La Nouvelle Tribune

Algérie : 2ans de prison ferme et une amende de 1000 euros pour avoir filmé des policiers commettant un vol

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Algérie - Quand des policiers volent, il ne faut jamais oser filmer et ensuite d’en diffuser les images. C’est la leçon que la justice algérienne a donné à Youcef Ouled Dada, un Algérien qui a commis le crime de filmer et de diffuser un pillage mettant en scène trois policiers à Ghardaïa. Le jeune homme a écopé d’une peine de deux ans d’emprisonnement ferme et d’une amende de 100 000 dinars (1 000 euros).

S’il n’en tenait qu’au procureur, Youcef Ouled Dada, 47ans devrait être condamné à trois ans de prison, peine initialement requise contre lui pour « publication de photos et de vidéos qui touchent à l'intérêt national », et pour « outrage à corps constitué ». 

Ça ne passera pas

Cette condamnation n’est que partie remise. L'un des avocats de Youcef, Maître Amine Sidhoum, a annoncé que son client allait faire appel. A son analyse, cette sentence  est assez lourde et inadmissible. « La condamnation d’aujourd’hui, en tant que défense, nous a choqués. On s’attendait à ce que mon client soit libéré ou au pire des cas, condamné avec une peine avec sursis (...) deux ans de prison ferme et une amende de 100 000 dinars, c’est, franchement, une décision trop lourde ».  

L’Algérie des incroyables

 « Le problème qui se pose aussi, c’est que cette personne a dénoncé un crime et elle se trouve poursuivie. Et dans la même loi algérienne, si une personne est témoin d’un crime ou d’une infraction et qu’elle ne dénonce pas, elle est poursuivie aussi pour non dénonciation d’assassin, de délit ou de crime. Maintenant, la population se retrouve prise en otage par des lois liberticides » a fait savoir Maître Amine Sidhoum. Et ce n’est pas le premier coup. Le spécialiste du droit témoigne que très récemment, cinq chômeurs qui ont battu le macadam pour réclamer  du travail – droit constitutionnel en Algérie-  ont été condamnés à trois ans de prison ferme. Dépassé par la situation, il ajoute « maintenant la population est poursuivie, qu’elle dénonce ou pas des situations punies par la loi. La liberté de réunion, de manifestation sont interdites. Là, on est arrivé à un stade de non droit bien que l’Algérie ait ratifié les conventions internationales relatives aux droits de l’homme, relatives aux droits civils et politiques, relatives aux droits sociaux et économiques