La Nouvelle Tribune

Spectacle de magie ‘’Vodoun Yoyo’’ : « des œufs dans une bouteille, de l’eau dans un panier, … nous en faisons aussi»

Espace membre

Longtemps absent de la scène béninoise, le jeune slameur en fon et magicien, Thibaut Adotanou revient avec une création de magie intitulée ‘’Vodoun Yoyo’’ qu’il présente les 23 et 28 février prochains à Cotonou, respectivement à Artisttik Africa et au Fitheb.

Et ce, avec son grand maître, Dr Leonardo Brunetti, magicien italien. Il explique ici, les raisons de son absence, son avènement dans la magie, la trame de sa nouvelle création en magie et son actualité dans le slam. 

Il y a plusieurs mois déjà qu’on a remarqué ton absence de la scène béninoise. Et ce, à  un moment où tu as gagné l’estime du public béninois tant au slam qu’à la magie, qui avait envie de vous avoir régulièrement sur scène. Qu’est-ce qui s’est passé entre temps?

Entre temps, je suis devenu magicien. Beaucoup de journalistes ont écrit sur moi. Ceci a eu beaucoup d’échos et j’ai pu obtenir des tournées  en solo. Je suis allé au Burundi,  au Vietnam, en Italie,  en Belgique, en Hollande. Je suis maintenant au Bénin pour quelques mois, après je retourne pour continuer.

Slameur, par quelle magie es-tu devenu magicien?

Slameur, je le suis et je le serai toujours. Le slam, c’est un état d’âme. Je suis en train de préparer mon second album de slam. Je suis devenu magicien par amour d’abord pour tout ce qui est art scénique. J’avais créé le Cirque Tokpa avec les jeunes vivant  dans la rue. D’où j’ai croisé le magicien italien Dr Leonardo Brunetti. Je l’ai fait venir pour donner une formation de magie aux jeunes de mon cirque. Quand il a commencé, la chose m’a plu. Alors, j’ai gardé contact avec lui et je l’ai fait revenir. Il m’a enseigné, il m’a spécialisé. On a joué à l’Institut français du Bénin (Ifb), alors Centre Culturel français (Ccf) du Bénin. A la fin, nous avons donné un grand spectacle au Ccf, puis il est reparti. A partir de là, j’ai poursuivi mes recherches. J’ai pu créer le plus grand spectacle de magie solo du Bénin que j’ai présentée à l’Ifb. C’est après ça que je me suis lancé dans une tournée.

A ton départ, qu’est-ce qu’il est devenu le Cirque Tokpa?

Le cirque existe toujours. Et est en de bonnes mains. Ils font plein de spectacle. Ils répètent chaque dimanche au Fitheb où on a loué un espace. Peut-être que lors de mon prochain spectacle, ils feront des démonstrations. J’ai un assistant Romaric Sogbo, quand je ne serai pas sur le terrain, c’est lui qui fera le travail.

Apparemment, la magie a pris le pas sur le slam, ton premier art.

Oui. Le slam, c’est une inspiration qui vient momentanément. C’est quand l’inspiration te prend que tu accouches les mots. Je ne suis plus dans le slam comme organisateur de Bénin slam, de vacance slam. Tout cela, j’ai confié à Kamal qui le gère bien. Je suis slameur en langue fongbé. Je le suis toujours. Quand l’inspiration me vient j’écris. En Italie, je suis en train de préparer un album. Seulement, les tournées de magie ne me permettent pas de vite finir l’album. Je vis de la magie mais pas encore du slam. Je ne fais pas d’ailleurs le slam dans la vision d’en vivre forcément un jour. Je le fais juste pour conscientiser la population notamment ma génération. C’est pour parler aux enfants. Mes textes sont souvent basés sur les enfants. C’est juste pour éduquer.   

Et maintenant que tu es revenu pour quelques mois, tu l’as dit, tes fans pourront te retrouver sur scène?

