La Nouvelle Tribune

Mémoire génocide rwandais : les archives de l’Elysée à portée de tous

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Chercheurs, associations de victimes ou autres organisations intéressées par le dossier du génocide rwandais ont désormais matière à fouiner. Le gouvernement français a déclassifié les archives de la présidence française qui renseignent sur ce dossier qui détruit les relations entre le Rwanda et la France depuis des décennies.

La décision officialisant cette déclassification des archives de la présidence française a été signée mardi, par le secrétaire général Jean-Pierre Jouyet, sous le regard de Dominique Bertinotti, le mandataire des archives du gouvernement de François Mitterrand.

Ce geste de grande portée traduit dit-on, du côté du gouvernement français la volonté de François Hollande à lever les obstacles à la constitution de la mémoire sur ce génocide qui a fait environ 800.000 morts selon les chiffres officiels. Cela intervient également après de nouvelles accusations ouvertes du président rwandais Paul Kagamé, qui lors de la commémoration du 20ème anniversaire de ce drame humanitaire, a accusé la France d’avoir activement pris part à la tragédie.

Il est à noter, que le jour de l’annonce officiel de cette déclassification n’a pas été choisi au hasard. Mardi 07 avril 2015, est en effet le 21ème anniversaire du déclenchement du génocide ayant commencé le 07 avril 1994. Le geste du gouvernement français répond aussi à la préoccupation soulevée par le thème de ce 21ème anniversaire portant sur « le Négationnisme ». La France a été critiquée pendant des années pour son attitude tentant de nier son implication ou son rôle présumé dans ce génocide.

Salué avec réserve

L’acte d’engagement à l’éclosion de la vérité que vient de poser le gouvernement français est unanimement salué par plusieurs organisations dont les associations de victimes. Mais, pour certains, il est encore trop tôt pour décerner une palme d’or aux autorités françaises qui promettent procéder bientôt à la déclassification d’autres archives dont celles du ministère de la Défense, de l’Assemblée nationale et du ministère des Affaires étrangères. Il faut, dit pour sa part, Mathieu Lopes, président de l’association Survie, attendre d’analyser « le contenu réel de ce qui est mis à disposition » avant de s’en réjouir.