La Nouvelle Tribune

Journée mondiale des réfugiés : au Bénin, une célébration sur fond de crise

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Hier mercredi 20 juin 2012. Le Bénin a célébré comme partout dans le monde, la journée mondiale des réfugiés.

 Le signal des festivités a été donné d’une manière peu ordinaire par la communauté des réfugiés des sites de Kpomassè et d’Agamè qui ont manifesté dans la matinée d’hier devant le siège du Hcr-Bénin à Cotonou.

Il sonnait environ  07 heures ce mercredi 2012. Dans les locaux du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, situé dans le 12ème arrondissement de la ville de Cotonou, l’ambiance est peu ordinaire. Un nombre impressionnant de réfugiés, toutes nationalités confondues ont pris d’assaut les lieux à travers chants et danses. Les uns exigeant leur réintégration et les autres réclamant une autre terre d’asile.

Selon Tutti M’babala André, le porte parole des manifestants pour la plupart, ressortissants de la République démocratique du Congo, du Togo, du Nigéria, des îles Comores et du Tchad, certains réfugiés ont été  occultés dans une  opération de recensement initiée par les autorités béninoises pour les réinstaller aux Etats unis et au Canada, n’étant plus en mesure de prendre en charge leur hébergement. Ceux qui ont été mis à l’écart ont donc exprimé le désir de bénéficier du même avantage. Mais la Représentante du Hcr-Bénin, Angèle Atagana Djikongue leur aurait refusé ce droit, puisque, d’après elle, leur dossier ne serait pas à jour. Ils  condamnent cette déclaration et refusent de dégager le site conformément à la décision du Hcr-Bénin contre une indemnisation de 100 mille francs chacun. Les manifestants réclament leur relocalisation sur un autre site plus agréable en attendant d’être réinstallés. Car, disent-ils, la vie devient impossible sur le site de Kpomassè où il n’existe ni eau, ni électricité et aucune chance de survie pour leurs enfants.

Situation quasi identique sur le site d’Agamè

Selon Sogbo Maounou, porte parole des réfugiés logés sur le site d’Agamè dans le Mono-Couffo, les autorités du Bénin auraient opté pour une gestion qui ne fait que les enliser davantage dans la misère la plus effroyable, les contraignant à la mendicité et autres vices sociaux. D’autant plus que  le camp serait implanté dans une palmeraie au cœur d’une brousse, où les possibilités d’emploi et d’éclosion sont presque inexistantes. Dans les commentaires, certains d’entre eux confient qu’ils sont victimes de discrimination et de mauvais traitement de la part des autochtones de la localité. Un des leurs, le nommé Claude Alidjinou aurait même été bastonné à mort par des agents de police. «Nous nous sommes plaints auprès de la ligue béninoise des droits de l’homme et du Hcr, mais rien n’y fit», confie le porte parole Sogbo Maounou. Les réfugiés du site d’Agamè exigent sans délai, leur transfert sur une autre terre d’asile où ils pourront jouir pleinement de leur droit.

La communauté d’accueil à bout de souffle

Pour Angèle Atagana Djikongue, le cauchemar que traversent ces exilés est beaucoup plus complexe que ce qu’on peut imaginer. Intervenant hier sur le plateau de la télévision nationale, la représente résidente du Haut commissariat des réfugiés (Hcr-Bénin) déclare que cette situation est due aux crises économiques que traversent la plupart des pays d’accueil. Et à la réticence des bailleurs de fonds qui préfèrent investir dans les secteurs pourvoyeurs de richesse. Elle invite le gouvernement à prendre en compte les requêtes des réfugiés qui ne demandent qu’un document de reconnaissance de leur statut.