La Nouvelle Tribune

Burundi : Un pays sur la voie de la guerre civile

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Les évènements du vendredi 11 décembre dernier, constituent de signes pour ceux qui refusaient de les percevoir que le pays dirigé par Pierre Nkurunziza est au bord de la guerre civile. Les attaques des trois camps militaires par des assaillants non identifiés, suivies des exactions militaro-policières sur les jeunes des quartiers fiefs des mouvements de contestations, constituent les preuves que si rien n’est fait, le pays risque de sombrer dans nouvelle guerre civile.

Du moins les décisions prises par le gouvernement américain, qui demande à ses ressortissants de quitter rapidement le Burundi et déconseille le séjour aux touristes américain, est un signal fort du climat délétère qui règne en ce moment dans ce pays de la région des grands lacs. Même le royaume de Belgique ancienne puissance colonisatrice, est très préoccupé et appelle à une intervention conjointe de l’Union africaine et de la communauté internationale. C’est donc un climat de terreur qui règne désormais dans le pays avec d’un côté, la barbarie policière et militaire qui visent surtout à réduire au silence les leaders des mouvements de contestations ainsi que les militants de défense des droits de l’Homme.

La communauté internationale avait pourtant observé le pouvoir burundais pousser progressivement le pays dans la violence, l’insécurité et l’instabilité sociopolitique. Car en réaction aux mouvements de protestation contre la candidature de Pierre Nkuruzinza, les policiers et militaires avaient opposé aux manifestants, des répressions sanglantes. En réponse, le camp du pouvoir a enregistré des assassinats des officiers supérieurs de l’armée. En plus du coup d’État avorté qui démontrait clairement des divisions au sein de l’armée.

Dans un tel contexte, la communauté internationale et/ou l'Union africaine se devaient d’agir en appelant le régime à mettre fin à sa politique de répression meurtrière. Pour un pays qui n’a pas encore cicatrisé les blessures de la guerre civile de 2003, ce n’est rien d’autre qu’une complicité de la communauté internationale que de laisser le pouvoir agir ainsi sans retenu ni rappel à l’ordre ni l’Union africaine championne des beaux discours sans résultats, encore moins du conseil de sécurité qui agit pourtant ainsi dans d’autres pays. A moins de rester dans la logique de sapeurs pompiers qui n’arrivent que lorsque l’essentiel des biens, est consumé.