La Nouvelle Tribune

Gabon : Jean Ping parle de la présidentielle et de son éventuelle candidature

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Dans une interview accordée au magazine "Financial Afrik",  Jean Ping ancien proche du parti au pouvoir et désormais opposant s'exprime sur les élections présidentielles gabonaises de 2017 et revient sur sa rupture d'avec le parti présidentiel. 

"J’ai découvert que l’on m’a toujours considéré, et je ne sais pourquoi, comme un concurrent redoutable à la succession du  défunt président Omar Bongo Ondimba alors que je n’y avais jamais songé auparavant.  Ceci explique donc cela.  Mais s’il n’y avait que ça je pouvais continuer à me désintéresser des affaires politiques de mon pays pour me consacrer au secteur privé avec la création de mon cabinet de consulting Ping & Ping. Mais voilà, il  y a plus d’un an  que je suis revenu au pays ; je constate la dérive autoritaire du régime en place qui s’est complètement éloigné de la population et de ses préoccupations élémentaires (santé, éducation, logement, eau, électricité, infrastructures de base) au profit de projets somptuaires (terrain de golf, marina, courses de voitures et de motos), de chantiers coûteux abandonnés depuis pour devenir autant de véritables éléphants blancs (zone économique spéciale de Nkok…) J’ai donc pensé que me taire équivaudrait à un consentement et à une caution donnée au  régime en place notamment en raison des liens que j’entretenais avec le régime. C’est pourquoi j’ai décidé de rompre le silence et j’ai annoncé ma rupture avec le régime. Très curieusement, cela a déclenché une véritable hystérie et une pluie d’injures, de diffamations et de menaces, comme si je n’avais pas le droit élémentaire de quitter librement un parti politique. Depuis lors c’est l’escalade mais je ne me laisse pas faire. "

Concernant son éventuelle candidature aux prochaines élections, Jean Ping affirme que chaque chose en son temps : les élections " auront lieu en 2016 et nous ne sommes encore qu’au début de l’année  2014.  Il n’y a pas donc le feu en la matière, d’autant plus que personne ne l’a encore fait. Ce qui est sûr c’est que l’opposition à laquelle j’appartiens désormais se mobilise pour créer un front, un programme commun et une stratégie commune."