La Nouvelle Tribune

Jean-Marie Ehouzou

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« Le nouvel Ambassadeur du Bénin à  New York sera un diplomate »

Cela fait exactement un an que le département ministériel chargé des Affaires étrangères a un nouveau patron. Diplomate rompu, Jean-Marie Ehouzou a pris les rênes de cet important ministère pour relever les défis qui s’imposent à la diplomatie béninoise que le Chef de l’Etat voudrait voir devenir une diplomatie de développement. Dans l’interview qu’il nous a accordée, le ministre Ehouzou fait le bilan des différentes  actions qu’il a menées en un an à la tête de ce département ministériel. Il n’a d’ailleurs occulté aucun sujet. Par rapport à la polémique née autour de la nomination prochaine d’un non diplomate à la tête de la Représentation permanente du Bénin à New York,  Jean-Marie Ehouzou rassure que tout se passera dans les règles de l’art. Selon lui, le prochain Représentant du Bénin à New York sera sans nul doute un diplomate.

L’Evénement Précis : Monsieur le ministre, lorsque vous avez été nommé le 22 octobre 2008, cela fait exactement deux ans, quels ont été à l’époque vous sentiments ?

Jean-Marie Ehouzou : Naturellement, une nomination du genre ne peut que susciter une grande émotion. Je sortais d’une réunion à New York quand j’ai eu l’information. L’émotion était si forte que mes collègues ambassadeurs présents avaient cru dans un premier temps que je n’allais pas bien. Je leur ai annoncé quelque temps après que je venais d’être nommé ministre, une nouvelle à laquelle je ne m’attendais pas du tout à ce moment précis.

C’était l’ampleur des charges qui vous avait tant ému ?

Bien sûr. Sur le coup, je me suis demandé si je serais à la hauteur de la tâche.

Et un an après ?

Un an après,  je pense que tout se passe très bien pour moi. Je suis passionné par le travail que je fais.

C’est votre secret ?

Oui. Je suis un vrai passionné de mon travail. Passionné à un niveau très élevé. Je n’arrive pas à me déterminer en dehors du travail. Ma fonction me prend énormément de temps et je n’ai pas le temps ni l’envie de penser à autre chose.

Au bout d’un an, quel bilan pouvez-vous faire ?

Au bout d’un an, la première  des choses que j’ai initiée ici, c’est d’abord le contact régulier avec la presse, pour la sensibiliser par rapport au rôle éminemment important qui incombe aux diplomates béninois dans la vie de la nation. Ce que beaucoup de gens ne savaient pas. On nous étiquetait tout simplement par le port de la cravate, de la pochette et par les mondanités. Mais le travail de fond qui se fait, personne ne savait. Ce travail de fond, c’est quoi ?  C’est  de contribuer au financement du développement de notre pays. Une diplomatie de développement, c’est une diplomatie qui sensibilise la communauté internationale sur la nécessité pour le Bénin d’atteindre les objectifs de développement du millénaire. D’une manière générale, on a arrêté des engagements internationaux depuis plusieurs années, mais  ces engagements internationaux n’ont pas été respectés par les pays donateurs. Il faut donc continuer à sensibiliser la plupart des pays développés sur la nécessité d’accorder 0,7% de leur PIB pour l’aide au développement en faveur des pays pauvres. Nous faisons beaucoup d’efforts au Bénin déjà pour le financement endogène de notre développement. Mais il faut que la communauté internationale apporte sa contribution pour soutenir les efforts du gouvernement béninois. Il s’agit là d’une préoccupation permanente qui appelle une redynamisation de l’action diplomatique de notre pays autour de la vision du Chef de l’Etat. C’est à cette tâche que je m’attelle depuis un an, avec mes services, à travers le renforcement de la coopération entre le Bénin et ses partenaires traditionnels et surtout la conquête de nouveaux partenaires. C’est ce qui justifie les fréquentes visites du Chef de l’Etat à l’extérieur, lesquelles ont comme conséquence le regain d’intérêt de la communauté internationale pour notre pays, comme en témoignent les visites d’importantes personnalités étrangères dans notre pays. Je voudrais mentionner, pour ne citer que celles-là, les visites au Bénin de la Présidente de Finlande, du Premier Ministre koweitien et du Ministre d’Etat indien chargé des affaires étrangères.  Par ailleurs, la plupart des projets qui ont été développés ces dernières années, les infrastructures qui ont transformé le visage de la ville de Cotonou, le développement agricole, le soutien apporté au secteur de la santé et au secteur de l’éducation, etc. ont été possibles grâce à une contribution substantielle de nos partenaires au développement.

