La Nouvelle Tribune

Me Sambaou revient sur les circonstances de son interpellation

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Le 1er août dernier, Me Zachari Sambaou, avocat à la Cour, a été interpellé par des agents de la Police.

Ce praticien du droit qui a, par la suite, passé plusieurs heures au Commissariat Central de Cotonou, pour les plaquettes «trop c’est trop» et un t-shirt rouge retrouvés dans son véhicule, fait, dans cet entretien le récit de son interpellation.

Que s’est-il passé le jeudi 1er août?

Le jeudi 1er août dernier, très tôt, la maison de l’ancien  ministre, monsieur  Gaston Zossou, a été investie par les Forces de l’Ordre. Celui-ci a fait appel à ses amis et aux avocats, je ne suis pas son ami, donc s’il m’a appelé j’imagine que c’est en ma qualité d’avocat. J’ai répondu à son appel en me rendant à son domicile, où j’ai constaté effectivement que, dans la rue, il y avait une forte équipe de policiers et de gendarmes. A ce moment précis, il n’y avait notification d’aucun grief ou d’aucun reproche, donc il ne savait pas concrètement ce qui lui était reproché. Entre temps, j’ai décidé de me retirer et de faire un tour à mon cabinet, lorsque mon véhicule a été soumis, à la demande du Commissaire Central de Cotonou, à la fouille. C’est à l’occasion de cette fouille que les agents ont retrouvé à l’intérieur de mon véhicule des  plaquettes intitulées «trop c’est trop», que nous avons réalisées il y a quelques mois, et un t-shirt de couleur rouge.  Plaquette réalisée par Alternative Citoyenne, dont je suis membre. Le Commissaire Central a estimé que cela posait problème, et pour cela il fallait conduire le véhicule et moi-même au Commissariat Central pour, disait-il, une vérification d’identité.

On s’est rendu donc au Commissariat Central, avec les policiers, où j’ai été entendu sur un premier procès-verbal, l’inventaire de tout ce qui était dans mon véhicule a été fait, et l’inspecteur qui était en charge du dossier m’a notifié que les plaquettes et le t-shirt rouge étaient saisis et mis sous scellé. C’était quand même assez exceptionnel qu’on procède à la saisie et à la mise sous scellé, alors qu’aucune infraction ne m’était reprochée.

C’est alors qu’après avoir conféré avec sa hiérarchie, l’inspecteur revient me notifier un prétendu trouble à l’ordre public. Il fallait donc procédé à l’établissement d’un deuxième procès-verbal. Cette fois-ci, je devrais être auditionné en tant que personne poursuivie pour trouble à l’ordre public. Les procès-verbaux ont été signés et je me suis retiré. Je souligne au passage que j’étais assisté par un confrère, Me Vlavonou Elie Kponou.  J’avais également sous l’assistance d’un huissier, en la personne de Me Maxime Bankolé.

Le trouble à l’ordre public s’est opéré à quel niveau? Pendant que vous sortiez de chez Gaston Zossou ou à votre arrivée chez lui?

Je ne peux pas savoir cela, d’autant plus que c’est après coup, me trouvant au Commissariat Central qu’on me parle de trouble à l’ordre public. Est-ce au domicile ou dans la rue de monsieur Gaston Zossou que j’aurais commis ce trouble à l’ordre public, ou une fois étant dans l’enceinte du Commissariat Central, je ne peux vous le dire concrètement. L’objectif premier en me conduisant au Commissariat Central, ce n’étais point trouble à l’ordre public. On ne m’a jamais notifié un quelconque trouble à l’ordre public. Je ne saurais dire où et quand le trouble a été commis.

On a appris que c’est sur ordre du Procureur que vous avez été libéré?

Je ne peux pas le savoir. Si c’est sur ordre du Procureur que j’ai été interpellé ou que j’ai été relâché. Je ne peux pas le dire, car les agents eux-mêmes  s’empressent de dire que je n’étais pas arrêté, que je n’ai pas été mis en garde à vue. Mais, toujours est-il que, personne interpellée, procès-verbal établi, la suite logique c’est que je sois présenté au Procureur de la République. Donc, j’attends qu’on m’appelle et qu’on me présente au Procureur de la République.

Réalisation : Léonce Gamaï