La Nouvelle Tribune

Le professeur Antoine Détchénou fête ses 78 ans avec ses anciens élèves

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Samedi dernier, les anciens élèves  des années 70 et 80 du professeur Robert Antoine Détchénou  se sont joints à lui à son domicile, pour célébrer ses 78 ans de vie.

 Une vie marquée entre autres, par une carrière d’enseignant axée sur le professionnalisme et la rigueur. Ses élèves en  ont témoigné.

Mercredi 13 juin 2012. Le professeur Robert Antoine Détchénou a soufflé ses 78  bougies. Une belle fête a été organisée  en reconnaissance des mérites de l’homme. C’était le samedi dernier à son domicile. L’écart de jours entre la date anniversaire et celle de la célébration n’est pas le fait du hasard. C’est plutôt dû à la forte demande de ses anciens élèves de ne rater sous aucun prétexte cette fête qui s’est déroulée dans une atmosphère pleine de convivialité. Des élèves très heureux de  redécouvrir  leur enseignant dans  le combat citoyen  qu’il a engagé avec un certain nombre « d’anciens » mais aussi des plus jeunes au sein du Front citoyen pour la sauvegarde des acquis démocratique (Fcsd) contre les dérives du pouvoir.
La soirée a été marquée par des témoignages poignants faits par des représentants de plusieurs générations d’élèves qui ont tenu à célébrer  son professionnalisme et surtout sa rigueur en tant qu’enseignant tout au long de ses 30 ans de carrière qu’il a entamée le 1er  Octobre 1960.
Des témoignages des uns et des autres, on peut retenir que, professeur certifié de lettres modernes, Robert Antoine Détchénou est resté tel que ses anciens élèves l’ont connu: un homme de conviction et de vérité. Du Lycée Béhanzin à Porto-Novo, au Ceg Gbégamey à Cotonou en passant par le Collège Pére Aupiais au milieu des années 70 ou à la tête de la Direction de l’Office du baccalauréat en 1985, les avis sont unanimes sur la rigueur mais aussi le côté humain de l’homme.
Devenu Directeur du Ceg Gbégamey en 1974, beaucoup de ses anciens se souviennent du « père fouettard » selon l’expression pittoresque du Me Théodore Zinflou, qui a admirablement campé le rôle de « maître de cérémonie. Mais aussi du directeur omniprésent qui savait répondre aux sollicitations de ses élèves. Directeur du Ceg Gbégamey, il a vu passer les artistes  aujourd’hui célèbres comme Stan Tohon et Angélique Kidjo mais aussi de nombreux cadres dont certains ont occupé de hautes fonctions à la tête de l’Etat. L’un des anciens élèves a rappelé fort opportunément à propos d’Angélique Kidjo que le Directeur Détchénou n’a jamais hésité à demander à ses professeurs de lui infliger la note zéro, chaque fois qu’elle «  séchait »  une épreuve d’examen blanc ou de devoir au profit de ses concerts. 
D’après les témoignages, plus qu’enseignant, Robert Décthénou, était un père de famille qui s’intéresse aussi aux conditions sociales de ses élèves. En témoigne l’un de ses anciens élèves présent à la fête. En exemple, ce dernier fait cas de ce geste d’affection et d’amour dont a fait preuve le professeur en 1974 envers un groupe d’élèves candidats au Baccalauréat ne connaissant personne à Porto-Novo, l’un des deux seuls centres de Baccalauréat de tout le Dahomey de l’époque. Sans qu’ils en aient fait la demande, il  leur a laissé gracieusement sa villa alors inoccupée  pour y passer tout le temps de leur examen. En réponse à ce témoignage, le bientôt octogénaire Robert Antoine Détchénou a confié qu’il s’agit d’une leçon de vie qu’il a apprise de son maître d’école. Alors écolier à Covè, il devrait passer son examen d’entrée en 6ème à Abomey. A l’époque, il a bénéficié de la générosité de son maître pour son hébergement. Là, il a vu les difficultés de ses camarades de classe qui n’avaient pas eu cette opportunité.

Après  ses témoignages, la fête s’est poursuivie par une soirée dansante jusqu’au petit matin du dimanche. Rendez-vous pour les 80 ans du professeur dans deux ans.