Donc en tant que ministre des Affaires étrangères, vous avez un rôle transversal ?

Absolument. Le ministre des Affaires étrangères, le diplomate tout court, a une mission transversale. Il est le porte-voix à l’extérieur des aspirations du peuple béninois dans tous les domaines.

Est-ce que vous pouvez aujourd’hui faire un point des grands projets que vous avez pu négocier pour le Bénin en un an ?

Lorsque j’ai été nommé, j’ai revisité les priorités du Gouvernement. A partir de la vision du Chef de l’Etat qui est celle de faire du Bénin, un  pays émergent, j’ai entrepris un dialogue avec les Missions diplomatiques et organisations internationales basées ici à Cotonou pour les sensibiliser davantage à accompagner véritablement cette vision, à travers une contribution plus accrue et plus ambitieuse. Les missions effectuées avec le Chef de l’Etat à l’étranger nous ont permis d’obtenir de nouveaux engagements financiers de la part de ces partenaires. A titre d’exemple, la visite aux Pays-Bas, en janvier 2009,  a débouché sur l’octroi par le gouvernement néerlandais d’une subvention exceptionnelle de six (06)  millions d’euros sur trois ans, soit deux millions d’euros par an, au profit du secteur de l’éducation. Celle effectuée en Inde par le Chef de l’Etat, en mars 2009, a abouti à l’inclusion du Bénin dans le groupe restreint des pays africains bénéficiaires de la concentration de l’aide indienne au développement, le Team 9, ainsi qu’à d’importantes annonces de financement dans les domaines de l’agriculture, des transports ferroviaires, de l’électrification rurale, des nouvelles technologies de l’information et de la communication, dont la matérialisation est au cœur de la visite de travail qu’effectue le ministre indien des Affaires étrangères dans notre pays depuis le jeudi dernier. Je dois préciser que pas plus tard que le lundi dernier, notre Ambassadeur près la République de l’Inde a signé avec la partie indienne une convention de financement d’une valeur de quinze (15) millions de dollars, dont une bonne partie sera affectée à la réhabilitation de l’OCBN. L’offensive diplomatique menée en direction des pays du Golfe est à l’origine de la visite du Premier Ministre koweitien dans notre pays, au cours du mois de juillet dernier, visite au cours de laquelle d’importants accords ont été signés pour le financement au Bénin de plusieurs projets, notamment dans le domaine des infrastructures (financement à hauteur de 5 milliards de FCFA de la route Kandi-Ségbana-frontière du Nigeria) et de l’agriculture avec le Projet de développement agricole des communes (PDAC), qui vise à développer le potentiel agricole de 30 communes de notre pays. Plus récemment, lors de ma tournée en Amérique centrale et du nord, au début du mois en cours, j’ai négocié avec les responsables du Laboratoire cubain LABIOFAM, S.A. un projet de lutte contre le paludisme, qui est une maladie complètement éradiquée à Cuba. Des experts de cette firme sont actuellement à Cotonou dans ce cadre. Bref, la liste des projets négociés au profit de notre pays grâce à l’action de notre diplomatie, est longue et continue d’ailleurs de s’allonger.     

En douze (12) mois, l’administration est une continuité, qu’est-ce qui a été fait  au Ministère des Affaires étrangères et qui porte la marque du ministre Jean-Marie Ehouzou?

