La Nouvelle Tribune

Cremel Hountonnangnon, pratiquante de taekwondo : «Au Bénin, c’est la passion qui amène les sportifs à avoir des résultats»

Espace membre

Vice-championne du championnat de taekwondo en 2011, Cremel Hountonnangnon, dans un entretien accordé à votre journal,  a fait la genèse de son parcours dans l’une des disciplines des arts martiaux qu’est le taekwondo. Elle n’a pas manqué de jeter un regard d’observatrice sur la pratique de volley-ball au Bénin

 

Comment en êtes-vous arrivée au taekwondo?

C’est par l’intermédiaire de mon grand-frère. Je faisais aussi l’athlétisme donc j’avais la forme athlétique et lui pratiquait le taekwondo. Dans leur club il n’y avait qu’une seule dame. C’est qu’ainsi, qu’à un mois du championnat, il m’a proposé de venir pratiquer le taekwondo, c’était en 2005.Je l’ai accepté et j’y ai pris goût.

 

Qu’avez-vous fait depuis ce temps?

De 2005 à aujourd’hui, j’ai eu pas mal de médailles. En 2005, avec un mois d’entrainement j’ai été championne dans ma catégorie de moins de 47 kilos. Après cela, en 2006, j’ai été vice-championne pour la Coupe du Bénin. Je suis restée constante en 2007 par rapport à cette coupe. En 2008, il faut dire que j’ai régressé mais j’ai été médaillée de bronze. Cette année je suis vice-championne.

 

C’est seulement sur le plan national que vous évoluez?

Oui, c’est seulement au plan national.

 

Où et quand vous vous entrainez?

Je m’entraîne au stade de l’amitié dans le club de Benjamin John club dirigé par le maître Félicien HouétchéKpo. Je fais les entraînements souvent les dimanches matins de 7h30 à 9h30, les jeudis soirs de 19h à 20h30 et les vendredis soirs de 19h30 à 21h.

 

Comment arrivez-vous à concilier  le sport et les études?

Je dirai que c’est très facile pour moi de concilier le sport et les études. Je ne néglige aucun temps, je gère tout et après tout est affaire de programme. Quand je fais mes programmes d’études, j’insère en même temps mes programmes d’entrainement et souvent c’est quand je finis d’étudier que le sport constitue un temps de distraction. Je vais m’entraîner et quand je reviens, je continue avec les cours.

 

Qui sont ceux qui vous accompagnent?

Il faut dire qu’il n’y a pas d’accompagnateur mais malgré cela, il y a des gens qui m’encouragent vraiment. Il y a la Fédération béninoise de Taekwondo, le coach et les amis qui suivent les championnats. Toutes ces personnes me donnent des conseils et me poussent  à bien pratiquer la discipline.

 

Dites- nous concrètement ce que la fédération fait pour vous?

La seule chose que me fait la fédération c’est  d’organiser les championnats afin que j’y prenne part. Sinon à part cela, la fédération ne s’intéresse pas aux athlètes.

 

Vous voulez dire que les clubs ne sont pas soutenus par la Fédération?

Non. C’est juste qu’au niveau des clubs, ils doivent aller auprès des ligues d’abord. Il faut dire qu’au niveau des ligues, ce que la fédération fait c’est juste voir quels sont les clubs qui sont affiliés ou ceux qui vont participer à telle ou telle compétition. C’est donc tout juste  pour organiser le championnat sinon en termes de matériels, la fédération ne s’occupe pas trop de cela. On a eu une seule fois, en 2007 si je ne me trompe. En tout cas, c’est une seule fois quand même qu’on nous a donné tout ce qu’il faut pour une compétition en taekwondo. Sinon à part cela, rien de plus.

 

Il y a environ deux mois vous avez effectué un voyage en France. C’était dans quel cadre?

C’était dans le cadre du taekwondo. C’était un séjour de thématique et c’était « le sport en relation avec la culture Française ». Il y avait les pratiquants de toutes les disciplines. C’est le taekwondo qui m’a présenté et après les entretiens et autres, j’ai été choisie. On a été deux à quitter le Bénin, ma seconde est une handballeuse. Là-bas, c’était juste des promenades, parler sur l’olympisme. Le thème même c’était «La France, terre de l’olympisme». Donc tout avait tourné au tour de l’olympisme.

