La Nouvelle Tribune

Burkina: Sur les ruines du parlement brûlé de Ouagadougou

Espace membre

Les burkinabè s'apprêtent à non seulement voter pour choisir un nouveau président de la république mais aussi pour renouveler le parlement. Ce sera demain, dimanche 29 novembre 2015, journée historique pour le pays. Ce samedi, veille du scrutin, le correspondant de la Nouvelle Tribune à Ouagadougou s'est rendu sur le site de l'ancien parlement incendié par les Burkinabè au Début des insurrections des 30 et 31 Octobre 2014 à Ouagadougou.

Véritable cahier d'histoire ouvert en plein air, ce lieu interdit d'accès actuellement porte les séquelles encore fraîches de la furie d'un peuple qui ne veut plus de l'imposture. Mur délabré, les restes de persiennes brisées, carcasses de véhicules brûlés...

 

Sur les ruines du parlement brûlé de Ouagadougou Posté par lanouvelletribune.info sur samedi 28 novembre 2015

 

De l'extérieur on remarque bien que ce lieu a été le théâtre d'une grande manifestation de colère.  Situé à quelques pas de la radio télévision burkinabè Rtb et de la primature, ce lieu rappellera aux futurs parlementaires qui seront désignés à l'issue du scrutin de dimanche, leur devoir d'intégrité et de fidélité aux aspirations profondes du peuple burkinabè qui veille désormais au grain. Comme pour dire plus rien ne sera comme sous Blaise Compaoré.

Burkina: Ouagadougou retrouve son calme avant d'aller aux urnes

Au lendemain de la clôture de la campagne électorale, le calme est revenu dans la capitale du Burkina ce samedi matin, veille du jour de vote. La ferveur des propagandes a cédé la place au calme des jours ordinaires dans la capitale burkinabè. En attendant de se rendre dans les urnes pour choisir celui qui sera le locataire du Kosyam pendant les cinq prochaines années,  les burkinabè vaquent à leurs occupations. Ce dimanche historique,  ils auront également à désigner leurs nouveaux représentants au parlement.  Ce parlement qui avait subis leur furie au début de l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui a abouti au départ de Blaise Compaoré après 27 ans de pouvoir sans partage.

 

 

Ouagadougou retrouve son calme avant d'aller aux urnes Posté par lanouvelletribune.info sur samedi 28 novembre 2015

Fin de campagne au Burkina : Kaboraé porté en triomphe, Ablassè Ouédraogo prêche dans le vide

Fortunes diverses pour les candidats ce vendredi à la clôture de la campagne électorale au Burkina Faso. Certains candidats, les plus en vue, ont clôturé en apothéose leur périple électoral et les autres avec une fin pas trop prometteuse. Cela s’illustre avec l’un des grands favoris du scrutin, Roch Marc Christian Kaboré le candidat du Mpp et Ablassè Ouédraogo, le porte-flambeau du Faso autrement. Le premier a fini par un bain de foule dans le grand stade du 04 août à Ougadougou. Aux environs de 16h, heure locale, l’envoyé spécial de La Nouvelle Tribune à Ouagadougou a constaté un monstrueux bouchon sur la voie menant à ce stade. D’innombrables véhicules allant des petits aux gros camions, et des motos se sont coincés obstruant du coup le passage. Difficile de se frayer un passage même à pieds au milieu des sympathisants déchaînés pour la victoire de Roch Kaboré. A cet instant le candidat lui-même n’était pas encore là, le stade est déjà entièrement bondé de monde à l’intérieur et du dehors plusieurs autres personnes se bousculent et forcent les passages bloqués par ceux du Mpp qui sont chargés de la sécurité. D’autres n’ont pas hésité à risquer leurs vies en montant sur des pylônes, juste pour avoir une vue sur ce qui se passe à l’intérieur. C’est l’ambiance de vrais meetings géants. « Kaboré Kosyam ! » « Un coup K.O !», « Kaboré président ! »… Les cris favorables au candidat Kaboré se mélangent et offrent un charivari déconcertant. Les étalons ont même été conviés à la rencontre de fin de campagne. Dans la foulée, le candidat qui s’était lui-même introduit dans le stade dans un convoi sécurisé, a pris la parole pour s’adresser au public. Ses premiers mots sont suivis d’ovation et de bruit de vuvuzela. Il parlera longuement de son projet de société. L’ancien cador du régime Compaoré qu’il a quitté un an avant l’insurrection populaire promet une rupture avec le système auquel il a participé pendant 20 ans sur les 27. La santé, l’éducation, la sécurité, la défense, l’économie… il dit avoir beaucoup de choses à faire pour changer la vie des Burkinabè. Kaboré a aussi en projet une réforme constitutionnelle. Dans les six premiers mois de son quinquennat s’il était élu, il assure qu’il va « réécrire la constitution pour le Burkina ». Ceci pour « terminer l’œuvre de Thomas Sankara » l’ex-capitaine président dont l’assassinat est attribué à Blaise Compaoré. Son message, il l’a passé également en Morin, la langue nationale de son ethnie, l’ethnie la plus populaire des Mossi.