L’une des actions majeures que j’ai entreprise au lendemain de ma nomination, a été l’organisation de la Conférence des Ambassadeurs en février dernier. Il s’agit d’une grande manifestation diplomatique qui a réuni l’ensemble des chefs de missions diplomatique et consulaire du Bénin à l’étranger, et qui nous a permis de diagnostiquer sans complaisance les maux qui entravent l’efficacité de notre action diplomatique. Je dois rappeler qu’il s’agit de la première conférence des Ambassadeurs de l’ère du Renouveau démocratique et la deuxième organisée dans notre pays, après celle de  1981.  L’organisation de cet événement est un pari gagné. Chaque ministre qui arrivait en prenait l’initiative, mais ne parvenait pas à la réaliser. J’en ai fais une priorité de tout premier ordre après ma nomination et grâce à une détermination obstinée, ce pari a été gagné. Il y a également les rencontres fréquentes avec la presse, que j’ai évoqué plus haut, initiées pour faire connaître davantage l’action du Ministère des Affaires Etrangères. J’ai également initié quelques réformes institutionnelles, avec la création de nouvelles structures comme la Direction des Opérations de Maintien et de Promotion de la Paix (DOMPP), le démarrage effectif des activités de l’Institut des Relations Internationales et des Etudes Stratégiques (IRIES), la nomination aux différents postes de responsabilités autrefois vacants, etc. De même, nous avons engagé une extension de la carte diplomatique du Bénin à l’étranger, avec l’ouverture de quatre (04) nouvelles ambassades notamment à Doha, au Qatar, à New Delhi, en Inde, à Rome, en Italie et au Vatican.  Mais ce qui importe le plus à mes yeux, c’est la participation régulière du Bénin à toutes les grandes rencontres internationales, à toutes les conférences de l’Union Africaine et des autres organisations régionales et sous-régionales, à travers une contribution de qualité. Je reviens d’ailleurs de New York où j’ai pris part à la 64ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies. J’ y étais en tant que chef de la délégation béninoise et surtout en tant que porte-voix du gouvernement béninois et de son Chef. J’ai délivré au nom du Chef de l’Etat, un message à la tribune des Nations Unies, qui expose la perception de notre pays des grandes préoccupations internationales actuelles. Vous en avez eu l’écho, j’espère.

Vous avez aussi rencontré le couple Obama…

J’ai effectivement rencontré le couple Obama. En tant que chef de délégation béninoise et représentant du Chef de l’Etat, j’ai été reçu par le Président Obama avec lequel j’ai échangé des vues sur l’état de la coopération bénino-américaine. Dans la même journée, j’ai été reçu par Monsieur Johnnie Carson qui est le Sous-secrétaire d’Etat aux affaires africaines. Pendant près d’une heure, nous avons ensemble fait le point de la coopération entre Cotonou et Washington en insistant notamment sur les perspectives. Le prochain ambassadeur des Etats-Unis près le Bénin, qui arrive à Cotonou le 25 octobre prochain, a déjà un agenda bien chargé.


Que faites-vous pour raffermir les relations entre le ministère  et les Béninois de l’Extérieur?

D’abord, partout où je passe avec le Chef de l’Etat, nous tenons des rencontres avec les Béninois de l’Extérieur, que ce soit à Brazzaville, à Paris ou aux Pays-Bas. Nous les encourageons à mieux s’organiser et à contribuer davantage à l’œuvre de développement national. Au Ministère des Affaires Etrangères, pas moins de trois structures s’occupent des relations avec la diaspora béninoise. L’importance que j’accorde à ces compatriotes, m’a aussi amené à nommer une conseillère technique chargée de la diaspora. Maintenant, il est question d’organiser le transfert par des canaux officiels de l’apport de la diaspora, parce qu’on peut réaliser beaucoup de projets grâce à cet apport. Au lieu que les Béninois de l’extérieur envoient de l’argent à des amis ou à des collectivités, il vaut mieux que cela soit  plutôt des transferts qui permettent de réaliser des projets qui servent à la collectivité. Nous avons avec les Français mis en place un programme de co-développement destiné à orienter la contribution de la diaspora vers la réalisation de projets de développement soutenus par la France. La convention signée dans ce cadre entre nos deux pays en 2007, a déjà été ratifiée de part et d’autre. Grâce à ce programme, le Bénin pourra bénéficier le mieux des compétences des Béninois  vivant en France, qui constituent une diaspora de qualité composée de grands intellectuels, de médecins, d’ingénieurs et de hauts cadres qui travaillent dans les administrations françaises.

