La Nouvelle Tribune

Faible taux de réussite au Bepc et au Bac : conséquences d’un système éducatif malade

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Il est estimé que les faibles taux de réussite enregistrés au Bac (31%) et au Bepc (35%) ne sont pas uniquement dûs aux grèves. Les pédagogues indiquent que c’est tout le système éducatif qui est malade.

«On ne peut pas dire  que les grèves à elles seules ont causé le faible taux de réussite enregistré aux examens du Bac et du Bepc », a déclaré Innocent Assogba, professeur certifié et syndicaliste membre du bureau confédéral national  de la confédération syndicale des travailleurs du Bénin (cstb). C’est d’office, le système éducatif actuel  qui est malade. Assogba  a d’emblée situé les responsabilités. Quant aux grèves, il a reconnu qu’elles ont duré plusieurs mois. Et, a  ajouté que ces grèves étaient le reflet de l’état du système scolaire actuel. Si le résultat du Bepc a chuté par rapport à celui de l’année dernière de même que le Bac, le syndicaliste affirme que cela ne surprend pas, mais qu’on ne pouvait pas avoir mieux pour certaines raisons. En effet, après plusieurs mois d’abandon des cours, les enseignants dès la reprise ont démarré  des cours de rattrapage qui en réalité ont occupé la période règlementaire pour les révisions des cours. Dans cette condition, le professeur et l’élève, pressés par le temps ne pouvaient plus produire le meilleur d’eux même. De ce fait, les résultats analysés sur la base des grèves ne surprennent pas. Mais il faut reconnaitre  que cela s’ajoute aux autres aspects liés à la question. Il y a les intempéries, des écoles inondées qui ont contraint les  élèves à rester à la maison pendant plusieurs mois.  Il y a des écoles où les élèves ont des classes volantes. Ceux-là suivent les cours dans les conditions défavorables. A midi, ils se reposent sous des appâtâmes avec la chaleur.

Conditions déplorables

Le  professeur déplore que ce ne sont pas de bonnes conditions de travail. Un autre aspect cité comme cause de la chute du taux de réussite  aux examens  reste l’effectif pléthorique dans les classes. Avec 80 élèves dans une salle de classe, l’enseignant ne peut pas du point de vue pédagogique  les encadrer  comme il le faut. Le professeur  Edouard   Roco   à ce sujet indique  que quelque soit la volonté professionnelle de l’enseignant, il ne peut pas faire un miracle. «Avec les nouveaux programmes d’études, il est en perpétuel mouvement», fait remarquer Innocent Assogba. Et ce mouvement va de formation en formation. Et tout se passe dans la même période. Ce qui en conséquence ne fait que perturber les cours. A titre d’exemple, au début de l’année, il est programmé d’évaluer les apprenants sur la base de certains critères. Or, les enseignants n’ont pas été correctement formés à cela. Et subitement vers la fin de l’année en pleine période de cours, on lance une séance de formation en disant que c’est sur cette base qu’on va évaluer à l’examen. Ces enseignants n’ayant pas la maîtrise de cette nouvelle méthode d’évaluation, vont en formation. Or, cette période devrait être celle des révisions des leçons. «Cela ne peut qu’avoir un impact négatif sur les résultats des examens», a renchéri Franck Dossoumon enseignant de philosophie.