La Nouvelle Tribune

Conférence-débats « Devoirs et obligations du citoyen dans le processus électoral»

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Pour que le citoyen fasse le meilleur choix possible(Lire l’interview du conférencier Joseph Djogbénou) En prélude à la conférence-débat qu’il introduit dimanche prochain sur le thème « Devoirs et obligations du citoyen dans le processus électoral», le professeur agrégé des facultés de droit Joseph Djogbénou, livre dans la présente interview les raisons qui sous-tendent cette rencontre. En même temps, il donne son avis sur la division qui s’installe au sein de la société civile par rapport à la désignation de son représentant à la Cena. Pour lui, force doit rester à la loi …

Bonsoir Me Djogbénou. Vous animez dimanche prochain une conférence-débat sur le thème  « Devoirs et obligations du citoyen », quelle est l’opportunité de cette activité ?

Vous savez que nous traversons une période électorale aux activités intenses. Les uns pour conquérir les électeurs les autres pour les guider dans leur choix, et il était important de réfléchir sur la question essentielle des  obligations des devoirs du citoyen. C’est donc rempli de cette intention et de cette conscience que l’aumônerie des cadres et intellectuels du Bénin, a choisi de débattre de la question et je suis heureux de pouvoir introduire ce débat.

Quels sont les invités à cette conférence-débat ?

Je pense sans faire dans les illusions que vous aurez  la plupart des cadres d’abord chrétiens catholiques du Bénin, ensuite c’est un espace suffisamment ouvert. En tout cas personne, je dirai même des personnalités conscientes de l’enjeu que représentent les prochaines élections dans ce pays ne devraient s’absenter. C’est un peu comme une session de renforcement des capacités des citoyens que nous sommes. Le premier défi de cette conférence-débat que nous organisons c’est d’aguerrir le citoyen. Un  bon choix du citoyen débouche toujours sur une bonne gouvernance, un mauvais choix du citoyen débouche par contre sur une mauvaise gouvernance. Notre objectif en organisant cet échange, c’est de faire en sorte que le citoyen fasse le meilleur choix possible dans les circonstances que traversent actuellement le Bénin et l’Afrique.

Me Djogbénou, l’actualité c’est la Lepi qui est entrain d’exclure plus d’un million de béninois de leur droit de vote, que préconise votre conférence ? Est-ce que des résolutions seront prises par rapport à cette inquiétude ou trouverez-vous des solutions à cela ?

La conférence n’est pas un lieu de solution, c’est peut être un cadre d’interpellation et de réflexion ardues en situation urgente. Nous sommes dans une situation d’urgence. Et par rapport à laquelle il faut se décider très rapidement sinon ça va se compliquer. Encore une fois, nous allons nous adresser aux citoyens que nous sommes et nous allons interpeller ceux qui sont appelés à prendre des décisions. Donc il n’aura pas de solutions, nous n’allons pas opérer une mutation d’un lieu de débat en un lieu de décisions.

Puisque vous m’interrogez sur la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), dans le cadre général des élections, regardez aujourd’hui nous avons la plupart des lois électorales qui sont promulguées en retard, mais nous avons la Cena qui se fait encore désirer. Nous espérons qu’avant dimanche prochain la Cena sera installée, et, au moment où nous allons tenir cette conférence-débat nous puissions dire Alléluia ! la Commission électorale nationale autonome est installée. Dans tous les cas, nous sommes dans une situation d’extrême urgence et on va devoir faire avec, puisque vous me parlez de millions de béninois en rade. Effectivement c’est une réalité et il y a un choix assez important à faire, j’allais dire un choix vital à faire entre sauver ce qui reste encore du processus démocratique dans notre pays et faire en sorte que de manière totalement universelle, chaque citoyen qui remplisse les conditions puisse être inscrit. Il me semble déjà que tous les citoyens en âge de remplir leur devoir civique ne seront certainement  pas sur la liste. Je dois préciser tout de même que dans tous les cas et dans tous les pays, tous les citoyens ne sont pas inscrits. Certains de manière volontaire et d’autres contraints par des obligations, et d’autres encore voient cette situation leur est imposée par des turpitudes administratives. La particularité du Bénin c’est que la troisième catégorie se retrouve largement dans ce que vous êtes en train d’exposer et c’est fortement regrettable. Mais faisons en sorte que la plupart de ces compatriotes, de ces citoyens puissent dans l’ouverture qui est faite par la Commission politique de supervision (Cps) et la Mirena, accomplir leur devoir civique et espérer le faire davantage lorsqu’il s’agira de voter pour les députés ou le président de la République.

Actuellement, la société civile est divisée en deux sur le choix de son représentant à la Céna, et on tend même vers un recours devant la Cour Constitutionnelle. En tant que praticien du droit, quelle lecture faites-vous de cette situation ?

D’abord j’espère que les deux ailes sont constitutives du corps d’un oiseau. Et sans ses deux ailes, l’oiseau ne vole pas et j’espère que l’oiseau volera. Cela dit, vous savez que dès le départ nous au niveau de Fors-élections avons choisi de ne pas ajouter une crise à la crise et de faire en sorte que tout se passe normalement. Je le réaffirme, nous ne sommes pas dans le processus électoral. Cela ne veut pas dire de notre part que nous décourageons les organisations qui souhaiteraient y aller. Au contraire il faudrait qu’elles y aillent. En cela on devrait espérer que tout se passe normalement. Cela fait partie déjà des devoirs du citoyen, lorsque la loi ouvre des perspectives aux citoyens, elle précise les conditions que l’on doit remplir pour être éligible à cette perspective. Regardez, la loi a dit les associations de bonne gouvernance, de gouvernance démocratique. Au fond, posons-nous d’abord, nous-mêmes la question avant de créer une espèce de crise. En fait de crise, il y en a pas, à moins que l’on décide d’être aveugle. On connaît les associations qui sont dans la gouvernance démocratique et la loi ajoute, ayant cinq (5) années d’exercices au moins. Il y a des conditions élémentaires, il y a la preuve au journal officiel. Ainsi les associations qui désireraient y  aller, doivent justifier tout au moins de ces éléments qui me paraissent fondamentaux. Si on avait répondu à ces conditions, on aurait pu atteindre l’idéal que l’on est en train de chercher à savoir une désignation sans contestation. Chaque pouvoir politique, au niveau du gouvernement comme au niveau de l’opposition nourrit la volonté d’avoir quelqu’un favorable à ses positions à la Cena. Et là, ce que vous appelez la société civile, n’est pas épargné de ces tiraillements politiques. C’est ce qui donne d’ailleurs lieu à ces clans que nous observons chaque fois qu’il y a lieu de choisir un représentant. C’est en tirant conseils des conséquences de ces situations que nous nous sommes décidés à renoncer à ce processus de désignation.