La Nouvelle Tribune

Dr François Ahlonsou à propos de la pénurie de sang: « Le crédit de 2011 n’est pas consommé... »

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Depuis quelques temps, le système transfusionnel béninois est paralysé suite à la non nomination des responsables devant gérer ce système transfusionnel au Bénin. Conséquence, on remarque une pénurie criarde de poches de sang dans les hôpitaux et dans les centres départementaux de transfusion sanguine. Le pire, durant tout le week end dernier et plus précisément dans tout le sud Bénin, il a manqué sérieusement des poches de sang, ce qui aurait entrainé d’énormes pertes en vies humaines. Le Dr François Ahlonsou, cadre et un des responsables du centre national de transfusion sanguine se prononce sur ces irrégularités et les solutions pour y remédier un temps soit peu.

Décliné votre identité ?

Dr François Adjimon Ahlonsou, cadre du centre national de transfusion sanguine.

Nous avons appris qu’il y a pénurie criarde de poches de sang dans certaines régions du pays. Dites-nous les vraies raisons ?

Durant tout ce week end, nous avons été interpellés, parce que de tout côté et surtout dans tout le sud Bénin il manquait sérieusement des poches et on ne pouvait même pas approvisionner les malades qui en ont besoin. Ce qui pourrait occasionner éventuellement plusieurs morts.

En tant que un des responsables du système transfusionnel béninois, la transfusion sanguine est une urgence médicale car il n’y a pas de tergiversation. Il faut que le sang soit disponible et accessible financièrement pour que le patient soit sauvé dans les minutes qui suivent.

Depuis deux ans que le centre national de transfusion sanguine dont le décret est signé depuis le 31 décembre 2009, les responsables devant prendre la tête du système transfusionnel ne sont pas nommés. Le DG centre national de transfusion sanguine, l’agent comptable et d’installer le conseil d’administration du centre national de transfusion sanguine. Ceci n’est pas depuis deux ans et tous les centres départementaux de transfusion sanguine sont en situation difficile.

Comment pensez-vous remédier à ce problème qui ne cesse d’occasionner des victimes ?

Il est question aujourd’hui que dans les brefs délais ce problème soit réglé. Le ministre de la santé est au courant et elle a été également victime une fois de cette pénurie de sang, mais elle a promis de prendre les taureaux par les cornes. Le système transfusionnel béninois est en agonie. Il est question que nous nommons très rapidement ces gens, moi je ne suis en rien candidat à n’importe quel poste.

Qu’est-ce qui bloque depuis la mise en œuvre des réformes du système transfusionnel au Bénin ?

Nous avons retenus au séminaire du 03 et 04 juillet 2008 la réforme du système transfusionnel béninois. Il est question que cette réforme soit opérationnelle dans les plus brefs délais, ce qui n’est pas aujourd’hui le cas. On n’a pas consommé jusque-là aucun crédit disponible de 2011 qui s’élève environ à plus de 269 millions FCFA.

Avez-vous un appel à lancer à l’endroit des autorités compétentes ?

Nous sommes tous coupables et responsables de cette pénurie de sang de ce mois de juillet 2011. Les autorités à divers niveaux doivent prendre leur responsabilité, la jeunesse consciente est disponible, mais tout ce qu’il faut comme politique de communication n’est pas prêt, même les partenaires techniques et financiers attendent que la mise en œuvre de l’autonomie financière du système transfusionnel béninois pour nous appuyer massivement. Nous avons fait un plan de développement, un plan directeur et normalement rien ne devrait empêcher si ce n’est pour le moment que ces nominations.

Propos recueillis par Ismail Kèko