La Nouvelle Tribune

Burkina Faso : refus d'une ingérence extérieure, la mémoire sélective de Compaoré

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Dans une interview accordée à la BBC, Blaise Compaoré s'est plu à rappeler qu'il était contre toute ingérence extérieure dans les affaires du Burkina Faso. Un message explicite adressé à ses homologues français et américain, qui n'ont pas hésité à lui rappeler l'importance du respect des consitutions en Afrique. 

Mais ce que le grand manitou, l'homme censé représenté le plus intègre des chefs d'Etats africains, oublie c'est qu'il a lui-même activement participé à de nombreuses tractations dans les affaires internes des pays de la sous-région. En effet, Blaise Compaoré est considéré depuis le début des années 2000 comme l'un des plus grands médiateurs en Afrique francophone. 

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Doit-on rappeler les différentes crises dans lesquelles sa participation a été active, mais pas toujours souhaitée? Récemment, au Mali mais bien avant en Côte d'Ivoire (où il avait été accusé de soutenir les rebelles d'antan désormais au pouvoir) Blaise Compaoré a toujours cru bon s'investir pour le bonheur des peuples de la sous-région; veut-il dénier aux autres chefs d'Etats, la volonté de faire pareil, envers un peuple qui se dit las de sa présence depuis la mort de Thomas Sankara? Force est de constater que oui! Mais la roue tourne, et le silence n'a jamais été une faiblesse; en témoigne la forte mobilisation du peuple burkinabè lors de la récente marche de protestation organisée par l'opposition dans le pays.