La Nouvelle Tribune

Zacharie Akpovo, à propos de la relance de la filière palmier à huile : le gouvernement doit repenser à l’installation des grandes usines de transformation»

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Le palmier à huile est l’une des filières agricoles qui préoccupe beaucoup le gouvernement. Sa relance se fait encore attendre malgré la bonne foi du gouvernement et les nombreuses possibilités qu’offre notre pays pour cette relance. 

Interrogé sur la question, Zacharie Akpovo, producteur de palmier à huile résidant aujourd’hui dans la commune d’Avrankou, nous livre son point de vue et souhaite que le gouvernement revoie sa copie par rapport à l’installation de grandes usines de transformation comme autrefois.

Lnt : Depuis quand menez-vous une activité agricole du palmier à huile. Dites-nous comment vous avez commencé et là où vous en êtes aujourd’hui ?

Zacharie Akpovo : Je mène les activités agricoles depuis les années 62 à Kpomassè à Ouidah sur au moins 09 hectares. Ce domaine a été acheté par moi-même au moment où j’étais encore célibataire. Mais en 1965 je suis arrivé à Avrankou au moment où je travaillais avec l’Iro. Malgré ma retraite et aimant la chose agricole, je n’ai pas abandonné. Ce que je faisais à Ouidah, je l’ai transporté ici à Avrankou. Je vais vous rappeler qu’au temps du président Mathieu Kérékou, le Bénin cultivait le cacao et cela était même importé et le gouvernement d’alors qui faisait du cacaoyer et encourageait les producteurs à faire cette culture. Je l’ai fait aussi, mais plus tard, cette filière a eu des problèmes et ça a été abandonné. En ce moment, j’ai profité pour m’acheter un peu de terres dans la commune dans Sado et Gbozounmè dans la commune d’Avrankou puisque c’était des zones appréciées par le gouvernement béninois pour accueillir cette culture de cacao à la suite de plusieurs études effectuées. C’est après quelques années que je me suis rendu compte que ces terres étaient insuffisantes pour cette culture de palmier à huile et j’ai acquis d’autres terres plus vastes, notamment plus de 200 hectares de terres dans la commune d’Ifangnin dans le plateau.

Comment se fait aujourd’hui la transformation du palmier à huile ?

Le palmier à huile est un arbre en or. Les régimes sont recherchés et les acheteurs se bousculent pour en prendre. Les bonnes dames s’alignent parfois pour acquérir les régimes et ses dérivés. Aujourd’hui, nous ne nous gênons plus pour vendre puisque, autrefois, il y avait des usines de transformation. Il y avait les usines de la Snada, de la Sonicog, Sonader, après Sonapal. Malheureusement, ces usines ont été mal gérées par les cadres d’alors, ce qui a fait que l’Etat était obligé de vendre ces usines là aux privés expatriés. Aujourd’hui, nous utilisons des petites usines de transformation privées, mis il faudrait que l’Etat s’en préoccupe et reprennent les grandes usines de transformation comme autrefois. Sans les grandes usines, nous ne pouvons pas avoir de bons rendements et les valeurs de nos productions.  Aussi, pendant la grande saison, on recueille jusqu’à 6 ou 8 tonnes par jour et livrons le produit ainsi durant trois mois d’affilés. Puisque la saison du palmier à huile, c’est de janvier à avril, voire parfois jusqu’en mai et à partir du mois de mai, la production  commence par baisser.

Quel appel avez-vous à lancer au gouvernement par rapport à la rentabilité de vos productions et surtout la transformation du palmier à huile ?

Tel que je l’avais dit, l’Etat n’a qu’à tout faire pour faire revenir les grandes usines de transformation, cela lui sera beaucoup profitable. Puisque lorsque nous vendons autrefois ces noix de palme et que nous les exportons à l’étranger, à la fin de l’année il y avait des ristournes qui arrivaient pour l’Etat et cela permettait aussi de mettre à l’aise les paysans et les producteurs. Il faut qu’on relance ces usines là, puisque sans ces usines, la filière ne serait jamais valoriser. Il faut voir par exemple en côte d’Ivoire tout près de chez nous, le gouvernement a installé les grandes usines. Donc il faudrait que l’Etat béninois pense à cette stratégie pour une véritable relance de la filière palmier à huile dans notre pays.