La Nouvelle Tribune

Peut-on sortir la Libye du chaos ?

Espace membre

Le président Barack Obama a convoqué pour le jeudi 04 février, un conseil de sécurité nationale qui se tiendra à la Maison Blanche et qui aura comme point à l’ordre du jour, la situation en Libye. Il est question pour le gouvernement américain, de préparer l’éventualité d’une intervention de la coalition internationale contre l’Etat islamique.

Le gouvernement américain s’inquiète de la progression inquiétante de ce groupe dans la région qui utilise la Libye comme quartier général. Pour étendre ses tentacules dans les autres pays du Maghreb comme la Tunisie et l’Egypte où les organisations terroristes présentes, ont déjà toutes fait allégeance au groupe Etat islamique. L’Etat islamique implante aussi ses bases en Afrique de l’Ouest et de l’Est. Pour le gouveranement américain, il urge de coordonner une intervention militaire dans ce pays, comme c’est le cas en Syrie. Seulement, le gouvernement américain ne souhaite pas prendre la tête de cette coalition. Il envisage qu’elle soit confiée à un pays méditerranéen européen.

 Puisque ce sont ces pays qui souffrent le plus de la crise en Lybie. Elle est devenue par l’occasion, le couloir de passage des migrants africains qui ambitionnent de rallier l’Europe. On peut lire derrière ce projet d’intervention militaire en Libye, un désir du gouvernement américain, de chasser l’Etat islamique du pays. Surtout que ladite organisation a réussi à prendre le contrôle d’une grande ville comme Syrte. Une ville riche en terminaux pétroliers importants. En boutant Daech hors de la Libye, il y aura certainement l’avantage de lui couper les sources de financement de la guerre. Etant entendu que c’est l’argent issu de la vente du pétrole dans le marché noir qui lui permet de s’équiper en armement et de procéder au recrutement des combattants. Mais le problème d’un tel projet porte seulement sur son efficacité et ses effets induits. Le dénouement des interventions antérieures et mêmes actuelles des forces de la  coalition dans d’autres pays, n’autorise pas, à moins d’être amnésique, à encourager une telle initiative.

Surtout que pour le cas de la Libye c’est une intervention du genre sur son territoire qui l’a plongé dans le chaos et dans l’impasse. Faisant regretter à certains, «le régime dictatorial de Mouammar Kadhafi». L’option d’une intervention militaire, ressemblerait à administrer au même malade une thérapie  notoirement  inefficace et destructrice pour le patient. C’est pour cela qu’il faut étouffer dans l’œuf ce projet de l’administration américaine auquel il entend associer d’autres pays et même l’organisation des Nations-Unies. C’est déjà bien qu’un pays comme la France par la voix de son ministre de la défense, Jean Yves Le Drian, démente l’idée d’une intervention militaire en Lybie, un peu comme pour dire que cette voie n’es tpas  la meilleure. Si les pays comme les Etats-Unis, la France et l’Angleterre veulent s’acquitter d’une dette morale, celle de rétablir de l’ordre en Libye, pour des raisons que tout le monde sait, ce n’est pas par l’intervention militaire internationale que cela devrait se faire. Ce serait plutôt par la recherche des solutions internes.

Comme celles qui consistent à convaincre les membres des deux gouvernements qui prétendent chacun avoir la légitimité. On n’apprendrait à personne que chaque camp est supporté par des Etats la nuit,  qui appellent au retour à la paix le jour. C’est donc dire qu’on peut trouver des interlocuteurs qui peuvent convaincre les deux camps à trouver un compromis. Car l’Etat islamique profite de l’opposition entre les dirigeants pour gagner davantage le terrain et les adeptes. La réunification des membres des  deux fractions pour former un gouvernement d’union nationale et la réconciliation des libyens entre eux, peuvent constituer  des voies permettant de sortir le pays du chaos et de l’emprise du groupe Etat islamique. Si les intentions des personnes engagées pour cette négociation sont sincères, cela aboutirait forcément. Puisque la pacification de la Libye rétablirait aussi l’ordre dans la sous-région Afrique de l’Ouest et au Maghreb. Les Etats européens pourraient aussi organiser avec le régime légitime qui sera mis sur pied, de meilleures stratégies de lutte contre la traversée des migrants.