La Nouvelle Tribune

Robert Asdé à propos du Club de lecture de l’Institut français du Bénin

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(Améliorer les résultats scolaires en ramenant les apprenants à la lecture) La saison 2012-2013 du Club de lecture organisé depuis 2009 par l’Institut français du Bénin (Ifb) en partenariat avec l’Association Ayé Culture (Aac), effectue sa rentrée littéraire ce samedi 27 octobre 2012 à partir de 15 heures autour du thème «Quelle école pour quel avenir ?». Robert Asdé, l’animateur principal du Club et Président de Ayé Culture nous parle dans cet entretien, entre autres, du bien fondé de cette rentrée, des activités et des objectifs du Club de lecture, initiative mère des Rencontres littéraires et culturelles dans les lycées et collèges du Bénin (Relic). 

Club de lecture. C’est quoi?

Le Club de lecture est un creuset d’échanges littéraires et culturels entre les élèves, les enseignants et les écrivains qui se tient chaque dernier samedi de chaque mois à l’institut français du Bénin.

 

Le samedi prochain, vous effectuez une rentrée. Pourquoi une rentrée?

C’est une rentrée littéraire. Une rentrée littéraire parce que c’est le début de la saison. Lorsque nous devons démarrer une saison, nous estimons que c’est en quelque sorte une rentrée. C’est pourquoi la première séance est intitulée rentrée littéraire du Club de lecture de l’Institut français du Bénin.

 

C’est donc une tradition dans l’organisation du Club de lecture.

Exactement. C’est une tradition. Lors de cette rencontre, nous avons l’habitude d’inviter une voix  autorisée qui vient ouvrir ce bal des rencontres qui se tiennent dans les locaux de l’Institut français du Bénin. C’est même pourquoi nous l’intitulons rentrée littéraire du Club de lecture de l’Institut français du Bénin.

 

Rentrée littéraire au Club de lecture de l’Ifb, est-ce donc la rentrée littéraire à l’Ifb?

C’est vrai que c’est un peu osé mais à analyser, je me suis dit que c’est bien cela. Une rentrée, c’est quelque chose de formelle. Même si il n’est pas une institution, le Club de lecture évolue dans le cadre d’une institution. C’est un club qui s’organise en partenariat avec l’Association Ayé Culture qui est une institution culturelle exerçant dans le domaine de la littérature, du théâtre et de l’éducation. Le jour de cette rentrée, tous les acteurs du monde éducatif et culturel seront là. Voilà pourquoi est-ce que nous parlons de rentrée.

 

De quoi sera-t-il question à cette rentrée du samedi prochain?

Il sera question d’une rencontre entre un inspecteur de l’enseignement secondaire pour les programmes en français, Monsieur Barthélémy Abidjo. Il viendra nous parler de ce thème en tant que responsable du Club de lecture. Ça s’entend, «Quelle école pour quel avenir ?». Puisse que c’est des rencontres qui concernent beaucoup plus les apprenants, je me suis dit qu’il faut un thème qui doit forcément intéresser les élèves et aussi les parents d’élèves. Lorsqu’on parle d’école, il y a plusieurs acteurs qui sont entendus à savoir, les élèves, les enseignants, les parents d’élèves et aussi l’Etat. 

 

Un thème retenu donc suite à un constat de terrain dans le milieu éducatif ?

Oui, parce depuis un certain moment, les échecs scolaires deviennent de plus en plus inquiétants. C’est vrai, lorsqu’un enfant va à l’examen, il est seul devant sa copie mais c’est une conscience nationale. Les parents, les enseignants et même l’Etat sont soucieux parce que lorsque le résultat n’est pas bon, l’Etat, quelque part, n’est pas satisfait. C’est pourquoi nous avons ciblé un thème qui va impliquer presque tous les acteurs de ce monde là. Que nous le voullions ou non, l’école est devenue vitale dans la vie de toutes les nations.

 

Est-ce à dire qu’au Club de lecture vous avez aussi le souci d’amélioration des résultats scolaires?

C’est là même l’objectif premier du Club de lecture. Que faut-il faire pour apporter sa pièce à l’édifice que constitue le système éducatif de notre pays ? Chaque rencontre, même si elle se tient autour d’un thème ou d’un livre, c’est toujours dans le but d’apporter un plus à l’élève d’aujourd’hui, le futur cadre de demain. Donc, nous pensons à travers ces rencontres du Club de lecture de l’Institut français du Bénin, aider les jeunes béninois notamment les élèves, à préparer leur avenir.

