La Nouvelle Tribune

Docteur Gbodossou : L’Expert-Oms parle de remèdes africains contre Ebola et de révolution sanitaire

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Eminent chercheur en santé, Expert auprès de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms), Président de Promotion des médecines traditionnelle (Prometra), une Ong internationale présente dans plusieurs pays en Occident et en Afrique, le médecin béninois Dr Erick Gbodossou était dans son pays dans le cadre de la célébration de la fête du vodoun en compagnie d’autres grands chercheurs occidentaux.

Dans cette interview exclusive qu’il accorde à La Nouvelle Tribune, Dr Gbodossou, parle de cinq produits à base de plante qu’il a, avec des sommités scientifiques américains, trouvé contre Ebola et explique en quoi la médecine traditionnelle africaine est l’avenir de la santé du monde.

  1. Erick Gbodossou, vous êtes à la tête de l’Ong Promotion des médecines traditionnelle (Prometra). Je voudrais bien que vous vous présentiez et que vous nous présentiez un peu ce qu’est (Prometra).

Merci beaucoup. Mon nom est Erick Gbodossou, je suis médecin. J’ai l’honneur de servir une organisation internationale qu’on appelle prometra (promotion des médecines traditionnelles), qui est une institution de recherche culturelle de diffusion scientifique et qui veut aussi être l’instrument d’intégration panafricaine par la réhabilitation de nos valeurs de civilisation. Quand je parle de valeurs de civilisations, j’insiste surtout sur les valeurs culturelles que nous avons, matérielles et immatérielles. J’insiste aussi sur les savoirs traditionnels et aussi sur la médecine traditionnelle et la spiritualité universelle. Aujourd’hui, prometra est présente dans 27 pays à travers le monde dont 19 en Afrique et nous sommes ici aujourd’hui avec une forte délégation pour être à l’école des traditions vodoun.

Vous êtes ici pour être à l’école des traditions vodoun. vodoun et médecine traditionnelle, quel est le lien ?

Le lien c’est la recherche de la santé et du bien-être des populations. La santé n’est pas ce qu’on nous apprend à l’université encore moins ce que l’Oms définit comme état de bien-être physique etc….qui n’a vraiment aucun sens traditionnel. Pour vivre en bonne santé on a besoin de rire, on a besoin de pleurer, on a besoin de manger, on a besoin de jeûner ? La santé c’est un équilibre et non le contraire. La maladie devient un déséquilibre. La médecine traditionnelle apporte énormément au bien être sanitaire par les plantes, les rituels, les cultes et les cultures. Parce que rien que par certaines pratiques sanitaires comme le « Ndup » qui est une ethnopsychiatrie de groupe, la guérison se fait à travers le rythme, la danse et la transe. Maintenant le vodoun, c’est une spiritualité. Le vodoun en tant que spiritualité, ramène l’harmonie entre les corps physiques et les corps subtils. Qui dit harmonie, dit forcement équilibre. Donc le vodoun a un rôle extrêmement important dans la santé et le bien-être des populations.

Très bien. Vous avez bien parlez de lien entre les corps physiques et les corps subtiles, mais toujours est-il qu’on n’arrive toujours pas à cerner cet aspect de la chose, l’aspect spirituel. Est-ce que lorsqu’on voudra par exemple guérir le paludisme, on pourrait prendre un volet vodoun dans la guérison du paludisme ?

