La Nouvelle Tribune

Fespaco : la dotation financière pour l’Etalon d’or de Yennenga passe de 10 à 20 millions FCfa

Espace membre

D’importantes innovations s’annoncent pour le 24e Fespaco, prévu du 28 février au 07 mars 2015. Cette nouvelle donne opère une véritable révolution au sein de la compétition pour l’Etalon de Yennenga, où le numérique et les films de la diaspora africaine font leur entrée. Dans cet entretien, M. Michel Ouedraogo, Délégué Général du Fespaco, nous en apprend plus amplement.

Fespaco Newsletter (Fn) : Lors de la clôture officielle du Fespaco 2013, vous annonciez devant les professionnels du cinéma et des médias d’importantes innovations, voulez-vous les rappeler succinctement?

Michel Ouedraogo (Mo) : Depuis le Fespaco 2013, nous avons pris d’importantes décisions en accord avec les plus hautes autorités du Burkina Faso. Tout d’abord la compétition pour l’Etalon de Yennenga  s’ouvre désormais aux films numériques. Dorénavant cette section ne se limite plus aux 35 mm. Il faut bien s’adapter aux technologies de notre temps dont s’est approprié un grand nombre de réalisateurs africains. Ensuite les films de la diaspora africaine pourront aussi concourir pour l’Etalon de Yennenga ainsi que dans les autres sections telles que le court métrage, la série télévisuelle et les documentaires. Ajoutons enfin que la mise financière qui accompagne les trophées, a connu une hausse dont le doublement au niveau des Etalons d’Or, d’Argent et de Bronze.

Fn : Epluchons ces innovations en nous arrêtant d’abord sur les films de la diaspora, désormais en compétition pour L’Etalon d’or de Yennenga. Quelle en est la Motivation quand on sait que ces derniers avaient pourtant la section diaspora avec la compétition pour le Prix Paul Robeson?

Mo :L’intégration des films de la diaspora africaine à la compétition des longs métrages de fiction se justifie par la prise en compte d’une quête longtemps exprimée par les fils d’Africains déportés, vivant dans les Amériques, la Caraïbe et l’Europe.  L’expression de leur frustration de ne pouvoir concourir pour l’Etalon de Yennenga s’estompe désormais.  Aussi je pense que les créateurs africains n’y voient aucun inconvénient à ce qu’on accueille nos frères cinéastes de cette diaspora qui regorge de talents brillants. De ce fait, nous pensons que c’est davantage un Motif  de saine émulation qui ne peut qu’affiner la qualité et la puissance créatrice des cinéastes en compétition.

Aujourd’hui c’est avec les créateurs africains de la diaspora qu’on s’ouvre pour l’Etalon de Yennega. En revanche il ne faut pas exclure que dans 50 ou 100 ans, le Fespaco pourrait aussi s’ouvrir à tous les continents afin d’intégrer les cinématographies du Monde entier. Pourquoi pas ? Enfin le Prix Paul Robeson devient un prix spécial qui sera attribué par le jury des longs métrages africains, selon des critères définis en conformité avec l’esprit de Paul Robeson.

Fn : Cerise sur le gâteau, la dotation financière globale passe de 10 à 20 millions de francs Cfa pour l’Etalon d’or de Yennenga par exemple. Ainsi de suite. N’est-ce pas là de la générosité du Fespaco, lorsque d’autres grands festivals peuvent se contenter des trophées uniquement?

Mo :Ce n’est pas de la générosité. C’est surtout un soutien en appoint, consenti par l’Etat burkinabè afin de saluer le mérite des créateurs africains qui participent au Fespaco. En outre cette stimulation financière vient renforcer les trophées décernés aux lauréats. Toutes choses étant égales par ailleurs, il faut savoir que la Palme d’or de Cannes par exemple, vaut son pesant d’or en valeur numéraire. N’omettons pas que des prix en nature peuvent sous-tendre cela. Traduit en espèce sonnante et trébuchante c’est aussi lourd voire plus que l’attribution financière du Fespaco par exemple.

F n : Pouvez-vous partager les dispositions déjà prises par le Fespaco en vue de l’effectivité de toutes ces nouvelles mesures?

Mo :Bien sûr il y a la relecture achevée de tous les règlements du Fespaco, afin de les adapter à la nouvelle donne qui se dessine pour la 24e édition. Ces règlements sont déjà sur notre site web ainsi que les différents formulaires  d’inscription. Ensuite les projections des films nécessitent un matériel neuf et approprié que nous sommes entrain d’acquérir. A cela s’ajoute le matériel existant en cours de remise bon état de fonctionnement. Enfin il faut assurer la formation du personnel chargé de cet équipement technique afin de leur garantir une mise à niveau efficace. A cet égard des séances pour le renforcement des capacités des techniciens sont programmées.

Fn : Pour clore notre entretien et en perspectives du Fespaco 2015, il est certain que le premier responsable du Fespaco a une forte invite à l’endroit des cinéastes africains et de ceux de la diaspora?

Mo :Oui je lance un appel vibrant et fort à l’endroit des cinéastes africains et de la diaspora afin qu’ils viennent pour qu’on fasse un grand Fespaco 2015 !