Il y a eu en septembre dernier, les  élections à la tête de l’Unesco. Votre ministère en a été partie prenante puisque vous avez été membre de la  commission qui a fait la campagne pour Tidjani Serpos. Quelles leçons tirez-vous aujourd’hui de l’échec du Bénin ?

D’abord, mon Ministère n’a pas été partie prenante. C’est le ministère des Affaires étrangères qui a organisé et supervisé la campagne de notre candidat. Tout le monde a été mis à contribution dans ce cadre, mais nous avons malheureusement essuyé un échec. Vous savez, quand on se lance dans une campagne électorale, il faut s’attendre à réussir ou à échouer. Il n’est pas prudent de miser exclusivement sur le succès. La chance n’était pas à notre côté cette fois-ci.

Cela veut dire que vous étiez préparé à l’échec ?

Non, ce n’est pas qu’on était  préparé à l’échec. Mais il est l’une des éventualités à ne pas écarter, c’est des choses qui arrivent. Nous avons gagné dans un passé récent d’autres campagnes, comme celle qui a conduit à la nomination de notre compatriote Luc Gnacadja comme Secrétaire Général adjoint des Nations Unies sur une liste de 25 candidats. N’oublions pas que le candidat égyptien au poste de Directeur général de l’UNESCO, qui était par ailleurs le candidat de l’Union Africaine, a aussi échoué malgré une campagne très offensive.

Il fallait déjà retirer la candidature du Bénin, puisque déjà en mai, c’était trop tard.

Nous avions voulu et décidé de défendre notre candidature jusqu’au bout malgré le retard, parce que nous espérions pouvoir profiter des faiblesses des autres candidatures. Et puis nous avions un très bon candidat, un éminent intellectuel et surtout un homme du sérail.  On a tenté et puis comme nous avons senti que notre candidature handicapait le candidat égyptien, nous avons été obligé, par solidarité africaine et par discipline enfin, il faut le dire, de soutenir la candidature égyptienne pour que le Bénin ne soit pas tenu responsable de l’échec du candidat  de l’Union Africaine. Nous avons retiré notre candidature après les deux premiers votes, ayant constaté que le score de notre candidat qui est de deux voix, n’avait pas évolué. S’il avait évolué de deux à cinq par exemple, on aurait maintenu sa candidature contre vents et marées. Mais notre candidat n’était pas le dernier des neuf. Nous aussi, on a battu certains candidats. On était en avance par rapport au Tanzanien, à l’Algérien. On n’a pas eu zéro voix comme d’autres. Les leçons à tirer, c’est que  si tant est que tous les candidats ont leur chance, il faut prendre quand même certaines dispositions à l’avenir : préparer sérieusement les campagnes. Nous avons commencé un peu tardivement cette campagne-là, il faut le reconnaître. Les autres étaient en campagne bien avant nous.

Et le Bénin a mis 250 millions de Francs pour battre cette campagne ?

La campagne, c’est de l’argent. Partout, c’est cela. Allez demander, si c’est possible, ce que les Egyptiens ont dépensé. C’est une meute de journalistes de la Télévision égyptienne qui était présente lors des élections. Tous les autres candidats ont eu recours à de grands moyens. Nous, nous faisons toujours avec le peu de moyens dont nous disposons et, vous pouvez me croire, ce n’est pas facile.

Il paraît que la  candidate bulgare élue n’a pas autant dépensé…

Ce n’est pas vrai. D’abord, la Bulgare a fait le tour du monde. Elle est même arrivée au Bénin, accompagnée par un Vice-premier ministre et une délégation d’une bonne dizaine de personnes. Ils ont fait le tour de plusieurs capitales africaines. Elle était à Addis-abeba en janvier dernier. Elle était également à Syrte lors du dernier sommet de l’Union Africaine, avec une forte délégation.  Et puis, à ma grande surprise, nous l’avions rencontrée à New Delhi, lors de la visite du Chef de l’Etat. Ils étaient en campagne là-bas au mois de mars dernier. Mais peut-on faire le tour du monde avec une délégation d’au moins dix personnes pour moins de 250 millions de francs CFA ?

