La Nouvelle Tribune

Côte d’Ivoire : encore 58.000 Ivoiriens en exil, ceux du Bénin oubliés

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04 ans après la crise postélectorale de 2010-2011, la Côte d’Ivoire compte encore 58.000 de ses fils et filles qui rechignent à retourner au bercail. Ce chiffre a été avancé par le président Alassane Ouattara qui s’est basé sur les données du Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (Hcr). Sur les 58.000, selon le chef de l’Etat ivoirien, qui cite la même source, « 38.000 sont au Liberia ». Les 20.000 autres restant a-t-il dit, sont répartis au Mali, au Ghana, en Guinée et au Togo.

Aux chefs traditionnels de la région d’Agnéby-Tiassa à qui il présente la situation, il a promis tout mettre en œuvre, pour ramener au pays, ses concitoyens. D’ici à la fin de cette année, près de 10.000 réfugiés seront de retour au pays si tout se passe bien à en croire les explications du président Ouattara. Si ceux qui sont en Guinée ne sont pas encore revenus dans leur pays, c’est, a-t-il expliqué, du fait de l’épidémie d’Ebola qui a obligé à une fermeture de la frontière côté ivoirien. Et actuellement, confiant de ce que la situation est sous contrôle, il a indiqué que tout sera mis en œuvre pour que ses compatriotes vivant dans ce pays reviennent.

Les oubliés du Bénin

Dans ses statistiques le président ivoirien a cependant omis certains de ses compatriotes. Notamment ceux qui se sont exilés au Bénin. Majoritairement, des pro-Gbagbo, ces Ivoiriens ont donné de la voix samedi 11 avril dernier, jour commémoratif de l’arrestation de l’ex président Laurent Gbagbo aux mains de la Cour pénale internationale. Réunis dans une association dénommée Coalition des patriotes ivoiriens en exil (Copie,) ils sont demeurés nostalgiques de ce qu’ils appellent « triste et honteuse journée pour l’Afrique et pour la Côte d’Ivoire ». Cela fait déjà 04 ans que le président Laurent Gbagbo est détenu à la Haye où il attend son procès pour crime contre l’humanité, crime de guerre dans cette crise qui a fait quelques 3000 morts selon les chiffres officiels. Pour les exilés, il reste et demeure un acteur indispensable pour la réconciliation en Côte d’Ivoire. « La Côte d’Ivoire n’est pas réconciliée et elle ne peut pas se réconcilier sans Laurent Gbagbo », a lancé l’un des organisateurs de cette commémoration.