Pour aider à comprendre un peu les aspects spirituels subtils, ce n’est pas compliqué. Les deux médecines travaillent sur l’homme. C’est quoi l’homme dans la pensée africaine, c’est quoi l’homme dans le concept conventionnel ? Quand vous demandez à un médecin occidental, c’est quoi l’homme ? Il vous dira c’est un organisme formé d’appareils, les appareils d’organes, les organes de tissus, les tissus des cellules. Ils ne vont pas plus loin que les Adn, les Arn (acide ribonucléique et les acides désoxyribonucléiques). Pas plus loin, c’est fini. Mais quand vous dites c’est quoi l’homme à un grand dignitaire spirituel ou guérisseur?, il vous dira, l’homme est un tout en rapport avec tout ce qui est terrestre, extra-terrestre voire cosmologique. Si vous le poussez à ramener l’homme à sa plus simple explication, il vous dira l’homme est formé de cinq éléments : le physique, le psychique, le moral, l’âme et l’esprit. Le physique lui-même est formé de deux physiques. Il a le physique biologique que nous médecins nous connaissons parfaitement bien. Mais il y a un deuxième physique bioluminescent, biomagnétique, bioénergétique pour laquelle la médecine moderne ne connait rien du tout. C’est une réalité qui existe, croyez moi, qui peut être quantifiée. Le deuxième élément c’est le psy que j’appelle la poubelle de la médecine conventionnelle. Vous n’êtes pas un enfant, vous savez que vous êtes malade, vous allez à l’hôpital. On vous passe au scanneur, on fait tout ce qui est possible. Si on ne trouve pas de solution, on ne trouve pas un diagnostic, on vous dit que votre maladie est psychique ou psychosomatique et on vous jette dans cette poubelle, dans ce panier. Comme la science se veut humaine et que l’homme se veut humain, ils ont mis des gardiens ou des responsables de ce panier en créant les psychologues, les psychitres etc…qui retombent dans l’erreur du système en donnant des comprimés des piqûres à quelques choses qui n’a pas une action bio. Le troisième élément c’est le moral. De tout ce que Dieu a créé, seul l’homme est capable de méchanceté sans raison. Parce que nous sommes capable de méchanceté sans raison, nous avons besoin de quelques pour contenir notre agressivité innée. Nous avons besoin des religions, c’est pourquoi on dit que le diable se trouve dans les religions. Nous avons besoin de lois c’est pourquoi on dit que le criminel est en prison. On c’est ce que c’est. Le quatrième élément de l’homme, partie intégrante de l’homme, c’est l’âme. L’âme c’est l’autre moi qui permet le dédoublement. Quand ici au Bénin, vous parlez de sorcier ou de sorcier-anthropophage, on sait très bien ce que c’est. C’est une réalité, je suis un chercheur. Effectivement c’est une réalité qui permet au tenant de ce pouvoir de se dédoubler, de s’identifier à un chien, à un chat à un oiseau, voler dans les airs pour des finalités multiples. Le cinquième élément qui est extrêmement important, c’est l’esprit, partie intégrante de l’homme. Il y a quatre niveaux de la spiritualité partie intégrante de l’homme. Il y a le niveau de nos grands-parents, les morts ne sont pas morts, croyez-le. Les morts ne sont pas morts, c’est une réalité. La mort c’est comme une porte qui se ferme, quand il y a une porte qui se ferme, il y a une autre qui s’ouvre. Pour plusieurs raison, nous n’irons pas dans ces détails. Quand on parle de famille en Afrique, il y a toujours deux familles. Une famille horizontale et une famille verticale. La famille horizontale, c’est papa, maman, oncles, tantes, grand-père, grand-mère…en tout cas ceux qui vivent dans la collectivité. La famille verticale va depuis l’ancêtre fondateur jusqu’au descendants futurs. Il faut en tenir compte dans la thérapie. Vous avez des gens qui sont malades, on leur consulte le Fâ et autres et puis on leurs dit vous avez offensé tel grand-père, allez faire les libations, des sacrifices et puis la maladie s’en va. Ça c’est le premier niveau de la spiritualité. Le deuxième niveau, c’est un ensemble d’esprits qui impulse à notre planète la rotation, la giration. Et tous ceux qui font le magnétisme, ils savent très bien que c’est à travers la giration qu’il y la vibration, la vibration donne l’énergie et l’énergie est la vie. Cette énergie qui est la vie est complètement méconnue par la science conventionnelle. Aucun laboratoire du monde ne peut faire la différence entre un organe prélevé chez un vivant et le même organe prélevé chez un cadavre. Parce que la seule différence entre le vivant et le mort est de source énergétique. Aucun laboratoire ne connait l’énergie. C’est préoccupant, c’est un terrain vierge pour l’intelligentsia africaine qui doit aider la science à développer ses bases. Un autre niveau de la spiritualité c’est que j’appelle la résonnance morphique. C’est une espèce de mémoire collective. Aucune science ne peut   démontrer que quelque part ici –la tête- nous avons un centre de mémoire. Le centre de mémoire de l’homme est exogène à ses manifestations physiques. Ici, nous avons un peu ce qu’on peut appeler   les transistors connectés à ces mémoires universelles. C’est pourquoi, je pense que ce que nous appelons aujourd’hui site web ou internet n’est pas contemporain. C’est que ce que faisaient nos grands-parents pour pouvoir communiquer sans contact physique à travers le temps, l’espace. A la seule différence que c’était sur des choses sérieuses. Mais aujourd’hui, l’internet c’est au moins 60% de bêtises. La résonnance morphique ou mémoire universelle, c’est le troisième niveau. Le quatrième niveau est constitué de 256 esprits connus par le Bénin depuis la civilisation Tado, depuis la nuit des temps. Pratiqué encore aujourd’hui dans ces zones géographiques qui va du Ghana au Nigéria, c’est ce qu’on appelle le Fâ. Le Fâ avec ses 16 esprits majeurs et ses 256 esprits au total, et bien n’importe qui, qui vient sur ce monde, qu’il soit blanc ou noir, vient toujours par le truchement d’un, au moins, de ces 256 esprits. Entre, le concept de l’homme par la médecine moderne et le concept de l’homme dans la pensée africaine, vous voyez un peu le monde qu’il y a entre eux? C’est pourquoi cette médecine conventionnelle est trop limitée, elle est trop étroite, elle est trop déserte. Elle ne peut pas régler les problèmes de santé de l’homme. Cette science a besoin d’être revue si nous voulons servir dans les mêmes conditions.

