La Nouvelle Tribune

Centrafrique : pourquoi des sanctions contre Bozizé et deux autres responsables ?

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Des raisons sous-tendent  les sanctions d’interdictions de voyager et  de gels des avoirs, prises par le Conseil de Sécurité de l’Onu contre l’ex président François Bozizé et deux autres responsables dont son ancien conseiller Levy Yakété et Nourredine Adam, l'un des principaux fondateurs de la Seleka. Un document du Conseil de sécurité a exposé ces justifications.

L’ancien président  centrafricain François Bozizé est accusé de financer les anti-balaka. Il aurait selon l’Onu, l’intention de fédérer ce groupe armé qui s’est présenté comme une milice d’autodéfense rivale à la Séléka qui l’a chassé du pouvoir en mars 2013.

Dans le rang du groupe rebelle de la Séléka, ce n’est pas le numéro1 Michel Djotodia en exil doré au Bénin qui est inquiété. L’Onu a préféré s’en prendre au numéro2 Nourredine Adam, l'un des principaux fondateurs de la Séléka. Il serait, selon l’Onu, le mobilisateur de ressources financières  et de moyens matériels dont le groupe s’était servi pour chasser Bozizé du pouvoir.

Nourredine Adam aurait même effectué des voyages au Bénin, au Cameroun et dans les pays du Golfe pour mobiliser des fonds pour le fonctionnement de la Seleka. Le texte indique que « Sans sa participation, la Seleka aurait été vraisemblablement incapable d'arracher le pouvoir à François Bozizé ». On lui attribue aussi le génie de sa police politique personnelle qui a conduit à de nombreuses exactions pendant le court règne de Djotodia.

A Levy Yakété, l’ancien conseiller de François Bozizé dont il est le bras armé, l’Onu reproche d’être de connivence avec les Anti-Balaka.  Il a créé en opposition à la Séléka la Coalition citoyenne d’opposition aux rébellions armées (Cocora), une milice de jeunes  dont l’objectif était d’empêcher l'avancée de la Seleka. Selon l’Onu, Levy Yakété aurait réactivé cette milice pour renforcer les anti-balaka. Et chose intrigante, le coordinateur général des anti-balaka Edouard Patrice Ngaissona a été épargné des sanctions de l’Onu.