 

C’était votre premier voyage en France?

Oui, c’était mon premier voyage sur la France.

 

C’était comment?

Ah, c’était bien. Vraiment on  a été gâté. Tout ce qui est transport en commun en Europe, on a beaucoup  pris. On a effectué des visites sur certains sites touristiques et historiques. On nous a même montré le premier ballon de football  qui a été jouée en France.

 

On vous connaît aussi volleyeuse. Par rapport à ces deux disciplines, s’il arrivait que les deux championnats coïncident, quel  est en ce moment votre choix?

Ça dépend de comment je me suis préparé. Le taekwondo, c’est un jeu individuel par contre le volley c’est un jeu collectif. Donc si je sais que je me suis bien préparé pour les deux, ça dépend aussi du niveau des championnats. Je n’ai pas un choix que je peux faire au hasard.

 

Entre le volley-ball et le taekwondo, lequel vous choisirez?

Pour le moment, je ne saurais le dire mais j’évolue dans les deux. Mais je voix que ces derniers temps, j’évolue plus au volley-ball.

 

Alors comment voyez-vous l’avenir du volley-ball Béninois?

Je peux dire que le volley-ball béninois a évolué aujourd’hui par rapport aux années antérieures. C’est vrai que j’ai dit que le volley-ball a de bel avenir devant lui mais si on continue de négliger la discipline, il n’y aura pas de relève. Il faut donc penser tôt à la relève. Si non, il y a des clubs qui ne vont plus exister. Par exemple, l’équipe de  Postel volley-ball club qui faisait la fierté de tout le monde sur les plans national et international  a disparu.  Je veux inviter les autorités à divers niveau à s’intéresser plus aux sportifs béninois et à les encourager. C’est vrai que ceux qui nous suivent ne nous encouragent pas vraiment à évoluer.

 

Si on vous dit d’aller à l’extérieur pour continuer le taekwondo, laisserez-vous vos études?

C’est un choix facile à faire. On sait que nos parents veulent qu’on devienne quelque chose demain. Ils y tiennent. Parfois, ils sont intransigeants. Nous, les jeunes, on a la facilité de choisir mais il faut qu’on soit  d’abord sûr qu’à la fin on aura un emploi. Mais si la fédération m’envoie par exemple continuer à l’extérieur, c’est que mon avenir est garanti. Du retour au pays, je serai l’une  des spécialistes de la discipline. Alors, ce serait facile pour moi de faire un choix surtout que j’ai déjà évolué un peu dans les études. Je ne dirai pas que je fais le sport sans les diplômes.

 

C’est parce qu’il n’y a rien ces derniers temps dans le taekwondo que vous faites plus le volley-ball?

Non. Au fait je dois changer de catégorie. Je passe d’une catégorie à une autre mais comme je ne suis pas encore championne de cette année dans ma catégorie avant de changer, ça me décourage un peu. J’ai analysé et j’ai vu que cette année je n’ai rien foutue. La finale que j’ai perdu m’a beaucoup mis hors de moi-même. Au volley, on me dit que j’ai progressé. J’ai été élue comme meilleure réceptionneuse, si je peux m’exprimer ainsi, et ma position est prise pour être enseignée à la base. Cette année mon club du village SOS a été vice-champion mais il faut dire qu’au Bénin c’est la passion qui amène les sportifs à avoir des résultats. Il n’y a  pas de moyens pour accompagner les athlètes.

Maintenant qu’un sportif est à la tête du ministère de tutelle, vous pensez que les choses vont s’améliorer?

Oui, j’ai toujours dis que si un sportif prend les rênes de ce département ministériel, les choses allaient évoluer. Celui qui est là a évolué dans les mêmes conditions que nous alors, il sait ce qu’il nous faut. C’est à lui de nous montrer que le président de la république n’a pas  tort de porter son choix sur lui pour diriger le ministère de la jeunesse des sports et des loisirs.