Dr, Gbodossou, l’objectif donc de prometra c’est d’amener la médecine traditionnelle à apporter son plus à la médecine conventionnelle. Alors dans cette optique, comment est-ce que vous parvenez à vous faire accepter quand on sait que ce n’est pas toujours facile la collaboration entre médecins conventionnels et médecins traditionnels. Il y a ce qu’on appeler le complexe de supériorité que les médecins conventionnels ont à l’égard de leurs collègues traditionalistes. Comment est-ce que vous parvenez à vous faire accepter des médecins conventionnels ?

Ecoutez, le complexe est africain. C’est plutôt nous qui sommes complexés d’être noirs. Et c’est un dommage. C’est un dommage parce que nous avons été colonisés et nous sommes toujours dans cet esclavage intellectuel, colonial et néocolonial qui est un grand dommage. Parce que dans ce monde en pleine mutation, ce monde à la croisée des chemins, personne, mieux que l’intelligentsia africain ne peut aider ce monde a choisi le meilleur chemin, la meilleure voie. Vous êtes journaliste, vous ne devez en principe avoir aucun complexe devant n’importe quel journaliste du monde entier. Vous avez été dans les écoles qu’eux. Et moi-même en tant que médecin c’est pareil. Je ne vois pas du tout aucun médecin qui peut me complexer parce que je suis moi-même, un pont entre les deux médecines. Ce que je demande aux Africains c’est d’être réels, de se dépouiller de leurs complexes, de ne pas toujours attendre que les solutions viennent du nord. Le nord n’a pas d’avenir, l’avenir c’est l’Afrique. La preuve cette fois-ci, j’ai amené une délégation formée de grands scientifiques, les sommités scientifiques pour venir à l’école du vodoun, pour venir apprendre du vodoun, pour venir connaitre ce que c’est que la spiritualité universelle. Ecoutez, ce serait dommage si nous ne nous dépouillons pas de ce complexe. Que ce soit encore ces gens-là, ces toubabs du nord qui viendraient apprendre à nos petits-enfants ce que faisaient leurs grands-parents. C’est ça le dommage. Le complexe n’est pas de l’autre côté, il est de notre côté.

Alors très bien, dans cette recherche que vous menez, il nous est parvenu que vous avez déjà trouvé de remèdes à certaines maladies qui agitent le monde, qui fatiguent le monde. Notamment Ebola. Est-ce vrai que vous avez trouvé un remède pour Ebola ?  Et comment est-ce que vous êtes parvenu a trouvé ce remède-là? Quelle est la crédibilité qu’on donne à ce remède ?

