La Nouvelle Tribune

Attentats en Afrique : Après le Mali et le Burkina, la Côte d’Ivoire

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L’organisation terroriste Al Qaida au Maghreb islamique est en train de mettre en pratique, son projet d’extension  de son entreprise terroriste de l’ensemble des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

Ce groupe qui est parti de l’Algérie et qui a établi ses quartiers au nord du Mali, a annoncé en fin d’année 2015, son intention d’étendre ses actions sur les autres pays de la sous-région. Et comme pour passer de la parole à l’acte, le mouvement a fait parler de lui à travers des attaques terroristes sporadiques dans la ville de Bamako. C’est le 20 novembre 2015, que cette organisation, a lancé les opérations terroristes d’envergure par les attaques terroristes du Radisson hôtel à Bamako. Un hôtel très fréquenté par les touristes et résidants occidentaux. Autre pays, autres attentats : c’est le 15 janvier 2016, à Ouagadougou au Burkina Faso, où les membres de la même organisation terroriste attaquent l’Hôtel Splendid et le restaurant Capuccino. Comme au Mali, le restaurant et l’hôtel ciblés par les assaillants, sont aussi des points d’ancrage de nombreux Occidentaux. C’est donc logiquement que ces derniers se comptaient parmi les victimes de la tuerie. Puis avant-hier, 13 mars 2016, à Grand-Bassam en Côte d’Ivoire, c’est une plage très prisée par les Occidentaux qui a été attaquée par les assaillants,  faisant 18 morts et 22 blessés. Le mode opératoire des assaillants dans les différents lieux des attaques, d’un pays à l’autre permet de relever au moins deux constantes : d’abord l’écart de deux mois qui séparent ces séries d’attaques : soit le 20 novembre 2015 à Bamako, le 15 janvier 2016 à Ouagadougou et le 13 mars 2016 à Grand-Bassam en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, les espaces ciblés par les assaillants dans les trois pays qui ont subi ces attaques terroristes, sont connus comme étant fréquentés par les Occidentaux.

Ces attaques terroristes visent donc certainement un triple objectif : d’abord, atteindre les Occidentaux qui fréquentent ces espaces, et partant, dissuader les autres ressortissants à quitter ces pays. Ensuite, le choix  des ressortissants occidentaux est fait à dessein. Leur présence parmi les victimes, fera bénéficier à l’organisation, une promotion gratuite. Puisque les évènements sont diffusés par de nombreux médias occidentaux. C’est pour cela que l’organisation, se presse toujours de revendiquer ces attaques. Par celles-ci, l’organisation réussit à développer le sentiment d’insécurité,  qui amène généralement les chancelleries occidentales à appeler leurs ressortissants à quitter ces pays et à décourager les candidats au tourisme à éviter ces destinations. L’attaque des points de convergences des touristes : hôtels, restaurants et plages, vise aussi à neutraliser l’activité touristique. Une façon pour elle de paralyser l’activité touristique, source de devises pour les opérateurs économiques et les Etats. Ces attaques traduisent aussi la volonté de cette organisation de soumettre les Etats à la pratique de la Charia, que les mouvements islamistes présentent comme le code de prescription des conduites sociales par excellence. Ce qui intrigue dans ces attaques qui migrent d’un pays à l’autre de la sous-région, c’est la facilité avec laquelle lesdites attaques  se déroulent. Ce malgré les précautions prises par les autorités, ainsi que les dispositions sécuritaires mises sur pied dans chaque Etat. Faut-il penser que les assaillants sont plus aguerris que les forces de défense des Etats ? On nous répondra certainement que la difficulté éprouvée par les soldats, réside dans la confusion des assaillants avec les civils. C’est cet aspect des choses qui rend complexe, l’efficacité  des dispositifs de défense et la capacité de riposte. Mais ces attaques terroristes semblent surtout bénéficier des complicités internes. C’est-à-dire des relais ou représentations locales de ces mouvements terroristes, qui livrent des informations sur les positions des forces de défense, qui préparent les attaquent et participent même peut-être aussi aux opérations. C’est pour cela que la lutte contre l’expansion du mouvement Al Qaida dans la sous-région, ne doit pas seulement être militaire, elle doit aussi intégrer des sensibilisations et même l’instauration du dialogue intercommunautaire et interreligieux. Un dialogue franc de la société avec elle-même, matérialisée par la volonté réelle de combattre le terrorisme, peut annihiler mieux que les armées, l’expansion de l’horreur et de la bêtise humaine dans la sous-région