La Nouvelle Tribune

Burundi : Nkurunziza lâche du lest, présidentielle reportée

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Victoire partielle pour les Burundais. Leur ténacité commence par porter des fruits. L’élection présidentielle ne se tiendra pas demain vendredi 05 juin comme prévue. Le gouvernement burundais vient d’annoncer le report de cette élection pour la date du 26 août.

L’information donnée par Alain Nyamitwe, l’ex-ministre burundais des Affaires étrangères, précise que cette date, correspond à une deadline conformément aux dispositions de la Constitution. De même, les élections législatives et communales sont également reportées. Cette annonce intervient au lendemain de l’engagement pris mercredi par de nombreux partis et organisations du pays pour la poursuite du dialogue afin que les consultations électorales se tiennent dans la transparence et soient crédibles. Par cette décision l’on ne peut s’empêcher de constater le président Pierre Nkurunziza a lâché du lest.

Contribution de deux braves femmes

Ce report, surtout de la présidentielle qui doit permettre à Nkurunziza de valider son troisième mandat objet de violentes manifestations semble s’imposer au chef de l’Etat burundais. Ceci avec l’acte de bravoure des deux femmes: Spes Caritas Ndironkeye et Illuminata Ndabahagamye. Respectivement, vice-présidente et Commissaire chargée de l’administration et des finances, de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), elles ont démissionné de cet organe chargé d’organiser les élections.

Avec leur départ officialisé par leurs lettres de démission transmises lundi au président Pierre Nkurunziza, le bureau de la Céni était réduit à 03 membres. Une situation qui rendait techniquement impossible la tenue des élections législatives à la date du 05 juin prochain comme le prédisposait le calendrier électoral. Les deux braves dames estimaient que la crise sécuritaire que connaît le pays du fait des manifestations n’est pas de nature à favoriser un scrutin crédible. Ce qui a créé une impasse qui un tant soit peu, plombait le projet de Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat malgré les cris d’angoisse de sa population. Avec cette victoire, les Burundais qui s’essoufflaient dans les manifestations peuvent désormais croire en leur capacité à faire abdiquer Nkurunziza comme les Burkinabès ont réussi à chasser du pouvoir, Blaise Compaoré aujourd’hui réduit à un exil forcé en Côte d’Ivoire chez son, dit-on, frère Alassane Ouattara.