La Nouvelle Tribune

Des morts en Rdc : Kinshasa tue ses citoyens

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La journée du lundi 19 septembre 2016 aura été particulièrement meurtrière en République Démocratique du Congo. Beaucoup de Congolais ont perdu la vie dans une violente répression de manifestations d’opposition pour exiger la tenue à bonne date des élections dans le pays.

Le nombre de mort est de 50 selon l’opposition et le pouvoir parle provisoirement de 17 de son côté dont 03 policiers et 14 civils. Que ce soit 17 morts ou 50, le drame est symptomatique d’un danger qui menace de briser le pays. Avec des discours dénués de toute humanité, les autorités congolaises ne semblent pas en mesurer la gravité. A propos des 14 civils tués, Evariste Boshab, le ministre congolais de l’intérieur s’est contenté de les présenter comme des « pillards ». « quatorze civils parmi les pillards » a-t-il dit après avoir annoncé le nombre de morts provisoire dans la manifestation de l’opposition qu’il considère être « un mouvement insurrectionnel qui s’est soldé par un échec ». Avec une telle déclaration d’autorité banalisant l’aspiration du peuple à l’organisation régulière d’élections, on se demande si la République Démocratique du Congo porte bien son toponyme. On se demande aussi où va le pays. Les signaux pour répondre à ces questions ne sont pas optimistes. Opposition et pouvoir se renvoient les responsabilités à chaque fois que le pays enregistre des morts. Les deux camps optent de plus en plus pour la violence au lieu du dialogue. Les forces de l’ordre acquises au pouvoir n’hésitent plus à tirer sur des manifestants. Les opposants eux, charrient tout sur leur passage pour manifester. Du coup, des éléments mal intentionnés s’offrent ces manifestations comme une occasion pour piller, incendier, foutre le bordel. Malgré les morts, les opposants se disent toujours prêts à recommencer. Et quand on sait que l’escalade de violence est toujours forte avec des morts enregistrés, il faudra obliger le pouvoir et l’opposition à mettre fin aux hostilités qui coûtent la vie aux Congolais et de surcroît aux humains. La vie étant sacrée.