La Nouvelle Tribune

Centrafrique : l’Europe bailleur de la guerre selon l’Ong britannique Global Witness

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Scandaleux, ce que révèle Global Witness, une Ong britannique au sujet de la guerre en Centrafrique. Dans un rapport au titre fort évocateur de « Bois de sang : Comment l’Europe a contribuer au financement de la guerre en République centrafricaine », l’Ong révèle que des entreprises européennes ont financé les rebelles de la Séléka qui ont renversé le président François Bozizé. Des témoignages recueillis dans ce rapport publié ce mercredi 15 juillet 2015 indiquent les entreprises européennes concernées qui ont financé les rebelles dirigés par Michel Djotodia.

En amont, ces entreprises implantées en Centrafrique subissaient des pillages et des rançonnements organisés par les hommes de Michel Djotodia. Selon le document, les entreprises dont il s’agit ont par la suite décidé de faire le jeu de la Séléka pour avoir la sécurité garantie. Ces entreprises d’origines françaises et allemandes, explique le rapport, concluaient aussi des contrats lucratifs d’exploitation forestières avec les rebelles. Outre les entreprises européennes, le rapport mentionne que des entreprises chinoises, et libanaises y ont également pris part et les recettes issues de cette exploitation illégale du bois en Centrafrique sont chiffrées à des millions de dollars. Dans cette relation avec les rebelles, souligne un rapport de 2014, il est indiqué que des individus armés chargés d’assurer la protection des installations de ces entreprises dans la capitale centrafricaine, Bangui, percevaient jusqu’à « 6000 dollars américains par mois ». Pour Global Witness, l’Union européenne s’est rendu coupable par son silence coupable sur la commercialisation du « bois du sang» dans son espace.

Au profit de Djotodia ?

Avec cette révélation, on pourrait se poser des questions sur les biens de l’ex chef rebelle devenu président avant d’être obligé de quitter Bangui pour Cotonou. Michel Djotodia est propriétaire de plusieurs biens dont certains au Bénin. Au lendemain de son arrivée au Bénin, La Nouvelle Tribune l’a surpris en maître d’œuvre donnant des consignes sur une de ses constructions à Abomey-Calavi, une ville proche de Cotonou. Des indiscrétions ont fait état de nombreux biens éparpillés sur le territoire béninois et dans d’autres pays.