La Nouvelle Tribune

Insécurité: le Burundi à tombeau ouvert

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L’insécurité s’installe à une vitesse de croisière au Burundi. Le pays est inexorablement conduit vers le chaos par Pierre Nkurunziza qui fait sien la philosophie de « Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire, ne rien céder, ne rien faire ». Depuis l’assassinat dimanche soir de son bras droit, le général Adolphe Nshrimirimana, le pays connaît une escalade de violence inquiétante.

Traitements inhumains, attaques ciblées, arrestations sans mobile, meurtre, crime politique, vandalisme… tout le champ lexical de l’horreur s’y épuise. Le niveau de l’insécurité a atteint un degré suffisamment grave où chacun vit chaque instant comme le dernier dans la capitale burundaise, Bujumbura. Personne n’est épargnée dans les attaques ciblées. Pierre-Claver Mbonimpa, figure de la société civile burundaise, a failli laisser sa peau. Les étrangers, non plus, ne sont pas à l’abri. Parmi 04 cadavres de personnes retrouvées ligotées ce vendredi, se trouvaient un Congolais et son fils qui, selon des témoins, revenaient de la mosquée jeudi matin. Ils ont été descendus par des policiers accusent certains, pendant que les flics disent s’être défendus d’assaillants orchestrant des attaques à la grenade.

Nkurunziza se rend à l’évidence

Obligé de parler après le décès de son chef des services de renseignement, le président Pierre Nkurunziza avait indiqué que des attaques ciblées contres des personnalités et responsables politiques ont eu lieu ces derniers jours. Reconnaissant ainsi, astucieusement une situation sécuritaire de plus en plus chaotique et symptomatique d’une hécatombe qui menace de détruire le pays. La situation semble même échappée au contrôle de la police qui elle-même a dans un communiqué indiqué qu’un « groupe de criminels » auteur desdites attaques ciblées, se déguise avec des uniformes de forces de l’ordre. Il y a donc une confusion totale qui règne. On ne peut plus identifier policiers de criminels étant donnés que tous commettent des atrocités. Le communiqué fait également état de ce que le groupe de criminel incriminé est constitué d’anciens « vrais policiers et militaires » débridés. A ceux-ci s’ajoutent des Imborenakure, la milice pro-Nkurunziza qui en toute illégalité consentie, soumettent les voix discordantes au pouvoir en place, à des traitements inhumains. Comme des flics, ils arrêtent, interrogent, torturent et n’hésitent pas à tuer selon des observateurs. Ensemble, avec toute la clique des inconditionnels soutiens au régime de Pierre Nkurunziza avec le président lui-même en tête, ils constituent la capitainerie qui conduit le Burundi à tombeau ouvert.