Oui. Déjà, le dimanche 23 Février, je serai au Centre culturel Artisttik Africa au quartier à Agla les Pylônes, vons après le terrain dans le 13e arrondissement de Cotonou. Et le vendredi 28 Février, je serai au siège du Fitheb, ex-ciné vogue, toujours à Cotonou. A ces deux endroits je donnerai un spectacle intitulé ‘’Vodoun yoyo’’ ou le grand spectacle de magie. Je serai avec le grand magicien italien Dr Leonardo Brunetti alias Léo Mago.

Pourquoi avec lui, votre formateur?

J’ai invité Dr Leonardo Brunetti parce c’est quelqu’un de très grand que j’arrive à comprendre. J’ai voulu inviter d’autres magiciens mais j’ai pensé que si je les invite, je ne peux plus les faire revenir, parce que j’ai un projet pour eux après. L’autre raison, c’est qu’il y a d’autres événements qui occupent bon nombre de ces grands magiciens que j’ai rencontrés. Dr Leonardo, lui, il est en vacance. Il a accepté de venir et on va s’amuser ensemble. Pour le moment, chacun de nous travaille de son côté. Quand il sera là on va combiner les choses, faire la mise en scène de cette belle création, ‘’Vodoun Yoyo’’.

C’est quoi ‘’Vodoun Yoyo’’?

C’est un spectacle, une création de magie qui rend hommage à la religion ancestrale qui est le Vodoun, la religion la plus ancienne de l’Afrique et du monde entier. Les plus grands magiciens du monde que j’ai eu la chance de rencontrer sont ceux du Vodoun. Seulement qu’ici, les gens diabolisent ça, c’est mystifié. Sinon, ces grands magiciens font de grands tours qui n’ont rien avec les esprits, la sorcellerie, etc. ‘’Vodoun Yoyo’’, c’est juste pour ressortir l’histoire, du vodoun. Mais ce sera un spectacle à la fois comique et prestigieux où on aura des tours de transformisme et d’un peu de tout.  C’est un spectacle adapté aux enfants et à  tous les êtres vivant sur terre, même les animaux.

Est-ce à  dire un spectacle pour montrer le lien entre magie et vodoun, si lien il y a?

S’il y a un lien entre vodoun et magie, c’est peut- être qu’on est lié à travers ce qu’on fait comme spectacle. C’est le seul lien. Le spectacle que nous –Leonardo et moi- on fait n’a rien avec les esprits, ni avec la sorcellerie, ni avec un dieu. C’est des truquages, des mensonges, des jeux. On crée des choses pour faire croire au public ce qu’on veut. Quand sur scène on coupe quelqu’un ce n’est pas qu’on l’a coupé effectivement. C’est juste ce qu’on a voulu faire voire et croire au public. Ce sont de petits jeux que le magicien fait. Mais du côté du vodoun, je ne suis jamais entré dans leur secret donc je ne comprends pas au fond. Je vois et j’imagine un peu comme ce que nous nous faisons. Seulement, dans le vodoun, il y a beaucoup de mythe autour.

Alors comment penses-tu amener le public à percevoir l’hommage au vodoun à travers ton spectacle?

C’est comme les comédiens au théâtre. Quand ils font une pièce sur le vodoun, ils ne sont pas tenus d’être adeptes du vodoun. Juste ils se mettent dans la peau du féticheur et le public le découvre ainsi alors que ce n’est qu’une image vue de face. Au fond, ils ne le sont pas. C'est-à-dire, nous allons interpréter les tours de magie que les adeptes de vodoun font, mais d’une manière esthétique, artistique, comique. Par exemple, mettre des œufs dans une bouteille, mettre de l’eau dans un panier. C’est des tours que nous faisons aussi. Mais nous n’allons pas tuer des animaux, faire des sacrifices avant de les faire. Je ne vais pas dévoiler tout le répertoire ici. Je donne rendez-vous au public pour le dimanche 23 février au Centre culturel Artisttik Africa à Agla et le vendredi 28 février 2014 au siège du Fitheb, ex-ciné vogue.