 

Quelles sont les conditions pour prendre part à ces rencontres

Non ! Il n’y a pas de conditions particulières. Il faut aimer lire, il faut être élèves, étudiants, enseignants. Il faut être seulement assoiffé de connaissance. A chaque rencontre nous invitions à la fois, élèves, étudiants, écrivains, enseignants et les hommes de culture pour un débat de qualité. C’est un rendez-vous du donner et du recevoir. C’est beaucoup plus dans le but de faire découvrir l’importance de la lecture aux apprenants que ce club a été créé.

 

Depuis quand le club a été créé?

Nous avons initié ce club depuis octobre 2009 sur initiative de nous qui avions l’habitude d’aller lire à l’Institut français du Bénin, ex Centre culturel français de Cotonou. C’était une idée du responsable de la médiathèque à l’époque, Mr Olivier Carré qui m’a dit si on ne pouvait pas créer un club que je prendrai soin de diriger. J’ai donné mon accord. Et c’est comme ça qu’on a commencé. Au début, c’est la rencontre des liseurs, amis de l’Institut français du Bénin, ex Centre culturel français. On vient, on prend un livre, on lit ensemble et on discute autour. Après, c’est les écrivains. Nous les invitons pour nous parler de leurs productions ou de leurs œuvres. C’est ainsi que le Club s’est agrandi et ouvert au public.

 

Comment s’opère le choix des livres et des écrivains?

Il n’y a pas de choix spécial. Seulement, lorsque nous découvrons une œuvre d’un écrivain, qu’il soit béninois, africain ou européen, nous l’invitons s’il est dans le pays. Ou, nous même, nous prenons cette œuvre, nous nous retrouvons pour en discuter. Mais depuis un certain moment, c’est toujours en présence de l’écrivain. En cela, je tiens à dire mercier à Florent Couao-Zotti qui n’a jamais ménagé l’effort de se rendre toujours disponible, toutes les fois que nous l’invitons. Il y a plusieurs autres écrivains que nous avons reçus.

 

Vous discutez aussi des livres au programme scolaire?

Oui. Je prends par exemple le cas de Jean Pliya que nous avons amené à Calavi dans un collège privé où il a échangé avec les élèves sur ses ouvrages qui sont au programme. Mais cette activité s’inscrit dans le “Hors les murs’’. On a de pareilles rencontres qui sont délocalisées vers les établissements scolaires, donc qui ne se tiennent pas dans les locaux de l’Institut français du Bénin. C’est ce qui a donné naissance au projet Relic (Rencontres littéraires et culturelles dans les lycées et collèges du Bénin). Un projet initié dans le but de rapprocher le livre et l’écrivain des lecteurs, des élèves.

 

Quelles sont les activités inscrites à l’agenda de la présente saison du Club de lecture?

Nous savons déjà que le samedi prochain, 27 octobre 2012, nous sommes à l’Ifb avec pour thème «Quelle école pour quel avenir ?» et avec pour invité Barthélémy Abidjo, inspecteur de l’enseignement secondaire pour les programmes en français. Le samedi 24 novembre, nous avons invité l’auteur Adélaïde Fassinou avec son livre La sainte ni touche. Le 15 décembre 2012, nous aurons la phase finale du projet Relic actuellement financé par la Commission culturelle de l’Ambassade de France. Au total, nous aurons une dizaine de rencontres parce c’est une saison de 10 mois (octobre à juillet) qui couvre toute l’année scolaire. Selon l’actualité et selon aussi que les examens s’approchent, nous choisissons les thèmes pour accompagner les candidats aux différents examens.

 

Un appel

Je voudrais demander à tous les élèves, à tous les amoureux du livre, les écrivains, les enseignants, les parents d’élèves, … de bien vouloir venir apporter leur contribution à cette rencontre. Les conseils, ils ne sont pas de l’argent, mais ils peuvent aider à rentrer dans la prospérité. Tous ceux là qui peuvent dire un mot à l’endroit de la jeunesse, nous les invitons à participer à ce débat pour une rencontre de qualité.

Réalisation : Blaise Ahouansè