Optimisme béat d’Ablassè Ouédraogo

D’un stade à un autre, le constat n’est pas le même. Au stade municipal de la même ville, sis à quelques 20 kilomètres du stade du 04 août, Ablassè Ouédraogo, le candidat de la coalition Ensemble le Faso autrement n’a pas pu drainer du monde pour son meeting de clôture de campagne. Les quelques rares personnes arrivées dans ce petit stade sont comptées du bout des doigts. Certains ne portaient pas attention aux allocutions successives des responsables du parti. Il aura fallu, que le candidat à la présidentielle lui-même apparaisse, tout de blanc vêtu sur la tribune au milieu de l’air de jeu, pour entendre des cris de sympathisants. Cela lui donne un peu de tonus pour livrer son message. On note chez lui un optimisme béat. Il se voit déjà au Kosyam pour prendre le fauteuil qu’occupe actuellement Michel Kafando, le président de la transition qu’il salue au passage pour sa bonne gestion avec toute son équipe. « Ablassè Ouédroago au Kosyam, nous allons faire un nettoyage » a-t-il dit après avoir peint un tableau sombre de l’état dans lequel Blaise a laissé le pays des hommes intègres après 27 ans de « pouvoir sans partage ». « Le Burkina est un pays d’un d’injustice, un champ d’impunité » constate-t-il relevant aussi la nécessité de faire en sorte que « Les Burkinabè puissent dormir en toute sécurité ». Tout un programme dénommé « le Faso autrement » est conçu par lui et son équipe pour relancer le Burkina. Il ne s'est pas contenter de présenter ce programme, il a aussi lancé des piques à ses challengers parmi lesquels, selon lui, se trouvent « des gens ayant leurs places dans les prisons ». Cependant, il se présente comme l’homme du consensus, «l’homme sans frontière » qui va rassembler tous les Burkinabè dans un sursaut patriotique de construction de la nation. Seulement, ce vendredi sa force de rassemblement n’a pas été remarquable. Il n’est pas le seul dans ce cas. Les responsables politiques du Mda qui ont choisi de clôturer leur campagne au Siao n’ont pas aussi réussi à mobiliser un grand monde. Il faut dire que cette formation qui se veut révolutionnaire dans les idées, la gouvernance, n’est engagée que dans les législatives même si elle compte donner une consigne de vote au second tour de la présidentielle. L’apparence étant souvent trompeuse selon un vieux dicton populaire, il n’est pas question de conclure  une victoire ou un échec pour un camp. Surtout que certaines indiscrétions font état de ce que des déplacements ont été motivés moyennant des billets de 1000 F ou 2000 F Cfa.

Olivier Ribouis, Envoyé spécial à Ouagadougou