La Nouvelle Tribune

Exécution des membres de Boko Haram: l’Onu critique le Tchad

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Alors que plusieurs pays exécutent des prisonniers y compris les États-Unis et que la guerre contre le terrorisme fait rage avec l'exécution sommaire des terroristes par drones, l'ONU a décidé de condamner le Tchad. 

Une dizaine de jours après l’exécution au Tchad de dix personnes présentées comme des membres de la secte djihadiste Boko Haraam, l’Onu réagi et dénonce des violations de droit de l’homme. Christof Heyns, le Rapporteur des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, a condamné ce lundi 7 septembre 2015, les exécutions qui ont eu lieu le 29 août dernier au Tchad.

Il relève que ces exécutions ont eu lieu après un procès qui n’aurait pas été organisé dans les normes internationales requises. Aussi, selon lui, le Tchad a violé le moratoire sur l’utilisation de la peine capitale. M. Heyns condamne les attaques terroristes mais estime qu’en dépit de la condamnation, les autorités tchadiennes doivent se conformer au « droit international » en matière de peine de mort. Il a rappelé que « la peine de mort est une forme extrême de punition et lorsqu’elle est utilisée,elle doit être imposée uniquement par un procès juste, tenu avec les garanties judiciaires les plus strictes conformément au droit international des droits de l’homme ». Le Tchad a restauré l’application de la peine de mort en juillet dernier seulement, soit quelques semaines avant l’exécution des dix membres présumés de Boko Haram après des attaques perpétrées par la secte islamiste à N’Djaména dans la capitale tchadienne entre juin et juillet. M. Heyns estime également que loin de « rendre la vie plus précieuse », ces exécutions la « dévalorisent ».