissante. Certains parmi ces joueurs évoluent au sein de l’effectif des Ecureuils depuis leur première participation à la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations ( Can) en Tunisie en 2004. C’est le cas par exemple de Anicet Adjamonsi. D’autres par contre ont disputé le Championnat d’Afrique des Nations ( Can) Juniors 2005 à Cotonou et le Mondial Juniors aux Pays –Bas la même année. On peut citer entre autres Razack Omotoyossi, Romuald Bocco, Abou Maïga, Yoann Djidonou. Tous ces joueurs sont d’un âge avancé. Tous ces joueurs ont d’une manière ou d’une autre réussi à qualifier le Bénin à la Can Ghana 2008 et Angola 2010. Toutes les trois participations des Béninois à la plus importante compétition statutaire de la Confédération africaine de football (Caf) n’ont rien apporté au Bénin. Or , les différentes phases de jeu présentées par les Ecureuils du Bénin respectivement face au Mali , au Rwanda et à l’ Ethiopie montrent clairement que l’ équipe béninoise à besoin du sang neuf. L’entrée en jeu dimanche dernier du jeune joueur de Onze Créateurs David Djigla permet de dire que l’avenir du football béninois est à la base. Les centres de formation tels que Tanéka de Natitingou et Dimension foot font du bon travail au niveau de la formation des futures stars béninoises. Peut-être que les vingt deux (22) joueurs en formation actuellement au Brésil sont des valeurs sur qui les dirigeants comptent pour la relève. En ce qui concerne ceux qui se trouvent au pays, que pensent faire les responsables en charge de football béninois pour élaborer une politique de formation et de détection des jeunes à la base ? Aussi ,qu’attend – on pour introduire des réformes dans la gestion des fonds alloués aux Ecureuils du Bénin pour la phase finale de la Can et aux différentes éliminatoires des sélections nationales aux compétitions officielles de la Fédération Internationale de football association ( Fifa) et de la Caf ? La crise qu’a connue, pendant un an, la Fédération béninoise de football (Fbf) n’est-elle pas l’une des causes de la division des acteurs sportifs ? Donc, les gens lorgnent énormément la manne financière que procure le budget de la Can puisqu’en trois participations à la Can, plus de six (06) milliards de Fcfa ont été décaissés par l’Etat sans un résultat.

Réorienter le budget alloué aux Ecureuils

Plus de six (06) milliards de Fcfa ont été investis dans les différentes participations des Ecureuils du Bénin à la Can. Aujourd’hui, le gouvernement béninois doit penser à ne plus mettre l’argent alloué aux Ecureuils à la disposition de certaines personnes. Disons, en trois participations de la sélection nationale à la Can, qu’est-ce que le Bénin a gagné ? Rien. De plus, environ 100 millions Fcfa sont souvent sortis de la caisse de l’Etat pour une rencontre officielle de l’équipe nationale. Alors, l’Etat béninois doit penser désormais investir cet argent dans la formation de jeunes footballeurs. C’est un secteur porteur d’avenir et de renouveau du football béninois. Si on investit dans la formation des jeunes, le Bénin a plus de chance de s’imposer aux grandes nations de football africain telles que la Côte d’Ivoire, le Nigéria, le Mali et le Ghana. L’exemple palpable est celui du centre de formation de l’Asec Mimosas d’Abidjan. Aujourd’hui, les joueurs qui sont sortis de ce centre de formation font la fierté des Ivoiriens en équipe nationale et dans les grands championnats européens. Alors, qu’attend le Bénin pour emboiter le pas à la Côte d’Ivoire ?
Roland Affanou

Le staff technique doit assumer

Après l’affront reçu des Antilopes dimanche dernier qui oblige le Bénin à manquer pour la deuxième fois consécutive la Can, des supporters béninois demandent la démission du staff technique des Ecureuils. Est-ce la solution?

Trois jours après le décevant nul (1-1) des Ecureuils face aux Walya de l’Ethiopie à Kouhounou, la déception et la colère sont les sentiments dominants chez les Béninois. Certains ont même demandé la démission de l’entraîneur. Il est vrai que la liste des vingt (20) joueurs convoqués par Manuel Amoros a été critiquée et les faits ont corroboré ces critiques. On n’est pas par exemple arrivé à remplacer Mouritala Ogoubiyi au sein du Onze de départ. La présence de Réda Johnson aurait pu apporter plus d’option sur le banc de touche. Il est vrai que Amoros ne devrait pas limiter son groupe à 20 joueurs pour le marathon de ce mois de juin. Il est vrai qu’il n’a pas su gérer son effectif sur les trois rencontres du mois. Il est vrai que dimanche dernier,le sélectionneur national a mis du temps pour remplacer Romuald Bocco. Il est vrai que le Bénin ne sera pas en Afrique du Sud en 2013. Il est vrai que son adjoint Nicolas Filibert n’était pas à ses côtés le jour des deux matches à domicile contre le Mali et face à l’Ethiopie et que c’est Oumar Tchomogo qui a joué son rôle. Et il est aussi vrai que Amoros et son staff doivent assumer leurs responsabilités en commençant par donner des explications au peuple béninois. Mais, doit-on demander à Amoros de démissionner avec sa suite?

On a peut-être oublié que Amoros est venu à la tête des Ecureuils grâce à la coopération entre le Bénin et la France. Il n’est donc pas demandeur d’emploi. Alors, pour quelqu’un qui n’est pas demandeur d’emploi et qui a été parachuté à ce poste, lui demander de démissionner est peut-être excessif. De plus, même si le nul du dimanche ne qualifie pas les Ecureuils pour l’ultime tour de la campagne, les résultats plaident en faveur du technicien français. Depuis qu’il a pris la sélection béninoise, l’équipe a joué cinq matches avec une victoire historique (1-0 face au Mali) et quatre nuls. Donc, en cinq mois d’exercice, l’équipe du Bénin n’a pas eu de défaite. Alors pourquoi doit-il démissionner?

Les dirigeants s’y sont mal pris

Amoros est certes responsable de l’élimination du Bénin mais il faut plus incriminer les dirigeants du football béninois pour une seule raison: ils n’ont pas su fixer un objectif clair à eux-mêmes et à l’encadrement technique. Pour être dans les sérails du football depuis plusieurs années, ils sont censés savoir que le Bénin n’a pas l’étoffe d’un mondialiste et que multiplier notre participation à la Can devait être la priorité. Mais, ils ont cru au miracle togolais (participation au mondial allemand en 2006). Ainsi, dans le contrat de Manuel Amoros, ils lui ont fixé comme objectif une qualification à la Can 2013 ou au mondial 2014 ou encore remporter la coupe de l’Uemoa réservée aux locaux. Dans ces conditions et avec le chevauchement des deux éliminatoires Can et mondial, on ne peut qu’avoir ce résultat. Le Bénin n’est pas encore aussi fort pour jouer ces deux campagnes ensembles. Ne demandons donc pas au staff de démissionner mais il vaut mieux lui donner du temps, les moyens et lui laisser les mains libres pour construire une équipe compétitive dans les trois ans à venir. Et espérons que la bataille du perchoir en 2013 ne va pas plomber une année avant la Can 2015.
Arthur Sélo