La Nouvelle Tribune

Sénégal :Hissène Habré répond aux juges par le silence

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Muet comme une carpe,est resté mercredi Hissène Habré, devant les juges des chambres africaines extraordinaires qui se préparent activement à le juger pour les crimes contre l’humanité dont on l’accuse. Convoqué pour un interrogatoire d’identité en prélude à l’ouverture de son procès, l’ancien chef de l’Etat tchadien n’a dit mot au président des chambres.

Pendant 20 minutes, le temps qu’a duré l’interrogatoire seuls les juges ont parlé. Cet interrogatoire n’a pu faire l’exception à la règle du silence devenue règle d’or chez Hissène Habré depuis 19 mois que dure son instruction. Le procès de l’homme âgé de 73 ans, s’ouvre le 20 juillet prochain à Dakar dans la capitale sénégalaise. Ce sera un évènement historique. C’est pour la première qu’un ancien chef d’Etat africain sera jugé par une juridiction africaine. Les chambres africaines extraordinaires, cette juridiction qui est chargée de ce procès, a été spécialement créé par l’Union africaine de commun accord avec le Sénégal, pays où se déroule le procès.

Déby-Habré

Ce procès tant attendu est une suite d’une bataille de longue date entre l’accusé et l’actuel homme fort du Tchad, Idriss Déby Itno. Hissène Habré faut-il le rappeler, a été renversé par Idriss Déby en 1990. Hissène Habré soupçonne le président Déby d’orchestrer des manœuvres pour le voir pourrir en prison. Le 31 décembre dernier le président Habré a mis fin aux services de Maître El Hadj Diouf, un de ses avocats après 14 ans de collaboration. L’avocat a commis le péché d’avoir rencontré l’ennemi juré de son client sans son consentement. L’avocat s’était alors expliqué, se défendant d’accusation de trahison de son client. Il avait notamment déclaré avoir tout fait, « y compris la rencontre avec Deby » dans l’« intérêt » de son client. Déclaration que le président-détenu a démenti à travers un communiqué affirmant que Maître Diouf est allé à ce rendez-vous pour « son compte personnel ».