La Nouvelle Tribune

Droits de l'homme : Amnesty dénonce une faille de la communauté internationale

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Amnesty international Bénin a lancé, hier au Chant d’oiseau à Cotonou, son rapport annuel 2014-2015 sur la situation des droits. Un rapport qui met en relief la faille de la communauté internationale en matière de gestion de conflit

70 ans après la naissance des Nations-Unies afin que les atrocités de la seconde guerre mondiale ne se reproduisent, Amnesty international constate que rien n’a fondamentalement changé. «Aucun effort n’a singulièrement été déployé pour trouver des solutions effectives aux besoins actuels les plus urgents», a fait remarquer le rapport annuel 2014-2015 de cette organisation.

Un rapport qui a été lancé à Cotonou hier par, Epiphane Dossou, directeur par intérim de Amnesty international Bénin. Ce rapport contient, selon Wilfried Goudou, président de Amnesty international Bénin, une analyse de la situation des droits humains dans le monde, des informations plus détaillées sur 160 pays, cinq résumés régionaux et des prévisions pour les années prochaines.

Epiphane Dossou explique que 2014 s’est révélé catastrophique pour des millions de personnes en proie aux violences. Et selon le rapport présenté par le journaliste Wilfried Léandre Houngbédji, la réponse de la communauté internationale aux conflits et aux violations commises par des Etats et des groupes armés est scandaleuse et inopérante. Amnesty international s’inquiète tout particulièrement de la montée en puissance de groupes armés non étatique dont Boko Haram, Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Face à ces groupes, les gouvernements doivent cesser d’affirmer que la protection des civils n’est pas de leur ressort et contribuer à soulager les souffrances de millions de personnes. 

Le rapport relève aussi que pour des raisons de défense d’intérêts particuliers ou d’opportunisme politique, le Conseil de sécurité des Nations- unies s’est montré incapable de résoudre les crises et les conflits qui ont déchiré Gaza, l’Irak, Israël, la Syrie et l’Ukraine. Alors l'organisation invite les cinq membres permanents du Conseil de sécurité à renoncer à faire usage de leur droit de veto en cas de génocide ou autres atrocités de masse.   

Au Bénin on note que le report des élections municipales et communales constitue une violation des droits humains. On a aussi quelques prisonniers politiques notamment dans les affaires de tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat et tentative de coup d’Etat. Aussi la liberté d’expression et de réunion a été mise à mal. En somme, «l’avenir s’annonce globalement sombre pour les droits humains mais Amnesty international est convaincue qu’il existe des solutions».