La Nouvelle Tribune

Mme Anne Cica Adjaï

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« Je ne crois plus à la lutte contre la corruption au Bénin, ».
La dame de fer et ancienne présidente de la Cellule de moralisation de la vie sous le régime du président Mathieu Kérékou, est l’invitée de cette semaine. Il a parlé du phénomène de la corruption. Dans cet entretien, elle a fait des propositions pour réduire la corruption qui gangrène nos sociétés avec beaucoup de détails.


A l’arrivée au pouvoir du président Boni Yayi en 2006, la cellule de moralisation de la vie publique que vous dirigiez en son temps a été très tôt dissoute. Est-ce que vous appréciez la manière dont cela a été fait ?
C’est une question ambiguë que vous me posez. C’est tout comme si vous me demander de me prononcer sur des intérêts personnels. Je n’aime pas mener un débat personnel. Moi, mon combat de tout le temps a été des combats pour la nation.
Est-ce que vous appréciez la manière dont la cellule a été dissoute ? Je préfère que la question soit posée autrement. Est-ce que vous pensez qu’à l’arrivée du président Boni Yayi, il serait plus indiqué d’évaluer la cellule de moralisation, d’améliorer ce qui a été fait. Sur ce plan, je pourrai vous répondre.

Qu’est-ce que vous en répondez ?
Disons que le chef de l’Etat avait son  programme. Dans son agenda de campagne, il avait dit qu’il allait évaluer la cellule de moralisation de la vie publique et de l’observatoire de la lutte contre la corruption.
Je voudrais faire observer que la création de l’observatoire de la lutte contre la corruption est née de la volonté de cinq experts dont je fais partie. Cinq experts qui ont eu à rédiger le plan stratégique de lutte contre la corruption et qui avaient décidé de mettre en place un organe de suivi pour la mise en application de ce plan stratégique de lutte contre la corruption. C’est comme ça que  l’observatoire de lutte contre la corruption est né.
La cellule de moralisation avait dix ans et les expériences nécessaires. Le Chef de l’Etat  devrait évaluer les structures comme il l’avait dit. Mais la cellule n’a pas été évaluée.  Elle a été simplement dissoute.
{mosgoogle}Même après la dissolution, je dirai qu’on aurait pu prendre le contenu de cette structure qui a eu à travailler pendant dix ans. Au moment où nous prenions service à la présidence de la République, on n’était que simple conseiller technique à la moralisation de la vie publique, et c’est après que la cellule a été créée, parce que nous avons présenté au Président de la République d’alors, le Général Mathieu  KEREKOU, un programme ambitieux. On aurait pu prendre son contenu et l’exploiter. Cela aurait permis d’avancer et régler beaucoup de problèmes.