Je vous remercie beaucoup. Vous savez, en Août 2014, son excellence le président Américain Obama a invité ses homologues africains à se rendre à Washington pour discuter de business et voir dans quelle condition on peut mettre en place des coopérations Amérique-Afrique pour impulser le développement de notre continent. Et cette rencontre malheureusement a été dominée par Ebola. N’importe quel Président qui prend la parole, Ebola, Ebola, Ebola. Et enfin j’ai été interpelé par l’ambassadeur Andrey Young qui est membre du comité directeur de Prometra-international pour dire docteur Bodossou, -parce que j’étais aussi à Washington-, vous devez trouver la solution à cette Ebola. Je ne vous demande pas de trouver une solution occidentale, mais une solution africaine. 3c’est une requête très forte. Et par rapport à un défi sanitaire préoccupant, préoccupant non seulement parce que ça tue mais préoccupant parce que ça hypothèque le développement des pays concernés. J’ai pris mon bâton de pèlerin au retour au Sénégal. J’ai sillonné quatre pays africains et je suis sorti de ces voyages avec cinq produits à base de plante que j’ai envoyés tout simplement aux Etats-Unis. Par le truchement de mon bureau de Prometra-Usa, les paquets ont atterris dans les mains de son excellence l’ambassadeur Andrey Young. Il est suffisamment respecté, il a mis au point, sur pied un équipe de chercheur crédible. Et croyez-le, parmi ces équipes-là, il y a même l’institut de recherche de l’armée américaine. C’est la plus importante structure de recherche au niveau mondial. Il est sorti de cette recherche pointue sur Ebola que d’abord, qu’avec les cinq produits, il faut tout simplement cinq (5) grammes pour cinquante (50) centilitres d’eau. C’est-à-dire que la concentration est très infirme. Ça a marché. Ça veut dire que c’est un produit qui peut être injecté, utilisé par toutes les possibilités. Troisième chose, ils se sont rendu compte que chaque produit individuellement ou en combinaison bloque le virus Ebola et empêche le virus d’infecter n’importe quelle cellule. Evidemment lorsque le virus est bloqué il est complètement inactif, il meurt. La finalité c’est la mort. Ils ont aussi essayé de trouver la toxicité de ces cinq produits et bien ils ont multiplié le dosage pratiquement 200 fois mais aucun n’est toxique pour les cellules. Ça, je pense que honnêtement, si ces sommités scientifiques sont arrivées à trouver des solutions à travers des plantes africaines à cette pandémie, à cette maladie préoccupante, nous avons toutes les raisons de croire que nous Africains, nous sommes capables d’apporter des solutions à des défis sanitaires du monde entier.

 

Donnez-nous les noms de ces produits dont vous parlez ?

J’ai donné comme nom à ce produit, Métraph1, Métraph2, Métraph3 jusqu’à Métraph5 mais je ne peux pas encore donner le nom scientifique de ces produits.

Je ne suis pas le détenteur de ces produits, je suis seulement la voix des guérisseurs. Ce qui est important c’est que des sommités scientifiques ont vu que les guérisseurs traditionnels africains peuvent trouver des solutions à une maladie, à une pandémie et aussi surtout à une maladie incurable. Je crois qu’aujourd’hui il est capital de voir comment les autorités politiques pourront avoir le courage de dire primo, que l’Afrique pourrait avoir des solutions locales à ses problèmes de santé locaux. Secundo, l’Afrique peut trouver des solutions locales à des défis sanitaires mondiaux et impulser son développement endogène durable. C’est ça le courage que nous devons avoir parce que c’est clair, il n’y a pas que Ebola, il y a d’autres maladies auxquelles nous avons des solutions mais il faudrait que nos décideurs comprennent que même au nord, ils ont compris qu’il n’y a plus d’avenir pour les médicaments biochimiques, biosynthétiques dont les effets secondaires sont connus.

Vous parlez de ce produit aujourd’hui mais pendant que Ebola sévissait, on parlait de produits russe, japonais, américains et d’autres, on n’a jamais cité un produit venant d’Afrique, pourtant dites-vous, ça a été reconnu aux Etats-Unis ! Comment expliquez-vous cela ? 

