La Nouvelle Tribune

Rétablir la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire

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Le responsable de l’Onuci a annoncé la semaine dernière, le projet de retrait progressif des soldats de la Côte d’Ivoire. Il a expliqué que ce retrait a été négocié entre l’institution Onusienne et les autorités d’Abidjan.

De commun accord, ils ont arrêté un plan de retrait des soldats qui va de mars 2016 jusqu’au début 2018. Le premier contingent de soldats doit quitter en fin mars 2016. Ce sont environ 500 soldats qui partiront pour ne laisser plus que 4000 soldats. Au début 2018, tous les soldats auront tous quitte le pays, selon le désir exprimé par le gouvernement ivoirien. Le responsable de l’Onuci a justifié ce projet de retrait des soldats, par le succès qu’a connu l’organisation des dernières élections présidentielles. Puisque les craintes exprimées par l’Onuci, ont été dissipées par la bonne tenue du déroulement des élections. Il a aussi mentionné les efforts du régime du Président Ouattara à ramener le pays sur le chemin de la paix et de la réconciliation.

Ce sont ces propos du responsable de l’Onuci qui suscitent notre réflexion sur la capacité et la volonté du pouvoir en place, à rétablir la paix et à réconcilier les populations ivoiriennes entre elles.  Le premier mandat du Président Ouattara ne fait pas de doute sur le fait qu’il ait apporté la relance économique par une politique de grands travaux. Des ponts, des échangeurs, des immeubles de toute beauté ont donné à la ville d’Abidjan, l’image d’une ville pittoresque. Mais le ventre mou de ce régime porte sur son incapacité voire son absence de volonté à attaquer de façon réaliste, le chantier de la réconciliation. L’opération démobilisation et réinsertion des anciens rebelles connait un succès mitigéMais ce sont surtout des décisions du régime actuel d’Abidjan qui suscitent des interrogations sur sa véritable volonté à s’orienter vers la voie de la réconciliation. Il y a une partie de la population qui dénonce la justice à deux vitesses. Mise en branle autant par la Cour pénale internationale que par le régime actuel.

Les militants du Front populaire ivoirien, parti de Laurent Gbagbo, considèrent comme une injustice, le fait de procéder uniquement au déferrement des partisans d’un seul camp à la Haye. Un peu comme si le conflit était l’œuvre d’une seule partie. C’est le même sentiment qu’ils ont éprouvé lors du procès de Simone Gbagbo. Et de vingt autres co-accusés qui ont reçu des peines d’emprisonnement différenciées, qui frisaient la vengeance. La Président Ouattara a promis qu’il n y aura pas de justice des vainqueurs et que tous ceux qui ont joué un rôle dans la crise postélectorale, auront à rendre compte devant la justice. Un tel équilibre dans l’initiative des procès, constituera à lui seul, un élément déclencheur de la réconciliation. Car la véritable réconciliation commence par la reconnaissance par chaque camp de son implication dans la crise postélectorale.

Pour avoir pris les armes, les rebelles ne peuvent pas prétendre avoir essentiellement servi le peuple. Des exactions et les atrocités ayant été commisses par les deux camps. Il reste donc à espérer que ce deuxième mandat du Président Ouatarra soit consacré à la réconciliation du pays. Celle-ci ne s’obtiendra pas à travers des procès sélectifs, à l’instar de celui des présumés assassins du général Guei qui a débuté avant-hier à lundi à Abidjan. Déjà, la comparution du premier accusé, le sergent Kouadio Kouadio permet de deviner à quel camp on va imputer l’assassinat du général. La voie des procès ne semble donc pas être la meilleure approche, pour le rétablissement de la vérité et le dédommagement des victimes. Le recours au pardon peut être plus efficace. Mais un pardon précédé, d’une confession publique ou au sein d’une commission. Car aussi longtemps que le régime s’acharnera à faire juger les partisans d’un seul camp, il ne fera qu’accroitre les frustrations. Lesquelles constitueront un sérieux obstacle à une réconciliation véritable. A moins de se contenter d’une réconciliation de façade et de proclamation