La Nouvelle Tribune

Violences en Centrafrique : tout ça pour du diamant ?

Espace membre

Bangui, la capitale de la Centrafrique est depuis le 25 septembre, le théâtre d’un regain d’actes de violences, de pillages et d’attaques armées. Tout est parti de l’assassinat d’un jeune musulman dans le huitième arrondissement de la capitale. De quoi laisser croire que le pays est encore en proie à un conflit interreligieux.

Mais les derniers développements de l’actualité mettent en exergue la piste des diamants sales comme une des sources de l’agitation qui reprend droit de cité à quelques mois des élections dans ce pays qui aspire à la paix, à l’unité nationale et au développement. Dans un rapport paru ce mercredi, l’organisation Amnesty International a révélé que des compagnies basées en occident financent les rebelles pour se procurer des « diamants du sang ». Avant la crise, jusqu’en 2012, selon les données publiées, les diamants représentaient la moitié des exportations de la Centrafrique avec une production moyenne de 300.000 carats.

A l’avènement de la crise, Sodiam, le principal négociant de la Centrafrique, indique Amnesty International, traitait avec les milices Anti-balaka qui lui auraient vendu quelque 60.000 carats de diamants évalués à 7 millions de dollars. Sur la liste noire des compagnies du diamant du sang, figurent aussi Badica (2ème négociant de la Centrafrique  avant la crise) et sa filiale belge Kardiam épinglés par les Nations Unies. Amnesty International demande au gouvernement centrafricain de confisquer les recettes issues du commerce des diamants du sang pour empêcher ses compagnies d’en jouir. Cette donne de la crise centrafricaine font penser à juste titre à certains que le problème n’est pas si religieux que ça et que derrière le rideau, se trouvent des particuliers à la recherche des richesses du pays.