La Nouvelle Tribune

Bill Andi : «Je prends le micro comme une arme contre les maux de la société»

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Etudiant en formation au Département d’Anglais à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), Hermann Gbegidé alias Bill Andi est artiste chanteur satirique de la musique moderne.

Dans un entretien qu’il a accordé à La Nouvelle Tribune sur son dernier album ‘’Le tout-puissant’’, l’artiste dénonce les maux qui ruinent le plus notre société et s’insurge contre la paresse et la recherche du gain facile par les jeunes d’aujourd’hui. Lisez l’interview.

Vous êtes étudiant en formation à la Faculté d’anglais à l’Uac. A priori vous êtes prédestiné à l’enseignement de la langue anglaise ou autres métiers en rapport avec votre formation. Mais vous avez choisi de faire la musique. Dites-nous quelles sont les motivations pour vous à entreprendre une carrière musicale.

Les motivations qui ont amené Bill Andi à chanter sont très simples. Déjà, je peux dire que, l’idée selon laquelle l’homme ne peut jamais être heureux tout seul m’amène à prendre le micro comme une arme pour chanter pour apporter la joie et la paix dans la société. Puisque dans la vie où nous sommes il faut forcément la paix. Pour parler de paix, étant donné que les artistes sont des ambassadeurs, peuvent dire tout haut ce que les gens pensent tout bas, m’amène également à prendre le micro que je peux déjà considérer d’ailleurs comme un don parental ou familial. Puisque mon grand- père maternel fut artiste chanteur de musique traditionnelle ‘’Tchinkoumè’. Je veux ainsi parler de l’artiste’’ Gbétchéhou’’ qui est un frère à ma grand-mère. Aujourd’hui moi aussi je devais faire le ‘’Tchinkoumè’’ mais je fais le r&b. Je chante en anglais. Parler de motivations, j’ai remarqué que nous sommes dans une société où les jeunes ne veulent plus faire d’effort pour gagner leur pain. Actuellement les crimes se commettent un peu partout. Bill Andi n’a pas voulu faire la musique mais il a été invité par la musique pour prendre le micro afin de corriger certains problèmes de la société en vue d’apporter la paix et le bonheur qui est l’expression de la vie. Etant artiste chanteur je veux corriger certains comportements malsains de la société à travers des messages forts qui touchent. C’est ça en fait ma motivation à faire la musique.

Votre dernier album est intitulé ‘’Le tout-puissant’’. Pourquoi ce titre ?

Ce titre parce que je vois que je suis venu sur cette terre par un créateur. Je vois que je ne peux rien faire dans cette vie sans mon créateur. Donc je dois le remercier. Normalement cet album devait être totalement du gospel. Il y a quelques morceaux gospel. J’ai intitulé cet album ‘’Le tout-puissant’’ parce que je me dis que tout ce qui existe sur cette terre, existe par la grâce du Dieu tout puissant. Je suis à son image. Je crois par lui je suis aussi tout puissant. C’est pourquoi j’ai intitulé l’album ‘’Le tout-puissant’’

Dans cet album vous avez dénoncé certaines tares de la société comme la méchanceté, l’hypocrisie, la jalousie, la violence. Pourquoi un accent sur ces maux parmi tant d’autres?

Je n’ai pris pas par hasard ces maux. J’ai dénoncé ces tares parce qu’ils sont ceux qui ruinent le plus notre société. Hommes et femmes, nous sommes les acteurs principaux de la société. Que tu sois jeune marié ou non marié tu dois être patient, sage et responsable. Par exemple dans le titre ‘’mon wouè dé’ qui veut dire ‘’telle elle est’’, j’invite les femmes à ne pas faire de la violence au foyer, à ne pas créer de problèmes à leur mari mais d’être moralement exemplaires dans la société. Dans le morceau ‘’mi nan tan’’ qui signifie ‘’coller la paix’’, j’ai parlé de la critique de la société vis-à-vis de l’individu. Ce morceau met en lumière l’influence des critiques de la société sur ce dernier, critique qui malgré tout, l’édifie. Là, je voudrais, pour paraphraser un peu Victor Hugo, dire: «ceux qui vivent, c’est ceux qui luttent.» Dans ‘’pas d’argent, pas d’amis’’ j’ai dénoncé l’hypocrisie des hommes. C’est un morceau qui fait l’inventaire de notre condition de solitude lorsque nous sommes dépourvus de biens matériels et financiers. Cela traduit l’idée que lorsqu‘on vit dans une condition financière favorable, on est sollicité de tout part. Tout le monde vous aime. En un mot, on ne vous aime pas mais votre argent plûtôt.

Le neuvième titre de l’opus, est : ‘’Go Afrika’’. Que voulez-vous traduire?

‘‘Go Afrika’’ est un titre à travers lequel j’interpelle les Africains à plus de leadership. J’interpelle les Africains à plus d’éveil, de veille et réveil car l’Afrique n’est pas une Afrique des guerres et des pleures. L’Afrique, C’est le berceau de l’humanité. L’Afrique est un continent très riche ou la vie devait se mouvoir comme un paradis où tout le monde devait être acteur légendaire un peu comme l’artiste international Afro-Américain Alioune Badaratia alias Akon. A travers son projet salvateur ‘’Akon Lighting’’ c’est-à-dire Akon illumine l’Afrique, pour lequel j’étais invité lors de sa décoration au Bénin le 25 janvier 2015 à Cotonou, pour une prestation devant cette star j’ai fait ce morceau qui était en cours de featuring avec lui. J’invite les Africains à lui ressembler, à faire comme Akon qui a illuminé 600 mille foyers en Afrique. Je crois que c’est une bonne chose. Si tous les Africains se mettaient au travail, si chacun faisait son travail, si les balayeurs balayaient bien, le rédacteur rédigeait bien, le mécanicien faisait bien son travail, je crois que nous aurons une Afrique prospère.

A part la musique, que faites-vous d’autre ?

Oui. A part la musique, je suis étudiant en deuxième année en Anglais. Parallèlement à mes études, avec mon bilinguisme je fais la traduction. Quand les étrangers viennent, ils me sollicitent pour les aider dans leurs communications.

Votre appel aux jeunes qui s’adonnent à la paresse, au gain facile .

Il est très remarquable aujourd’hui que la jeunesse se laisse trop dans la facilité. Ce qui déchire mon cœur le plus c’est que la prostitution prend de plus en plus d’ampleur. Autrement dit, qui parle du gain facile parle de prostitution. Les deux sont liés. Si un gain a été facilement trouvé, il sera facilement dilapidé. Je prends l’exemple du cyber criminalité où les jeunes se font de l’argent. Ils prennent d’assaut les bars. Ils gaspillent leur argent avec les filles et s’adonnent à la prostitution. Ils font élever ainsi non seulement le taux du Sida, mais encore gâtent la fidélité de la femme. Si aujourd’hui les petites filles se prostituent cela se justifie par la recherche du gain facile. Ce faisant, quel héritage voulons-nous laisser à nos enfants ? A travers moi ma musique j’invite les jeunes à plus de travail et à laisser la débauche et le gain facile car ce sont des voies qui amènent à la destruction.            

Réalisation: Didier Amoussou