Qui porte aujourd’hui la responsabilité de l’échec du candidat béninois ?

Personne ne porte la responsabilité de l’échec. Quand on va à une élection, on gagne ou on échoue. On a échoué cette fois, à notre grand regret.

Est-ce que le Chef de l’Etat était pleinement engagé ?

Le Chef de l’Etat était trop engagé. C’est lui le premier diplomate de ce pays. S’il n’avait pas donné son quitus, est-ce que la campagne aurait pu se dérouler ? Sans son accord, puisque c’est lui qui préside le Conseil des Ministres, les 250 millions mis à disposition pour la campagne, qui constituent une somme importante, il faut le reconnaître, n’auraient pas été débloqués.

Est-ce qu’il y a des reliquats ?

Oui, il y a des reliquats et le compte rendu sera fait. On a veillé au grain. J’ai personnellement veillé à ce que des dépenses qui ne sont pas essentielles ne soient pas faites. Le candidat a présenté des factures dont les montants lui ont été remboursés. L’Ambassadeur du Bénin à Paris, M. Albert Agossou, qui était le directeur de campagne, était même rentré, il y a quelques jours seulement, pour faire le compte rendu de la campagne au Chef de l’Etat. Il était venu expressément pour cela, sur mes instructions compte tenu de la campagne d’intoxication dirigée depuis quelque temps contre le ministère des affaires étrangères et le ministre d’Etat chargé de la Défense au sujet de cette affaire. L’implication du Ministre d’Etat Kogui N’Douro visait à donner un niveau de représentation élevé à la délégation béninoise lors des élections à Paris. Avec d’autres ministres du Gouvernement, plusieurs missions ont été également menées notamment en Afrique du Sud, au Niger et au Maroc pour faire la promotion de notre candidature. On a fait tout ce qu’on a pu en vain.

Monsieur le ministre, l’une des polémiques agitées ces derniers temps, c’est la supposée nomination d’un non diplomate à la tête de la mission diplomatique à New York. On ne vous a jamais entendu vous prononcer sur ce sujet. Est-ce que réellement, le Chef de l’Etat avait l’intention de le faire, et où est-ce qu’on en est  dans ce dossier?

De toutes les façons, vous verrez à travers les prochaines nominations que le poste de New York reviendra à un diplomate de carrière. Je n’en dirai pas plus.

Quelles sont  les perspectives de  votre ministère pour 2010 ?

Les perspectives de 2010 sont nombreuses. 2010, c’est une année symbole. C’est d’abord les 20 ans de notre démocratie et les 50 ans d’indépendance de notre pays. Ce sont là des événements qu’il faut célébrer au plan international. Et c’est aux diplomates de travailler à la mobilisation internationale autour de ces deux événements, car le Bénin est reconnu dans le monde entier notamment pour  sa stabilité politique, le bon fonctionnement de ses institutions et la vitalité de sa démocratie.

Est-il facile d’être le ministre des affaires étrangères de Boni Yayi ?

{mosgoogle}Oui, bien sûr. Mais le travail vous absorbe. Parce que le Président est à 100 à l’heure et nous aussi on court avec lui. Il y a beaucoup à faire lorsqu’on est ministre des Affaires étrangères. Pour ma part, je m’emploie à rendre dynamique notre diplomatie, en renforçant notamment nos missions diplomatiques à l’étranger. Déjà, quelques ambassades ont été étoffées.  La mission permanente du Bénin à New York ne peut plus se plaindre de personnel. En attendant la nomination du nouvel ambassadeur, l’équipe fonctionne et dans toutes les commissions des Nations Unies, le Bénin est représenté. Un attaché de défense s’occupe des questions liées aux opérations de maintien de la paix.  Les moyens dont dispose le Ministère des Affaires étrangères, ne sont pas totalement suffisants, mais quand on va se battre mieux, on les obtiendra. Pour ce faire, le personnel doit bien travailler pour mériter la confiance du Chef de l’Etat. C’est ça le plus important. 
(L’Evénement Précis)