Ce qu’il faut expliquer, c’est que nous manquons de courage. Nous pensons que ce soit toujours le Nord qui doit apporter des solutions sanitaires au Sud. C’est grave et c’est préoccupant ! Si la santé est vraiment à la base de tout développement, comment comprendre que le développement de l’Afrique soit dans des mains exogènes ? C’est très préoccupant. Croyez-le, surtout en matière de santé, nous avons beaucoup plus à donner au Nord qu’à recevoir du Nord. J’interpelle les politiques, j’interpelle l’intelligentsia africaine pour faire ce qu’il faut pour réhabiliter nos valeurs de civilisation.

Déjà dans cette optique de réhabiliter les valeurs de civilisation africaine, vous êtes sur ce projet qui a commencé avec l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Celle-ci vous a lâché par la suite et vous avez continué avec vos propres moyens jusqu’aujourd’hui. Quelles sont les relations que vous entretenez avec l’Oms ?

L’Oms ne m’a jamais lâché, il faut être honnête. C’était au temps du professeur Alfred Quenum qui m’avait invité il y a de cela plus de trois décennies à Brazzaville pour élaborer un programme de réhabilitation de la médecine traditionnelle dans le continent africain. J’ai été, il a financé cette vision, malheureusement il est décédé, et il y a eu une remplaçante qui n’avait peut-être pas les mêmes intérêts pour la médecine traditionnelle. Mais j’avoue que jusqu’aujourd’hui, j’ai de très bonnes relations avec l’Oms-Afrique, l’Oms-Genève et je suis même expert au niveau de l’Oms-Afro. De ce point de vue, il n’y a aucun problème entre nous.

Et vos produits sont-ils régulièrement portés vers l’Oms pour certification ou agrément?

Non, l’Oms ne certifie pas. Nos produits, une fois où nous sommes au niveau scientifique sûrs de leur efficacité, nous les portons au niveau de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) et au besoin au niveau de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi) pour que ces produits soient intellectuellement protégés.

Aujourd’hui de tout ce que vous avez déjà fait avec les guérisseurs traditionnels africains, qu’est-ce qu’on peut retenir ? Où est-ce que vous en êtes dans la structuration, dans la symbiose ? Est-ce que ça suit ?

La mayonnaise prend de manière mosaïque. Nous sommes présents dans 27 pays dont 19 en Afrique. Il y a certains pays qui sont avancés, il y a d’autres qui trainent les pieds, il y a d’autres qui encore sont dans les limbes. De manière globale après pratiquement un demi-siècle d’indépendance, notre médecine traditionnelle qui draine 80% des problèmes sanitaires de nos populations au sud du Sahara, est encore illégale dans beaucoup de nos pays. Elle est encore frappée par des lois répressives coloniales. Dans certains pays où cette médecine est légale, les décrets d’application trainent à venir. Et les rares pays où ces décrets d’application sont mis en place, combien de pourcentage en terme de budget du ministère de la santé est affecté à cette médecine traditionnelle ? Je pense que nous sommes encore néo-colonisés malheureusement et nous devons essayer de réhabiliter nos valeurs et penser autrement pour une meilleure santé de nos populations afin de permettre réellement notre émergence.

Vous parlez si bien de la médecine traditionnelle mais un regard sur ceux qui la pratique ici au Bénin, ils prennent un produit et disent que ça peut guérir une dizaine de maux. Du coup dans le doute, on se demande si c’est vrai ? Est-ce qu’un produit peut guérir une kyrielle de maladie ?

