La Nouvelle Tribune

«Dans quelques années, le badminton sera le premier sport scolaire au Bénin», dixit Aubin Assogba

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Le Bénin a eu la chance d’être parmi les pays africains sélectionnés par la Fédération internationale de badminton pour bénéficier du projet «Badminton à l’école». Le secrétaire général de la Confédération africaine de badminton Raj Gaya a lancé, il y a deux semaines le projet au Bénin. Nous avons rencontré le Président de la Fédération béninoise de badminton, Aubin Assogba, mercredi dernier au stade de l’amitié de Kouhounou où il suivait l’entraînement d’une vingtaine de badistes. Il nous a accordé un entretien d’une dizaine de minutes à travers lequel il a expliqué le contenu de ce projet «Badminton à l’école». Il a saisi l’occasion pour parler du report répété du championnat national.  

Monsieur le président, il y a deux semaines, le secrétaire général de la Confédération africaine de badminton Raj Gaya était à Cotonou pour  lancer un projet de la Fédération internationale. De quoi retourne ce projet?

Le Secrétaire général de la Confédération africaine Raj Gaya était à Cotonou dans le cadre du lancement du programme «badminton à l’école» qui est un programme de Fédération international. Ce programme vise à rendre populaire le badminton et à permettre à nos élèves de pratiquer cette discipline. Nous espérons que dans les années à venir, ce sport sera le premier sport scolaire. Et c’est dans cette optique là que le Secrétaire général était venu. Le défi de la première phase de ce projet consiste à nous battre pour pouvoir décrocher les autres phases. La réussite de la première phase passera nécessairement par la pratique massive  et également le sérieux dans le travail que nous allons en faire pour que les établissements sélectionnés bénéficient réellement du matériel que nous avons à disposition et qui a été envoyé par la Fédération internationale.

Combien d’écoles ont été choisies?

Le lot de matériel pour la première phase c’est 100 raquettes 50 boîtes de volants et 20 filets. Donc, nous avons ciblé pour bénéficier de ce lot de matériel une dizaine d’établissements mais ce n’est pas encore fini. Parce que c’est un travail en commission qui se fait. On a mis sur pied une commission de suivi de ce projet. Cette commission est paritaire avec le Comité national olympique et sportif béninois (Cnosb), la Fédération béninoise de badminton, l’office béninois de sports scolaires et universitaires qui représente le ministère des sports et également le ministère de l’éducation nationale avec sa direction de la promotion de la scolarisation. C’est tous ces acteurs autour d’une table qui ont ciblé les établissements pilotes qui vont bénéficier de ce matériel. Mais avant cela, il y aura une démonstration du badminton lors de la phase finale des championnats scolaires prévus pour le mois prochain (7 septembre prochain). C’est suite à cela que nous allons mettre à dispositions des établissements le matériel. Et après, nous allons vérifier l’effectivité de l’utilisation du matériel pour que la Fédération internationale valide le second lot de matériel composé de 500 raquettes, des volants et des filets.

Quels sont les critères de sélections de ces établissements?

Le premier critère d’abord, c’est la volonté du chef d’établissement. Le deuxième critère pour nous, et qui est fondamental, c’est de voir si l’établissement a, au moins, des espaces plus ou moins appropriés pour la pratique du badminton. Ça peut être des établissements qui ont des gymnases, ça peut-être des établissements qui n’ont pas des gymnases mais qui ont un local, des espaces un peu dans les normes. On accepte tous ces établissements.

Publics ou privés

Je crois que nous n’avons pas fait de séparations avec les établissements. Nous avons associé tout ce qu’il y a comme établissement public et privé. Dans les dix qu’on a retenus il doit y avoir cinq établissements publics et cinq établissements privés. Mais dans ces établissements privés, on a priorisé également les établissements qui ont déjà commencé par faire le travail. Ce sont les collèges catholiques à savoir, le C S Notre- dame des Apôtres,  le C C Père Aupiais, le C S Laura Vicunia, qui ont commencé le programme ‘’Badminton à l’école’’ depuis près de trois ans. C’est d’ailleurs dans ces collèges que nous retrouvons les meilleurs sportifs actuellement.

Quand  est-ce que le «programme va rentrer dans sa phase active?

Le programme va entrer dans sa phase active à la rentée prochaine en octobre. Nous allons mettre à disposition le matériel et il y aura une formation, initié par la Fédération internationale. Il y aura un expert du nom de Daji Amiraou  qui sera là pour former les professeurs de sports qui travaillent dans ces établissements. Il viendra les former et avant la fin du mois d’octobre, le badminton sera présent dans ces dix collèges et même plus. Parce que la demande est forte et nous travaillons également en cherchant des partenaires pour pouvoir acquérir un matériel additif pour élargir jusqu’à quinze ou vingt établissements.

Comment va se faire le suivi?

Bon, vous savez dans tout projet il y a le suivi, l’évaluation. Et  pour ce faire, on a mis sur pied la commission dont je vous ai parlé plus haut, la commission mixte composée de tous les acteurs à divers niveaux de la chaîne sportive et scolaire. La Fédération a nommé un responsable qui va coordonner les activités et le suivi sera cyclique. Ceci pour évaluer de temps en temps le niveau atteint et voir si les attentes sont comblées.

Venons maintenant au championnat national. On a constaté qu’à plusieurs reprises déjà il y a eu report . Qu’est-ce qui se passe?  

Vous savez le badminton est un sport jeune et c’est un sport ‘’in door’’. Quand on dit sport ‘’in door’’, ça veut dire un sport qui doit se jouer uniquement en salle. Et la fédération ne peut pas organiser une compétition sans respecter les normes. C’est pour cela que nous reportons le championnat national. Parce que nous avons des problèmes logistiques. Vous le saviez bien, la salle du Palais des sports du stade de l’Amitié de Kouhounou est occupée par le matériel sensible de la Lépi. Et toutes les activités sportives et culturelles sont dirigées vers le Hall des arts et loisirs de Cotonou. Donc il faut faire une bataille de fond pour pouvoir trouver de la salle disponible. Nous nous attelons à le faire. C’est pour ça nous avons programmé de façon statutaire une date mais avec la disponibilité de la salle, nous n’avons pas pu. Mais on travaille, de concert avec les autorités du Hall des arts, pour que le championnat ait lieu.

Vous rassurez tout le monde que tout est prêt pour le championnat à part la salle?

On ne peut pas le dire mais la majeure partie est faite. Le côté financier, vous le savez avec le ministère, ils ont déjà fait ce qu’il faut mais c’est toujours dans le circuit. On espère que ça va sortir avant l’ouverture du championnat. Mais les différents acteurs que sont les sportifs, les entraîneurs, les arbitres; tout ce monde est déjà prêt pour participer au championnat. Et nous allons, dans les tous prochains jours, communiquer la date de la tenue de ce championnat.

Un appel à lancer?

Oui. Le premier appel concerne le projet ‘’Badminton à l’école’’ et est orienté vers les chefs d’établissements. Les responsables à divers niveau dans la chaîne de l’éducation pour que, une fois que le badminton sera dans les collèges, il faudrait qu’ils fassent en sorte  que ça aille de l’avant.

Pour le championnat national, je vais exhorter tous les acteurs du badminton à continuer de se préparer. La fête sera bientôt lancée et on aura un beau championnat.