Après dix ans d’expériences dans la lutte contre la corruption par votre cellule, beaucoup de Béninois estiment que rien n’a changé dans le domaine. En votre temps, y-avait-il des réformes qui n’ont pas appliquées ?
Il y a eu beaucoup de réformes. C’est le lieu de rendre hommage au président Mathieu Kérékou Il y a eu  Le Front des organisations anti-corruption (FONAC). C’est lui qui a accepté que nous organisions ce forum les 26,27,et 28 mars 1998. A cette époque où nous avions eu à l’organiser, personne n’y croyait. On disait que c’était un forum de plus.
Je voudrais vous dire que le président Kérékou a osé nous laisser organiser ce forum car les autres structures  étrangères de lutte contre la corruption telle celle du Mali ont dit que c’était dangereux  d’organiser un tel forum aujourd’hui, Elles ont dit que cela pourrait provoquer un coup d’état à leur Président.
Le Fonac a été  une bombe et le président Kérékou l’a accepté. Vous connaissez les  résultats aujourd’hui. C’est une réforme du Président KEREKOU. L’Observatoire de lutte contre la corruption, le Code d’éthique et de moralisation des marchés publics, la mise en place de la première commission nationale des marchés publics que j’ai présidée pendant cinq ans, le guide des usagers, les mille préceptes pour l’éducation de la couche juvénile sont des réformes du président Kérékou.
La lutte contre la corruption, c’est des réformes et non les dénonciations. Il faut pousser loin les réformes.
Et l’on ne peut parler de la lutte contre la corruption  sans une administration performante. Nous avons mis en place quelque chose de très important, le guide des usagers qui permet de mettre en place une administration publique très performante et rigoureuse.
L’élaboration de des guides de Six volumes a coûté  extrêmement cher (environ 80.000.000 fcfa) et financé par les Danois. Dommage ! Il dort dans les placards.  La lutte contre la corruption, ce n’est pas les dénonciations.
Il faudrait que nous mettions la balle à terre et que nous réfléchissions et même sur le plan stratégique de lutte contre la corruption dans lequel 12 domaines ont été identifiés
Lorsqu’on vient au pouvoir, on essaie de faire le point. De l’existant, on prend ce qui est bon  pour continuer car cinq ans ce n’est pas suffisant pout tout faire. Nous n’allons pas reconstruire le monde aujourd’hui. Le monde a été déjà construit. Il ne reste qu’à l’améliorer.
Je vais relever que l’Inspection Générale d’Etat et la Cellule de Moralisation de la Vie Publique n’avait pas les mêmes attributions, l’une ne pouvait pas remplacer l’autre. La Cellule de Moralisation de Vie Publique est une structure de Prévention, d’éducation et de sensibilisation alors que l’inspection générale d’Etat est une structure qui conduit à la répression. On comprend que les dirigeants actuels n’ayant compris réellement cela aient laissé de coté tout le contenu de la cellule. Les deux doivent aller de paire. Au temps du Président KEREKOU, c’est la Cellule de Prévention qui a été créée .Au temps du Président c’est l’Inspection Générale d’Etat qui est créée. C’est parce que les structures traditionnelles de contrôle ont échoué que sur le plan international, que la réflexion a été menée pour créer les structures de prévention et les seconder.

C’est dire qu’avant l’arrivée au pouvoir du président Boni Yayi, il y a des réformes. Mais les Béninois constatent que vous avez gardé un silence total. Qu’est-ce qui explique cela ?
Mais, je ne vais pas parler dans le vide. Vous parlez quand on vous donne la parole, sinon vous aurez l’air de vous agiter. On vous appellera’’ aigris’’.

Moi, je ne serai pas une femme aigrie. Il faut avoir de la dignité et de l’allure.
Il ne faut pas parler pour le plaisir. Lorsque vous savez ce que vous représentez, et vos valeurs, vous attendez et vous observez. Les générations futures reconnaîtront ce que vous avez eu à faire et vous solliciteront.

Le président Boni Yayi a organisé à sa manière la lutte contre la corruption. Il avait même contre le phénomène. Malheureusement, jusqu’aujourd’hui, on continue de dénoncer le mal. Qu’en pensez-vous ?
(Rire). J’ai fait aussi la marche verte contre la corruption. J’étais chez moi quand on m’a dit que j’étais la femme qui incarne la lutte contre la corruption au Bénin. C’est vrai j’ai beaucoup travaillé sur ce volet. Je ne voulais pas le faire. Mais, les gens ont insisté et je suis partie. Vous imaginez : j’ai fait la marche en cravate avec des chaussures fermées. J’ai eu des ampoules.(Rire) Cela n’a pas été facile.
Mais je ne croyais pas tellement à cette marche car j’ai étudié les hommes pendant dix ans et ils ont plusieurs tours dans leurs sacs. Je me suis dit que c’est peut-être une autre forme de lutter contre la corruption. Il faut accompagner  le Chef de l’Etat. C’est peut-être une volonté. Nous avions marché.
Mais on aurait pu faire  autre chose, plutôt que de marcher. On aurait pu aller vers du concret que de marcher.
Dès que le président Boni Yayi a marché, tout le monde s’est mis à marcher dans tous les coins du pays. C’était une moquerie. Ils ont commencé par se moquer du président Boni Yayi et de nous tous. Voilà là où nous en sommes aujourd’hui.
Le président Boni Yayi devrait savoir que sans une bonne gouvernance, il ne saurait avoir de progrès économiques. C’est la pierre angulaire. Lorsqu’il n’y a pas bonne gouvernance, il y a mauvaise gestion des ressources humaines et de la crise politique. Il se trouve aujourd’hui le pied au mur : mauvaise gouvernance, mauvaise gestion des ressources humaines et mauvaise gestion de la crise politique. C’est clair. Il n’y a plus autre chose à faire. Il devrait en arriver là.

