La Nouvelle Tribune

«Le Bénin n’a pas un problème de moyens mais plutôt un problème d’organisation, de planification, et de vision à long terme» Thierry Dagba, Béninois de l’extérieur

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La cinquantaine environ, Thierry Dagba nourrit de grandes ambitions pour le Bénin. Après plusieurs décennies passées en Auvergne en France où il a développé et réussi plusieurs projets, il est revenu définitivement au bercail avec la seule ambition de développer le Bénin. Il a créé la plate forme Dises(Développement, indépendance, sécurité, égalité sociale) au sein de laquelle il a émis des approches de solution pour sortir notre pays de l’ornière. Selon lui, le mal dont souffre le Bénin est beaucoup plus le manque de planification et d’organisation que de moyens. Nous l’avons rencontré pour vous.

Bonjour monsieur, veuillez-vous présenter à nos lecteurs.

Moi je suis Thierry Dagba, je suis de ceux que vous définissez comme béninois de l’extérieur. Je suis un homme passionné par son pays et qui, après avoir configuré la fin d’une carrière bien réussie, a décidé d’y rentrer pour voir l’aide qu’il peut lui apporter pour son développement, pour sa modernisation. J’ambitionne de mettre en œuvre tout ce que je prévois dans mon projet de développement et de modernisation de la vie au bénin et de faire en sorte que la démocratie progresse et qu’on ne revienne pas à nos anciens démons.

 

Alors vous avez un projet très ambitieux de développement pour notre pays avec des idées lumineuses et une perspective assez excellente. Est-ce que vous pouvez résumer ce projet-là pour nos lecteurs?

Mon projet est né par rapport à tout ce que je vis depuis que je suis ici, par rapport aux difficultés que rencontre ce pays et la façon dont les choses sont conduites et qui, pour moi sont tantôt dans la bonne direction mais dont je suis persuadé, ne connaîtront pas à terme le succès souhaité et le développement qu’attendent les béninois. Je parle de l’agriculture, de la sécurité, de l’organisation, de l’urbanisme au Bénin, de la remise en cause de certains acquis, de cadres, de colonie, de la société, de la structuration d’une société, la structuration du commerce , la fiscalité béninoise, le rôle de l’Etat qui doit conduire le peuple vers une destination, une nation moderne. Suite à tout çà, le sujet important au Bénin est que nous sommes nombreux. Donc moi je l’entoure d’un certain nombre de défis auxquels on devrait ensemble répondre, réfléchir pour apporter des solutions. Je suis convaincu que si cette voie était prise, nous serons un pays que beaucoup en Afrique admireraient pour sa réussite.

Donc je disais tantôt que l’idée la plus posée que je porte est de nature à répondre à tout ce que nous attendons de moyens, de qualification, d’organisation, d’accès de financements internationaux pour asseoir une société, un monde définitivement moderne qui ne fera que se développer dans la fierté dans une stricte confiance nationale. C’est la lecture du projet que je présente aux Béninois actuellement.

 

Un tel projet nécessite la participation de beaucoup de béninois, des ressources humaines assez pointues. Est-ce que vous avez les moyens?

Les moyens, de toute façon, le Bénin regorge suffisamment de moyens pour asseoir ce truc-là. Et comme je le dis, dans mon projet, chaque ligne énoncée est financée et finançable. Il y a un énorme manque pour l’Etat béninois, on le constate dans tous les domaines. Je n’ai pas de doute sur les moyens. Les moyens ne constituent pas le problème. Le problème, c’est l’organisation, c’est la planification, c’est la vision à long terme.

 

Avant d’atteindre tous ces objectifs, avant de réaliser un projet aussi ambitieux, il faut être à un poste de responsabilité. Est-ce que vous avez des ambitions politiques ? Et à quel niveau dans le pays et au niveau de quel organigramme politique voulez-vous vous situer pour pouvoir mener ce projet à bon port?

Comme je vous le dis, j’ai mené des sociétés qui ont eu du succès. J’ai eu une vie bien remplie et je suis venu ici au Bénin. Je suis rentré définitivement par amour pour mon pays avec l’idée qu’on a encore le temps tous, ensemble, pour mettre ce pays sur les rails. Effectivement, la question que vous me posez ne prendra en fait corps réellement qu’au terme de la direction actuelle du Bénin que je respecte, que j’encourage dans beaucoup de domaines. Effectivement, mon but, ma volonté est au terme de cette échéance, de me présenter parce que je suis à jamais opposé. Je porte ce projet vers les Béninois. Quoi qu’il en soit, je ne me prépare pas au découragement, j’irai au bout. Je ne viens pas demander un poste, je ne viens pas participer à une chose que je peux moi-même contester. Mais quoi qu’il en soit, je serai effectivement candidat et je pense que tous les Béninois auront la quintessence de mon projet. Qu’on en débatte, qu’on en discute. Et je pense que c’est un acte d’amour, c’est un acte de foi que je porte à ce pays pour répondre à pas mal de choses inacceptables dont beaucoup n’ont pas conscience aujourd’hui mais qui auront des conséquences à l’avenir.

 

Vous venez de dire que vous avez l’ambition de vous présenter pour l’élection présidentielle de 2016. Mais est ce que vous avez une équipe, des formations politiques qui vous soutiennent ou qui sont en mesure de vous coopter pour cette élection?

J’ai milité au sein du parti socialiste français et j’ai beaucoup appris auprès des députés et d’un sénateur français. J’ai participé activement à la campagne de Ségolène Royale même si on n’a pas su à cette période-là convaincre tout le monde. Mais le résultat aujourd’hui, c’est que le parti socialiste atteint les objectifs, le but qu’on s’était fixé. Je ne fais plus partie de ce monde-là. Mes ambitions sont maintenant essentiellement autour du Bénin. Je veux faire en sorte que les béninois soient fiers de vivre dans leur pays et ne soient plus contraints de s’expatrier pour rechercher un mieux-être. Comme nous, chaque être humain a le droit de vivre près de ses racines et aujourd’hui moi j’ai la capacité d’apporter les idées qui vont permettre au Bénin et aux Béninois d’être fiers de leur pays et de développer ce sentiment national. On a dit que les défis qui nous attendent ne sont pas des défis qui vont être portés sur un ou deux siècles et qu’en plein temps on peut atteindre les objectifs majeurs de développement et de modernisation du pays pour le bonheur de tous. Maintenant le débat sera porté devant les Béninois. Ce que j’attends d’eux c’est de participer à ce débat et de rejouer leur rôle d’arbitre parce que je suis convaincu de mes arguments, je suis convaincu de ce projet.

Interview réalisée par Marcel Zoumènou
Transcription : Richie Alia