Le problème n’est de dire si c’est vrai ou pas. Moi ma préoccupation, c’est d’inviter les scientifiques africains à ne pas être fermés. Et quand un guérisseur crédible vous dit qu’avec une plante je peux guérir tel nombre de maladies, il ne faut pas rejeter. Allez vers lui, acceptez de mettre en place une recherche collaborative pour affirmer ou infirmer ce qu’il fait. Moi je pense que nous médecins, nous ne sommes pas sérieux. Pourquoi ? D’abord le Vidal, le dictionnaire qui comprend nos médicaments comprend plus de dix milles (10.000) médicaments. Comment voulez-vous qu’une mémoire humaine retienne plus de dix milles médicaments ? Lorsqu’on sait les effets secondaires, les interactions entre les médicaments, les complications etc., ce n’est pas honnête de croire que nous médecins, nous avons les solutions. Nous recevons un malade qu’on ne connaît pas, on l’ausculte dans deux, trois minutes, on le renvoie chez lui avec une ordonnance de trois ou cinq médicaments. C’est un jeu de hasard, ce n’est pas scientifique. Si nous voulons parler science, elle nous impose de faire un diagnostic avant un traitement. Le diagnostic, il est clinique, il est aussi para-clinique. Combien d’Africains peuvent payer un diagnostic para-clinique ?   Donc nous sommes en train de jouer avec la santé de nos populations. Et quand un guérisseur vous dit, ''moi je connais sept plantes'' – généralement ils n’en connaissent pas beaucoup, en tout cas pas dix milles-, qu’il a expérimentées tout au long d’une vie, j’allais dire sur plusieurs générations parce qu’il a reçu ça de ses parents, donnez-lui un minimum de confiance et contrôlez ça avec lui. C’est ça notre rôle en tant que Africains scientifiques. C’est possible qu’avec une seule plante, on guérisse plusieurs maladies. Vous prenez par exemple le Yovovigbé, le Moringa, il peut guérir effectivement plus de cinq maladies et beaucoup, beaucoup plus. Même l’oignon que nous prenons dans les cuisines ! Mais l’oignon peut soigner plus de vingt maladies ! Ce n’est pas l’oignon en tant qu’individus seulement, il y aussi d’autres combinaisons qui peuvent soigner autant de maladies, y compris la morsure du serpent. Ce que je recommande, ce n’est pas de critiquer, c’est d’aller vers une collaboration positive pour le bien-être de l’Afrique et de l’humanité.

Dr Gbodossou, lorsqu’on prend la médecine moderne à laquelle vous avez été formé, il y a les laboratoires qui permettent de faire les analyses. Mieux on teste les médicaments. La médecine traditionnelle n’a pas de laboratoire. On n’a pratiquement pas de laboratoire pour la médecine traditionnelle en Afrique. Comment est-ce qu’on pourrait travailler pour la certification des produits traditionnels au niveau local ? Que faire Prometra à ce sujet ?

Nous au niveau du Sénégal, nous avons construit un centre expérimental de médecine traditionnelle sur 60 hectares, ouvert à 450 guérisseurs. Dans cet hôpital de médecine traditionnelle, nous avons construit un centre de médecine conventionnelle avec un médecin, un laboratoire etc... Donc le malade quand il vient, il va d’abord dans la structure moderne pour avoir un diagnostic précis. Le travail de la médecine traditionnelle s’arrête à ça. Il n’a pas le droit de donner un médicament traditionnel conventionnel dans cet hôpital traditionnel. Ensuite le malade va au niveau des guérisseurs qui sont organisés eux-aussi. Le guérisseur ne veut pas savoir le diagnostic du médecin. Le médecin peut dire que ce malade a une pneumonie, le guérisseur dit un mauvais vent. Cela n’a pas d’importance. Avez-vous une solution pour le mauvais vent ? S’il dit oui, il donne un délai pour que ça passe. Pendant que le malade reçoit exclusivement le traitement du guérisseur, chaque dix jours il vient chez le médecin qui contrôle et à la fin, on peut évaluer s’il y a aggravation, stagnation, amélioration ou guérison. Après 20 ans de fonctionnement de ce centre que j’ai créé en 89, des scientifiques venus de quatre continents ont trouvé que toutes maladies confondues, ce centre à 65% de guérison totale, 25% d’amélioration quantifiable. 65 + 25, ça fait quand même 90% de bons résultats. Aucun hôpital, aucune structure sanitaire au monde, n’a ce résultat là. Je pense que la médecine traditionnelle n’est pas un bluff. Nous avons toutes les raisons d’être fiers de notre médecine et de faire sa promotion.