Cela veut-il dire que la lutte contre la corruption a échoué à l’ère du Changement ?
Je crois que c’est une lutte qui n’est pas facile. Lorsque je partais de la cellule, vous ne pouvez pas savoir ce que j’ai entendu : la cellule, c’est un machin Ils ont dit beaucoup de  méchanceté.
Elle n’a rien fait tout comme si c’était moi qui devrais prendre les décisions. Ceux qui sont venus après moi, aujourd’hui, ils n’ont même pas mis en place une seule réforme. La lutte contre la corruption, c’est des réformes.
Ils se sont rendus compte aujourd’hui que c’est extrêmement difficile et que celui qu’on met là pour lutter contre la corruption n’est pas lui qui décide. Ceux qui décident sont ailleurs.
Quand on dit que la lutte contre la corruption a échoué, aucune lutte n’a réussi dans le monde. Les gens font des efforts. Prenons le cas du Ghana, du Botswana qui font beaucoup d’efforts.
Mais le Bénin est en train de s’enliser. Nous nous enlisons de jour en jour  et on ne veut pas exploiter les expériences passées, parce qu’on pense que l’on détient la clé à ce fléau.
Il faut réfléchir tous les jours, parce que le corrompu réfléchit deux fois plus vite que celui qui est chargé de lutter contre la corruption. Lorsque vous mettez en place une réforme, le corrupteur  met 24 heures pour la contourner. Je peux vous dire qu’à l’époque, on faisait des descentes inopinées à la douane. Mais lorsqu’il y a eu un nouveau directeur de lutte contre la fraude, les petits délinquants passaient tout le temps à imiter la signature du nouveau directeur pour pouvoir mettre dans le circuit des dossiers parallèles. Vous voyez que ce sont des gens qui réfléchissent plus vite que ceux qui sont chargés de lutter contre la corruption.
En son temps, nous avions beaucoup travaillé à la douane. Aujourd’hui, on dit que la douane a de sérieux problèmes. La cellule descendait à la douane. On était partout dans l’administration.
On a fait une expérience au niveau de la douane. Nous avions mis un dossier dans le circuit et en 48 heures, nous sommes arrivés à le faire sortir. Mais pourquoi on ne peut pas exploiter ces expériences ? On a voulu faire de l’exclusion.
On dit’’ que  Madame est trop dure’’ et que lorsqu’elle va arriver, elle va vous dénoncer. Si on a eu peur de moi, c’est qu’on n’a pas voulu faire du sérieux. Ça se démontre aujourd’hui.

