La Nouvelle Tribune

Nouvelle hausse du prix du «Kpayo» : les tracasseries douanières à l’origine

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De 450 F à 500 voire 550 F et même 600 F sous certains cieux depuis lundi dernier, le prix de l’essence frelatée communément appelé  «kpayo» connaît une nouvelle hausse. A l’origine de cette dernière augmentation, les tracasseries douanières et autres.

L’essence frelatée a augmenté de prix. Les inscriptions sur les bidons servant d’affiche ont changé. Le chiffre 4 qui occupait la première place dans l’écriture du prix a été par endroit remplacé par un 5 et 6 à d’autres. «J’ai pris l’essence à 600 F aujourd’hui», affirme un motocycliste rencontré à Agontikon. Un autre consommateur de produit pétrolier s’approvisionnant dans une station «kpayo» informe avoir pris le litre à 500 F. Et «c’est ainsi depuis le lundi», nous a-t-on appris. Mais qu’est ce qui explique cette nouvelle hausse du prix du «kpayo» ? De nos investigations, il ressort que les tracasseries douanières dont font l’objet les contrebandiers de l’or noir nigérian sont la principale raison.  «Nous vivons le long du trajet des situations difficiles. Depuis le Nigeria jusqu’ici, il faut payer 500, 200, 300 F à chaque poste de contrôle douanier», a précisé Codjo, un importateur d’essence frelatée. Qui conclut que la hausse des prix du «kpayo» n’est rien d’autre que la répercussion des différents frais payés en route. Si les tracasseries sont la principale raison évoquée,  Brice Togbé étudiant reconverti en vendeur d’essence à Agontinkon, pense que le «déficit de carburant dans les pompes nigérianes», source d’approvisionnement des contrebandiers en est une autre. Il ajoute que l’approche de la fin d’année et la hausse du Naira, monnaie nigériane expliquent également la hausse constatée.

Les consommateurs  dans l’étau

 La hausse actuelle du prix du «kpayo» n’est pas sans conséquence sur les consommateurs du produit qui semblent pris dans un étau avec la morosité économique qui sévit dans le pays. «On n’a pas le choix, car il faut nous déplacer», explique Edouard, un jeune citoyen qui déplore : «il n’y a pas d’argent dans le pays, la pauvreté est chaque jour grandissante et paradoxalement le kpayo prend de plus en plus du prix». Cette hausse de l’essence frelatée a également provoqué l’augmentation du coût du transport, principalement à taxi-moto. Et cela pourrait, si rien n’est fait, avoir des conséquences lourdes sur le déplacement des populations. «Vivement que des solutions soient trouvées pour soulager les peines de nous autres Béninois», a lancé Blaise un motocycliste.