La Nouvelle Tribune

Les vendeurs à la sauvette s’entêtent, la police municipale réprime

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Depuis le 24 juillet dernier, le ministère de l’intérieur a pris la décision d’interdire sur toute l’étendue du territoire béninois, la pratique de la vente à la sauvette au niveau des carrefours.

Environ deux semaines après l’échéance  de la répression, les choses semblent ne pas changer sur le terrain si non timidement.

Constat

Montres et torches  accrochées à la  main gauche,  postes  radios et appareils photos numériques  à la main droite, Paulo et ses amis, certains  vendeurs du pain sucré, d’autres de vêtement n’attendent que les feux tricolores de Marina se mettent au rouge pour se ruer  comme de coutume vers les motocyclistes et les autres passagers de cette voie.  C’est le constat fait hier, aux environs de 10h au niveau du feu  tricolore de Marina. Un peu plus loin, dans les feux tricolores de St Michel, le constat est le même et  pire d’ailleurs. Ici, les vendeuses de biscuits et d’autres gadgets se sont ajoutées au lot habituel qu’est celui des Ghanéens et des Nigerians. Un tour au Carrefour  Akosombo  permet de toucher du doigt la réalité et la gravité de la situation. Ce phénomène de la vente à la sauvette, vieux de plusieurs années,  s’observe un peu partout au niveau des feux tricolores de la ville de Cotonou et prend de plus en plus d’ampleurs sous l’influence de plusieurs facteurs. «Je suis élève et comme je voulais de job de vacance, une  société chinoise m’a recrutée pour  la vente de ses produits », a expliqué une jeune vendeuse à la sauvette, rencontrée au niveau des  feux tricolores du carrefour des ‘’Trois Banques’’.

Rappel

Dans un communiqué rendu public le 24 juillet 2012, le ministre de l’intérieur, de la sécurité publique et des cultes donnait jusqu’au 26 juillet dernier à tous les vendeurs ambulants des carrefours de cesser cette activité qui en réalité viole les règles élémentaires de sécurité. Au terme de cette échéance,  « les forces de la sécurité publique, la police et la gendarmerie nationales, sont instruites pour interpeller et réprimer tout contrevenant », indiquait le ministre de l’intérieur dans son communiqué. En effet, cette décision du  Mispc est motivée par un certain nombre de dispositions et de règles existant au Bénin et condamnant la vente à la sauvette qui est considérée comme illégale car ne contraignant aucunement les acteurs de ce commerce à une taxe quelconque. Environ deux semaines après cet ultimatum, ces hommes et femmes, habitués de la vente à la sauvette, continuent leurs activités en foulant aux pieds la décision du Mispc.

Un début de répression timide

On aurait cru à une partie de ‘’ Jacques où es tu ?’’. Ou encore à un jeu ‘’ du chat et de la sourie’’. Juste après le constat d’hier, un peu plus tard aux envions de 11 heures 30, contre toute attente,   une foule de vendeurs à la sauvette des feux tricolores en face de l’Eglise Catholique St Michel, articles en mains et accrochés à la tête, se mirent à courir. «  Ils viennent », hurlaient certains, «  ils vont ramasser vos articles, courez vite », alertaient d’autres. En effet, ‘’ils’’, ce sont les agents de la police municipale. Ils sont descendus sur le terrain pour interpeller les vendeurs à la sauvette mais ceux-ci ne se laissent pas prendre. « Nous n’avons pas à leur opposer la violence mais si quelqu’un se laisse prendre, il doit payer pour tous les autres », a déclaré l’un des agents. Mais cette course entre vendeurs ambulants et les agents de la police municipale n’a été que de courte durée.

Plus de sensibilisation…

Si l’initiative de l’interdiction de la vente parait comme chose salutaire, il ne fait l’ombre d’aucun doute que plusieurs préalables sont à régler avant la répression. Il s’agit de la sensibilisation. La majorité des vendeurs à la sauvette rencontrés, disent ignorer l’existence d’une telle décision. Ce qui renvoie la balle au ministère de l’intérieur et pose un problème de déficit de sensibilisation qui doit être corrigée pour une bonne application de ladite décision. Par ailleurs, une fois la vraie répression, pas celle observée hier, entamée, elle devrait être continuelle dans le temps. Ainsi, le Ministère de l’intérieur sous le ministre Dègla aurait rendu un service aux béninois.