Le mal persiste. N’y-a-t-il pas une formule magique pour combattre la corruption ?
Il faut réfléchir sur des choses déjà exploitées. Il y a aujourd’hui le projet de loi anti-corruption. Le Bénin a ratifié la convention des Nations Unies contre la corruption.
Nous avions procédé à l’internationalisation de ce projet. Il est sur la table des députés depuis le 29  mars 2006. Nous étions le dixième pays du monde à ratifier cette convention.
Au lieu de faire une marche verte, on aurait pu se battre pour faire voter ce projet de loi qui est en train de dormir et tout le peuple aurait suivi et applaudi le Chef de l’Etat. C’est vrai  ce n’est pas le chef de l’Etat qui vote une loi. Ce sont les députés. Mais il faudrait qu’il démontre sa volonté d’aller de l’avant.
Dans  18 mois, nous aurons les élections présidentielles. Je crois que c’est le moment pour les Béninois de demander à tous nos présidentiables de tout faire pour voter cette loi. C’est-à-dire que ça doit être le plaidoyer des prochains présidentiables et du président de la République qui sera candidat à sa propre succession à l’endroit des députés.
Je vais emboîter un peu le pas à mon Doyen  l’Inspecteur Gonçalvès Paul que j’ai écouté sur une chaîne et qui disait ceci : « On ne me dira plus qu’on va lutter contre la corruption au Bénin et je vais y croire ». C’est vrai. Je n’y crois plus moi aussi. 
Par contre, ce que je souhaiterais est qu’on mette en place des balises pour réduire le phénomène et que les gouvernants, ceux qui vont arriver, puissent améliorer leur forme de gouverner.
Lorsqu’un élit un nouveau Président, il ne respecte ses engagements que pendant deux ans, après c’est la dérive totale.
Les gouvernants ne défendent la démocratie que lorsqu’ils ne sont pas au pouvoir. Arrivés au pouvoir, ils font pires que les autres en brimant les citoyens.
Analysons calmement la situation. En  1989,  les Béninois fatigués du régime marxiste léniniste pour mauvaise gouvernance ont demandé au président Mathieu Kérékou de partir avec son gouvernement et il y a eu la conférence des forces vives de la nation.
Il y a eu le président Nicéphore Soglo qui a promis rendre gorge aux fossoyeurs de l’Economie. Sa gestion aussi a été fortement  décriée ? Monseigneur de Souza, paix à son âme, est monté au créneau pour décrier la corruption.
Le président Kérékou est revenu  pour faire dix ans. On a décrié aussi la corruption généralisée.
Le président Boni Yayi est arrivé. Il a dit : « Moi, je ferai mieux. « Je travaillerai avec les hommes intègres, honnêtes, compétents ». Tout va changer. Je mettrai en place une bonne gouvernance ».
Au contraire, nous sommes en train de nous enliser. Il faut même pousser la réflexion au niveau panafricain et se poser la question : « Où allons-nous ? ».
Il faut mettre en place des textes pour réduire les dérives, parce que la volonté de lutter contre la corruption revient aux populations  qui sont victimes et souffrent.. C’est la masse qui doit pousser très loin la lutte.
Vous, journalistes, vous avez un rôle très important à jouer dans ce combat. Ce sont les médias qui permettent de déterrer les problèmes. Qu’on ne vous dise pas que demain, nous allons faire : corruption, tolérance zéro.
Cette volonté mielleuse de lutter contre la corruption, c’est seulement pour deux ans. Après, les gens tombent dans une dérive totale. On apprend à la population à marcher, à danser,  à applaudir, et puis ça s’arrête là.

Le dossier Cen-Sad qui est même l’incarnation  de la corruption fait l’actualité. Quelles analyses en faites-vous ?

Le dossier se trouve désormais aux mains de la justice. Nous espérons que la justice dira le droit et rien que le droit. Nous sommes dans le cadre de la séparation des pouvoirs. Lorsqu’un dossier se trouve dans les mains de la justice, vous ne devriez plus en parler. Mais  le rapport de la commission Pognon n’emporte pas  ma conviction surtout quand on dit qu’il y a des fautes mineures. Il n’appartient pas à une commission administrative d’apprécier une faute. Je suis désolée. Que la faute soit grave ou mineure, c’est au tribunal de l’apprécier.

Donc, la commission est allée au-delà de ses prérogatives ?
Je pense que la commission est allée au-delà de ses prérogatives en qualifiant la faute. Je voudrais que le droit soit vraiment dit, parce quand on lit entre les lignes, il y a beaucoup de choses que l’on voit.
C’est vrai que l’on  note une volonté du chef de l’Etat de lutter contre la corruption, parce que la population est en train de se soulever.
Mais  avons-nous la possibilité de réprimer ceux qui ont empoché les deux milliards de nos francs de surfacturation.
Je ne pense pas qu’il y ait une loi au Bénin, à mon avis, qui puisse réprimer la surfacturation à moins qu’on apporte la preuve contraire. Comment peut-on qualifier cette faute ? Est-ce un  détournement ou bien un vol ?
Vous savez  pour qualifier une faute, il faut un certain nombre d’éléments. Lorsque le juge ne voit pas tous ces éléments, il ne peut pas qualifier la faute.
Nous disposons d’un instrument juridique pour lutter contre toutes les formes de corruption.
La loi anti-corruption est un projet qui a 77 articles. C’est né de la volonté de tous les pays du monde et surtout ceux du Sud de lutter contre ce fléau. Il y avait plus de mille participants pour mettre en place cet instrument international et global de lutte contre la corruption. Ce projet anti corruption  comprend  la prévention, la répression, la restitution des avoirs, des échanges, la coopération internationale. La prévention est extrêmement importante. C’est un instrument parfait. Je ne vois pas pourquoi nous n’allons pas lutter pour que ce projet de loi soit adopté.