Oui, c’est merveilleux tout ce que vous dites, mais revenons toujours à la question de l’expérimentation. Vous le savez, au niveau de la médecine conventionnelle, le produit est toujours testé avant d’être administré au malade. Que fait-on avec les produits de médecine traditionnelle ?

C’est quoi l’expérimentation ? Est-ce que c’est seulement le laboratoire qui expérimente ? Et quand le labo expérimente, est-ce que ça donne réellement des résultats humains ? Le guérisseur qui a expérimenté son produit tout au long de plusieurs générations, mais, c’est aussi une expérimentation ! A titre d’exemple, l’Artémisine , les guérisseurs chinois l’ont utilisé sur des générations pendant plusieurs siècle. Ça a marché, ça a toujours marché. Eh bien, les pirates du nord, se sont jetés sur l’arthémisine et en fait la forme comprimée. Ils ont fait l’extraction de ses principes actifs. Aujourd’hui, ces médicaments à base d’arthémisine font résistance aux plasmodiums, au paludisme. Donc quel est l’impact de l’expérimentation sur la santé de l’homme ? Cessons de faire le jeu des occidentaux. Soyons pratiques et objectifs. Acceptons de travailler et d’être aux pieds de ces guérisseurs, nous allons développer notre continent.

Vous êtes basé au Sénégal, vous voyagez beaucoup et vous travaillez aussi de concert avec des guérisseurs béninois, quel projet avez-vous pour le Bénin ? Comment travaillez-vous avec vos compatriotes ?

J’ai fait un centre d’expérimentation à Dakar. On peut construire un centre analogue au Bénin mais on a mieux à faire ici. Dans toutes les grandes conférences du monde, on revient à la même conclusion : si nous voulons un avenir pour notre planète, il faut revenir à la spiritualité. C’est vrai. Or quand vous parcourez le monde, les aspects pratiques de la spiritualité se trouvent au Bénin. C’est le vodoun qui n’est pas une religion, mais une spiritualité descendue directement de Dieu. Il faut revenir à la spiritualité pour retrouver l’harmonie entre le corps physique et les corps subtils afin de redonner espoir à notre humanité. Au Bénin, siège de cette spiritualité, il faut qu’on y construise une ville spirituelle pour permettre au monde entier sans distinction d’appartenance religieuse ou de race d’y venir faire un pèlerinage spirituel. Avec ça le Bénin ne sera pas émergent, mais il sera développé dans cinq ans. C’est ça mon projet pour le Bénin. Malheureusement, j’en ai parlé avec tous ces grands dignitaires, je me suis même permis d’amener tous les douze grands dignitaires vodoun du Bénin à Dakar pendant douze jours pour qu’ils comprennent la nécessité de ce projet afin de cesser de se combattre. Ils ont été fraternels, ils ont vécu en toute amitié. Mais quand ils sont revenus, ils ont encore tout gâté. Je pense qu’il y a des choses qui nécessitent l’union et croyez-moi, le Bénin a un potentiel de développement extrêmement important et qui donnera espoir pas à l’Afrique seulement mais à toute l’humanité. C’est le moment d’interpeller les politiques pour aider à réhabiliter et à valoriser ce potentiel.

Pour finir, dites-nous, avec ces dissensions internes, croyez-vous que la médecine traditionnelle arrivera à véritablement s’imposer au Bénin et en Afrique ?

L’avenir de la santé se trouve dans la médecine traditionnelle et les grands laboratoires le savent. D’ici trois décennies, tous ces grands laboratoires vont disparaître s’ils ne reviennent pas à la médecine par les plantes. Parce que la population mondiale rejette ces produits chimiques et biosynthétiques dont les conséquences toxiques sont connues, les effets secondaires sont de plus en plus criards. Donc l’avenir de la santé du monde se trouve dans les traditions. C’est pourquoi il faut que les guérisseurs traditionnels africains sachent qu’ils ont un rôle de premier plan a joué dans l’avenir sanitaire du monde. Les guérisseurs meurent avec leurs connaissances et le peu qui leurs restent, les toubabs sont en train de les piller au niveau de nos villages. Ce sera dommage que ce soit eux qui viennent nous vendre les médicaments que faisaient nos grands-parents. C’est préoccupant !