La Nouvelle Tribune

Impasse sur le fonctionnement de la police municipale : des agents impayés depuis cinq mois sont mécontents

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A la mairie de Cotonou dans la matinée de ce lundi 10 septembre, l’ambiance est peu ordinaire. Les agents de la police municipale ont organisé un géant sit in pour protester contre le mauvais traitement dont ils font l’objet depuis plus de cinq mois.

Cinq mois d’activités pour rien. Environ cent trente agents de la police municipale ont manifesté dans la matinée d’hier pour réclamer les arriérés de salaire restés impayés à ce jour. Pour exprimer leur ras-le-bol, les manifestants ont barricadé la voie principale située à la devanture de la mairie de Cotonou (quartier Wloguèdè) avant de prendre d’assaut l’enceinte à travers chants et danses. Les autres agents en service à la mairie ont été empêchés de travailler et gare aux récidivistes. Même la traditionnelle cérémonie des couleurs a été boycottée. Face à cette situation devenue à la limite insoutenable, les autorités municipales sur place ont dû faire appel à l’arbitrage du commissaire centrale de Cotonou, Philippe Houndégnon. Qui est difficilement parvenu à calmer les ardeurs. Selon des sources internes à la mairie, tout serait parti d’une difficulté de trésorerie que traverse l’administration municipale. Elle se trouve ainsi dans l’impossibilité de prendre en compte la rémunération de certains agents recrutés depuis pratiquement deux ans, après une formation de quatorze mois. Du coup, les autorités leur auraient demandé de patienter jusqu’au vote du budget exercice 2013. «Ne pouvant plus supporter de travailler sans salaire, ils ont décidé de se faire entendre», révèle la source. Avant de confier que les manifestants n’ont malheureusement pas pris le temps de requérir une autorisation des responsables, avant de prendre d’assaut les lieux.

Rappelés à l’ordre par les autorités compétentes, les agents ont fini par se raviser. Une rencontre de travail a été organisée dans ce cadre avec le premier adjoint au maire, Léhady Soglo. C’était hier dans l’après midi. Aux dernières nouvelles, les manifestants seraient en pourparlers avec le directeur de la police municipale, Flavien Clédjo.

Des laissés pour compte

Selon nos sources, la vague des manifestants est composée des agents recrutés, il y a pratiquement deux ans pour venir en appoint aux agents de la police nationale, notamment pour la régulation de la circulation et la patrouille nocturne. Ainsi au terme d’une formation qui a duré un an quatre mois et sanctionnée par un test de sélection, ils ont été retenus par les services de la mairie, sans avoir été pris en compte par le budget actuel. Les mêmes sources révèlent que les autres agents plus anciens sont mieux traités.