Le plus souvent lorsqu’on dit qu’un dossier est devant la justice, c’est une manière de la noyer. Qu’allez-vous faire pour que le dossier Cen-Sad ne connaisse pas le même sort que les autres ?
Il y a la séparation des pouvoirs. La justice fera son travail si l’on lui laisse la main.
La situation se complique en Afrique. C’est l’heure des illusions démocratiques. Il n’y a plus de démocratie. A un moment donné, nous avons décrié le système paternaliste qui avait jadis pour nom le monopartisme.
Malheureusement, nous vivons  aujourd’hui une  démocratie camouflée où nos dirigeants font tout pour contourner les lois et textes de la République. C’est plutôt la « démocrature » et non la démocratie. C’est dommage pour l’Afrique.. L’Afrique court après une démocratie qu’elle n’arrive pas à maîtriser, une gouvernance qu’elle n’arrive pas à saisir parce qu’elle ne tient pas compte de ses réalités, de ses traditions, de ses ethnies. Les africains doivent être plus responsables..

Vous êtes aussi femme politique membre d’un parti politique. L’Unpd,  est-elle de la mouvance ou de l’opposition ?

Les gens font trop de critiques. Il va falloir réfléchir et aller au-delà des critiques légères. L’Undp est sereine et s’est toujours déclarée de l’Union pour la majorité présidentielle et plurielle. Mais, cela ne veut pas dire que nous donnons carte blanche à qui que ce soit pour être élu en 2011. Nous disons que nous sommes de la majorité présidentielle plurielle qui est un  cadre de réflexions. Nous n’allons pas assumer les dossiers de détournements et autres. D’ailleurs L’Undp ne se prononce qu’à travers une convention pour décider du choix de son candidat. C’est à travers une convention que les militants se sont réunis pour désigner le candidat Boni Yayi pour les élections de 2006. Un député, ni un militant du Parti ne peut pas se lever pour dire que tel  candidat est celui choisi par le Parti.
Pour le moment nous écoutons et nous jouons le rôle d’avant-gardiste.
Le leader charismatique de l’Undp  le Président Emile Derlin Zinsou a été au pouvoir et il sait que l’exercice d’un pouvoir n’est pas facile.
Nous demandons que le peuple nous fasse confiance. Nous n’allons pas le trahir L’Undp ne trichera jamais avec sa conscience. Elle se trouvera dans le camp gagnant. A l’heure où nous parlons, les grands regroupements pour les prochaines échéances n’ont pas fini de se faire et de se défaire. Alors du calme.

Quel message, avez-vous à lancer aux Béninois ?
Mon dernier mot est d’appeler nos gouvernants à beaucoup plus de sagesse. Le président Boni Yayi a encore devant lui 18 mois.
En mois 18 mois, tout est encore possible.
{mosgoogle}Nous lui demandons de procéder à un réel changement en essayant de rétablir cette confiance que le peuple a placé en lui le 06 avril 2006. Car le peuple doute  de ses capacités de  vouloir  réellement changer les choses. Il y a souvent un écart entre l’humilité qu’on observe  en lui et les actes qu’il pose. Nous ne pouvons parler d’une prospérité partagée sans parler du progrès économique. Et cela suppose que nous avons une République réelle dans laquelle les nominations se font sur la base des  compétences, de l’intégrité, de l’honnêteté  et non sur la base des amitiés et connivences, une République où tous les pouvoirs ne sont pas concentrés entre les mains d’une personne.
Nous lui souhaitons de pouvoir  négocier  pour  récupérer les 75% qui lui ont fait confiance. Nous lui souhaitons beaucoup de chances. Que le Seigneur Dieu tout-puissant, l’éclaire et bénisse la nation béninoise.

Propos recueillis par Jules Yaovi Maoussi