La Nouvelle Tribune

Mauvais traitement des agents dans une fondation internationale : les dessous du licenciement « abusif » de deux agents

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Dans sa parution du lundi 11 juin 2012, votre quotidien La Nouvelle Tribune a publié un article sur le licenciement « abusif » de deux agents dans une fondation internationale de la place (Licenciement abusif dans une fondation internationale : deux employés remerciés après 20 ans de service). Approchée la représentante résidente de la fondation affirme qu’il s’agit d'un licenciement justifié. Les deux agents qui cumulent chacun 20 ans de carrière parlent plutôt de mesquinerie et de «béninoiserie ». Enquête.

Deux agents d’une fondation de la place qui intervient dans les domaines de la gouvernance et des doits de l’homme la fondation ont été licenciés d’une manière qu’il trouve «abusif». Invités le vendredi 09 juin dernier pour une séance de concertation avec la représentante ces agents, un secrétaire et un chargé de programme se sont vu remettre des lettres leur notifiant leur licenciement. La Représentante résidente a sorti une note de service dans la soirée de ce même jour pour notifier leur exclusion de la structure. L’information a été relayée par votre quotidien, La Nouvelle Tribune dans sa parution du lundi 11 juin.  L’article en question a parlé de « licenciement abusif dans une fondation internationale». Les agents en question jugent «leur licenciement abusif et inhumain puisqu’ils ont passé chacune 20 ans de service dans cette fondation sans avoir jamais reçus d’avertissement ni de blâme pour une faute quelconque», a révélé l’article. Rencontré quelques jours après la publication de cet article pour avoir sa version des faits, la Représentante résidente de la fondation contredit. Selon elle, les deux agents ont été « avertis ». Elle précise qu’ils n’ont pas été licenciés par «simple lettre.» Et souligne que bien que les courriers de licenciement leur aient été présentés le 08 juin, «le licenciement est pris en compte à partir de septembre 2012. Ceci dit,  ils sont aussitôt libres de tout engagement. Les deux continuent de recevoir normalement leur salaire durant tout le temps de la période de préavis et peuvent chercher tranquillement un autre emploi.»

Avertissements

Le 21 mars 2012, un courrier  d’avertissement a effectivement été adressé à l’un des agents, la secrétaire. Il lui était reproché de n’avoir pas réussi a «répertorier les adresses contenues dans le système Lotus Notes pour le Bénin, la Côte d’ivoire et le Burkina Faso, puis de recenser les adresses qui seraient utiles pour l’envoi des invitations, à la suite des adresses sélectionnées qui pourraient être sur les enveloppes des destinataires.» « Ces résultats de votre travail et votre attitude professionnelle ne correspondent pas au profil d’une secrétaire du (…) qui doit être consciente de ce que, avec ses charges, elle porte une grande part de responsabilité pour le succès du travail de tout le projet et ainsi prendre des dispositions adéquates pour une exécution réussie », a averti la Représentante résidente dans la correspondance. Avant de conclure : « j’attends que vous changiez profondément et de façon appropriée votre engagement et votre conduite. Autrement j’en tirerai des conséquences de droit.» La secrétaire affirme pourtant avoir effectué la tache en question. Elle confie avoir même voulu postuler pour un poste supérieur et la représentante résidente l’aurait rassuré qu’elle était « bonne à son poste de secrétaire.» La représentante résidente réplique qu’elle n’en avait pas les capacités.
Le chargé de programme reconnaît lui aussi avoir reçu un avertissement mais «curieusement, affirme-t-il, après avoir œuvré avec engagement pour la tenue effective, en février 2012, d’un atelier visant à évaluer et améliorer la qualité des différentes émissions télévisées de la Fondation.»

Interrogations

La Représentante résidente avait observé que les deux agents ont reçu leur préavis le vendredi 08 juin. Et que «le licenciement est pris en compte à partir de septembre 2012.» Ce qui signifie que les courriers en date du 08 juin qu’elle a remis aux agents et ayant   ayant pour objet « licenciement » font office de préavis. Pourtant il est écrit dans ces courriers que « le présent licenciement prend effet dès aujourd’hui, jour de réception de l’avis, ce qui induit de notre part le paiement des trois mois de préavis. Les deux agents quant à eux martèlent avoir toujours fait leur travail avec « soin et professionnalisme». Les deux employés ont fait leurs témoignages dans deux mémoires sur les différents faits ayant marqué leur parcours à la Fondation depuis l’arrivée de l’actuelle Représentante résidente en Avril 2011 jusqu’à leur licenciement en juin 2012. Ils affirment avoir envoyé chacun une copié de son mémoire au siège de la fondation en Allemagne pour donner leur version des faits. Entre autres preuves de son « efficacité » le chargé de programme raconte : «… Le 29 mai 2012, autour de 17 heures et par intranet, la Représentante me demande le travail ci-après :sur demande de la Centrale en Allemagne, tous les programmes de formation dans le volet militaire et pour tous les pays sur toute l’année 2012 avec les noms des communications,le point de la situation sécuritaire au niveau de chacun des pays couverts par le programme,une identification d’articles de presse et de revues spécialisées en matière de sécurité en Afrique de l’Ouest,les coordonnées de tous les points focaux au niveau des ministères de défense et des états major d’armée de la sous- région ; et ce pour le lundi 04 juin au plus tard. Ce travail titanesque a été accompli au prix d’un sacrifice énorme fait de travail sans arrêt en journée et de nuit. Le résultat lui a été déposé effectivement ce lundi 04 juin 2012 à 16 heures 23 minutes en version électronique et papier. A la réception dudit travail, la Représentante Résidente a marqué son étonnement… » Pour eux, la manière dont ils ont été licenciés après 20 ans de service laisse plutôt entrevoir une volonté de se débarrasser d’eux. Dans les coulisses de la Fondation, on apprend que leur licenciement est le résultat d’un complot savamment concocté par  des agents recrutés  il y a quelques années et qui sont très proches de la représentante résidente. Elle aurait l’intention «de faire partir tous les anciens.» Si l’information est vérifiée, la question serait de savoir si cette employée agit avec la complicité de la Représentante résidente ou si elle l’utilise? Affaire à suivre.