La Nouvelle Tribune

L’Usaid contre les pots de vin sur les corridors Ouest-africains

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La septième réunion annuelle du comité de pilotage de l’Observatoire des pratiques anormales en matière des transports routiers se tient depuis hier à l’hôtel Azalaï de la plage à Cotonou.

Le ministre Jean Michel Abimbola représentant son collègue des transports et Susan Tuller, chargé d’affaires à l’Ambassade des Etats unis d’Amérique près le Bénin ont procédé dans la matinée d’hier au lancement de la septième réunion annuelle du comité de pilotage de l’observatoire pour l’amélioration de la gouvernance du transport routier dans la sous région Ouest-africaine. Ainsi pendant deux jours, les participants à cette réunion auront d’une part, à examiner le point des actions menées en vue de proposer des solutions réalistes à la suppression des barrières non tarifaires et d’autre part, à évaluer le point de la mise en œuvre des recommandations de la 6ème réunion qui s’est tenue à Lomé, les 28 et 29 septembre 2011. En effet, selon le ministre Jean Michel Abimbola, le désagrément des transports routiers constitue le lot quotidien des usagers et est lié non seulement à l’état des infrastructures routières, mais aussi et surtout aux pratiques malsaines qui s’y développent. Ces pratiques ont pour noms: les prélèvements illicites, les faux frais sur toute la chaîne des transports, le long transit time observé sur les frontières, la non harmonisation des cautions régionales, l’installation sur les routes des postes de contrôle préjudiciables à la libre circulation des personnes et des biens et la mauvaise organisation des escortes douanières. Autant de disfonctionnements qui, selon Susan Tuller, entravent la compétitivité de  la sous région sur les marchés mondiaux. C’est pourquoi, avec l’appui technique et financier de l’Agence américaine pour le développement international (Usaid) et la banque mondiale à travers le programme des politiques de transport en Afrique subsaharienne, il a été mis en place en 2005, l’Observatoire des pratiques anormales (Opa) sur les axes routiers. Il s’agit d’une initiative de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (Uemoa) et de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui vise à instaurer une bonne pratique sur les principaux axes routiers de la sous région.

 

Les performances de l’Opa

Dans le cadre de l’assainissement des différents corridors de la sous région, plusieurs actions ont été menées et portent essentiellement sur la collecte des informations sur les perceptions illicites par voyage et le dénombrement du nombre de poste de contrôle sur les axes routiers. Ainsi, pour une bonne gestion des activités, il est mis en place un comité de pilotage qui a pour mission de proposer les orientations stratégiques de l’Observatoire des pratiques anormales. Lequel comité procède annuellement à l’examen des actions menées le long des routes de l’Afrique de l’Ouest pour la suppression des barrières non tarifaires et l’évaluation de la mise en œuvre des recommandations de la réunion de l’année antérieure. Ce système a été mis à l’essai au Burkina Faso, au Ghana, au Mali et au Togo et son succès a conduit à sa mise en œuvre au Sénégal en 2009, en Côte d’Ivoire en 2010, enfin l’année dernière au Bénin et au Niger. Les progrès réalisés au cours des douze derniers mois par l’Opa sont entre autres, l’élimination des postes de contrôle au Togo, la réduction significative des points de contrôle en Côte d’Ivoire et la réduction à l’ordre de 50% de la corruption sur les routes au Sénégal. Par ailleurs, il est prévu au cours des travaux de la présente réunion, l’évaluation des plans d’action pour l’année à venir, notamment, le lancement d’un observatoire Ouest-africain pour la facilitation des échanges et du transport et le lancement des trois nouveaux centres d’information frontaliers: aux frontières Bénin-Nigéria, Burkina Faso-Ghana et Côte d’Ivoire-Ghana.