La Nouvelle Tribune

Condamné à la perpétuité : Habré revient en force devant le tribunal

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A Dakar dans la capitale du Sénégal, ce lundi 9 janvier marque le retour devant le tribunal de Hissène Habré, l’ancien dirigeant tchadien qui est présenté à la Chambre africaine extraordinaire d’assises d’appel.

Condamné à la prison à vie en mai dernier lors de son procès en première instance pour crime de guerre, crime contre l’humanité, tortures et viols, l’ancien Chef d’Etat tchadien et ses avocats ont par appel favorable obtenu l’opportunité de faire remettre en cause la condamnation.

La défense estime avoir des arguments de taille pour obtenir l’annulation de la condamnation de la Chambre d’assise d’instance. Le principal argument remet en cause la qualification de l’un des quatre juges ayant siégés lors de ce procès historique en Afrique. La cible de cet argument est le juge sénégalais Amady Diouf. Alors qu’il est requis au moins dix ans d’ancienneté pour les juges titulaires devant commettre de cette affaire, lui ne remplit pas cette condition. Se basant sur ça, la défense soutient que le juge Diouf n’était pas qualifié pour juger l’ancien Président du Tchad. Pour Me Mounir Balal qui s’est exprimé sur Rfi, « la chambre d’assises d’appel doit prendre ses responsabilités » face à cet « argument imparable ».

Selon l’avocat, « le fait que ce juge titulaire ait siégé a clairement et manifestement invalidé la décision qui a été rendue par la chambre d’assises d’instance ».

Du côté de la partie civile, l’avocat des victimes Me Jacqueline Moudeina juge cet argument de « malhonnête » et relève que la défense avait la possibilité de soulever cette objection à propos du juge sénégalais en amont. Il faut dire que c’est un joker pour la défense de Hissène Habré qui joue sa dernière carte dans ce feuilleton judiciaire. Après ce procès en appel, il n’y aura plus d’assises sur ce dossier concernant les crimes de l’homme qui a dirigé le Tchad de 1982 à 1990 ; la Chambre africaine extraordinaire d’assises d’appel étant considérée comme une Cour de cassation.